Andranik : Lorsque l'on évoque
le combat pour la libération de l'Arménie, le premier nom
qui s'impose est Andranik: comme un aigle, il vole de montagne en montagne.
Suite...
_____ Les khatchk'ars : Ce sont des monuments typiques de l'art Arménien.
Leur pricipal décort consiste en une grande croix Suite... _____
Sarkis est un trouvère du XIVème siècle qui n'est
connu que par une seule oeuvre : Louange du brave Liparid
.Suite...
_____
N'ayons pas peur des mots, le dernier film d'Albert Mkertchian, "Joyeux
autobus" (Arménie, 2000, 1h50) est, nous pouvons l'annoncer sans
détour, un véritable chef d'oeuvre !
Chef d'oeuvre tant dans la réalisation, de l'histoire et des personnages
poignants de vérité et de vie.
Diffusé en avant-première européenne, en ouverture du Festival
Est-Ouest de Die (Drôme, France), "Joyeux autobus" d'Albert
Mkertchian recueillit l'enthousiasme du public. Un moment très fort,
quasiment unique dans les annales du cinéma arménien, lorsqu'à
la fin de la séance, samedi 7 octobre au cinéma "Le Pastel"
de Die, le public, debout, accueillit dans des applaudissements répétées
le réalisateur Albert Mkertchian et l'actrice principale du film Anahite
Kotcharian. Dans la salle bondée, des larmes fusaient de toutes parts,
d'un public ému par la beauté des personnages et de l'émotion
suscité par les scènes. Une émotion quasi intacte lors
de la dernière diffusion, en clôture du Festival Est-Ouest de Die,
le 15 octobre....
"Joyeux autobus" nous raconte l'histoire de Gumri (ex-Léninakan),
ville dévastée par le tremblement de terre de décembre
1988, où la population vit encore et toujours avec l'esprit des morts.
Les trajets en autobus entre la ville et le cimetière rythmant la journée.
La vie prenant le dessus lorsqu'un jeune orphelin (Jora Bgahdassarian, 7 ans)
suit une femme (interprétée par Anahite Kotcharian) avec insistance
et réussit à se faire adopter par cette dernière. Une mère
ainsi retrouvé, l'ex-orphelin présente alors à sa nouvelle
mère -une femme qui avait perdu son mari lors du séisme-, une
multitude de pères ou prétendants. Une situation où le
cocasse se même habilement avec l'humour, le dérisoire et le pathétique
où tristesse et joie se rencontrent.
Un film fort d'une histoire forte: celle de la survie humaine après le
naufrage du séisme, qui donne au "Joyeux autobus", une dimensions
surréaliste aux valeurs éminemment humaines. Outre Anahite Kotcharian
et Jora Baghdassarian, parmi les acteurs de "Joyeux autobus", signalons
enfin la présence de Sos Sarksian, Azad Kasparian, Mikaél Boghossian,
Soussana Baghdassarian et Gariné Djandjouharian. Ce film qui est l'un
des rares films produits en Arménie au cours de la dernière décennie
-trois au total-, est un chef-d'oeuvre que le public européen découvrira
notamment lors du prochain Festival de Berlin en février 2001.
Profitant de leur présence au Festival Est-Ouest de Die (Drôme-France),
le réalisateur Albert Mkrtchian et l'actrice principale Anahite Kotcharian
ont bien voulu répondre à nos questions.
Krikor Amirzayan: "Joyeux autobus" est semble-t-il le seul
véritable film long-métrage depuis l'Indépendance de l'Arménie,
quel est le coût total de cette production ? -Albert Mkrtchian (réalisateur): Ce film, produit par Hayfilm
d'Erévan, et tourné fin 1999, coûta en tout et pour tout...300
000 dollars ! Un budget si maigre que j'en ai presque honte. Mais un budget
qui me permettra peut-être de décrocher le prix du film du plus
petit budget, lors du prochain Festival de Berlin (rires...).
Krikor Amirzayan: Pourquoi ce sujet et le choix de ces acteurs ? -Albert Mkrtchian: Pour le personnage de la femme, interprété
par Anahite Kotcharian, je n'ai pas eu beaucoup de mal, car c'est elle qui jouait
ce même rôle au théâtre Adjémian de Gumri dans
la pièce "Avérvadz kaghaki agorte" qui eut beaucoup
de succès. Si bien que je l'ai adapté au cinéma sous le
titre "Joyeux autobus".
Mais il ne fut pas facile de trouver l'acteur du personnage du jeune orphelin.
Car après un casting réalisé auprès de 4000 jeunes,
j'étais désespéré. Mais un beau jours, lorsque je
me rendis auprès un ami marchand dans le village de Nor Guiank, aux environs
de Gumri, quelle ne fut pas ma surprise lorsqu'un jeune paysan de sept ans (Jora
Baghdassarian), pointant son index en ma direction me demanda "qui es-tu
?". Je réalisais en fait que ce jeune paysan qui n'avait pas vu
de sa vie une caméra, c'était exactement l'enfant que j'avais
rêvé...dix ans plus tôt, lorsque j'écrivais le scénario
de mon film. Un hasard plus que troublant et presque iréel et qui restera
pour moi un mystère !
Krikor Amirzayan: Vous êtes l'auteur du scénario ? Albert Mkrtchian: dans quatre-vingt pour cent de mes films, c'est moi
qui écrit le scénario. Mes films sont tous nés de la vie
et souvent de faits réels. Ainsi "Le tango de notre enfance"
qui raconte la saga d'une famille arménienne...c'est l'histoire de notre
famille. Le scénario de "Joeux autobus", je l'avais en fait
écrit en 1993 puis porté sur la scène du théâtre
Adjémian de Gumri en 1995. Il est également inspiré de
faits réels qui me marquèrent profondément.
Krikor Amirzayan: "Joyeux autobus" est votre huitième
film. C'est le plus beau ? Albert Mkertchian: Je ne sais pas si c'est le plus beau, ce sont les
spectateurs qui me le diront, mais ce que je sais, c'est que ce film fut pour
moi le plus difficile à réaliser. Surtout au niveau financier
où je devait gérer un maigre budget et demander à chaque
fois des enveloppes au gouvernement arménien, afin de boucler le tournage.
Il est vrai que le thème de "Joyeux autobus" me tient à
coeur, car c'est mon histoire, et celle de la détresse humaine de ma
ville, Gumri où je suis né en 1937.
Krikor Amirzayan: "Le tango de notre enfance" fut un grand
succès en Arménie ainsi que dans les communautés arméniennes
de la diaspora, sans atteindre toutefois le grand public du cinéma international.
Avec "Joyeux autobus" vous espérez atteindre une consécration
internationale ? Albert Mkrtchian: Je le crois, car ce film est un message très
fort qui touche l'Humanité toute entière. Il s'est déroulé
à Gumri en Arménie. Mais la scène pouvait se produire dans
d'autres lieux de la planète. Si bien que le sujet dépasse largement
les frontières du cinéma arménien. Et j'espère que
le monde du cinéma international, lors des Festivals, ne sera pas insensible
à l'émotion et au message de vie que dégage mon film.