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Au pays de l'épouvante
Titre
: L'HOMME LE PLUS TRISTE [Amenadekhour marte]
Genre : Roman Allégorique
Auteur : Berdj Zeytountsian
Editeur : Editions Parenthèses
Collections Diasporales
Traduit de l’arménien par Robert Der Merguerian et Renée
Meldonian
Ouvrage publié avec le concours de l’institut Sayabalian des études
Arméniennes
Le roman « l’homme le plus triste » a été
achevé en janvier 1973, à une période marquée par
une forte répression des intellectuels par le pouvoir soviétique.
Soljenitsyne venait d’être expulsé après de nombreuses
années de goulag. Berdj Zeytountsian sen est
fait l’écho dans ce roman empruntant le genre de la « fable
soviétique » inspiré d’un fait divers : un jeune homme
est condamné à une peine de réclusion à perpétuité
pour meurtre. Il passera sa vie dans un pénitencier et refusera d’en
sortir car il aura réussi à créer un monde libre en prison.
Le prisonnier, enfermé dans une cellule isolée, deviendra, grâce
à son travail acharné, un ornithologue célèbre.
Le lecteur est plongé dans un pays imaginaire du XXe siècle dans
lequel un souverain cruel règne et où ses ministres sont chargés
de faire respecter l’ordre établi en appliquant les lois du pays.
Ils symbolisent la technocratie étouffante qui établit un rapport
de force permanent entre tous les personnages du roman. L’incohérence
des institutions de ce royaume imaginaire atteint son paroxysme au procès
absurde du prisonnier Sraout.
« S’il crée en prison, c’est donc qu’il est
libre. S’il est libre, il faut donc l’éliminer. S’il
est impossible de l’éliminer, si le monde entier est au fait de
son existence, il est donc la fierté de la nation, il faut donc le libérer.
Et s’il est impossible de le libérer… »
Ce roman allégorique vient confirmer que la création constitue
la forme la plus parfaite de la liberté de l’homme. Si l’homme
n’accepte pas de son plein gré l’esclavage, il ne sera jamais
en état d’esclavage. Ni le totalitarisme, ni la répression,
ni même la prison ne peuvent abattre la volonté créatrice
humaine. Par son essence même, l’être humain est libre et
doit le rester.
Robert Der Merguerian
L’auteur
Berdj Zeytountsian, est né en 1938 dans l’un des grands pôles
de la diaspora arménienne, Alexandrie. A la fin de la Seconde Guerre
mondiale, sa famille émigre en R.S.S. d’Arménie : «
Certes, nous ne sommes pas venus du paradis, mais il est hors de doute, que
nous sommes tombés en enfer. » Dès l’âge de
quatorze ans, il publie sa première nouvelle aussitôt remarquée
pour son originalité et, en 1955, il obtient le premier prix au festival
des jeunes auteurs arméniens. Un recueil de nouvelles, Son premier ami,
publié l’année suivante alors qu’il achève
ses études secondaires, sera son premier livre… Le jeune auteur
avait bien cerné la nature du régime soviétique. Dans ses
premières nouvelles, il transposera les impressions tirées de
sa vie quotidienne à Erevan dans son pays natal, l’Egypte, moyen
simple de détourner la censure.
Il est l’une des figure majeures de la littérature arménienne
contemporaine et ses œuvres, prose et théâtre, ont été
traduites en de nombreuses langues. Son roman l’homme le plus triste date
des années soixante-dix, période marquée par une forte
répression des intellectuels en URSS et s’inspire de cette réalité
dans un récit reprenant le genre de la « fable soviétique
», souvent destiné à contourner la censure.
Son œuvre
Archak II (roman), Claude Robert Izerly ou La Légende du xxe siècle(1968),
La légende de la ville détruite, L‘Appel des Dieux, Le grand
silence, Debout, le Tribunal (théâtre),
La légende de la ville détruite, le Grand Silence (1984), La dernière
aube (roman publié en 1989), Monologue Inachevé, Le dernier jeu
(comédies), Jésus de Nazareth et son deuxième disciple
(théâtre), Khor Virap, Le fossé profond (théâtre)
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