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Le Golgotha Arménien
Titre
: LE GOLGOTHA ARMENIEN
Titre original en arménien : Haï Goghotan
Auteur : Monseigneur Grigoris Balakian
Traduit de l’arménien par : Hratch Bedrossian
Biographie : Jacques Mouradian
Editeur : Le Cercle D’Ecrits Caucasiens
Genre : Mémoires, Premier tome
Couverture : « Une nuit d’avril »,
huile sur toile d’Archak, 1974 (Musée National de Erevan)
Maquette par : Azat Pogosian
Ref : ISBN 2-913564-10-0 (éd.complète)
ISBN 2-913564-08-9 (volume 1)
Prix : 28,03 euros
Disponible à la Fnac fnac

Plus de quatre-vingt cinq ans après le génocide des Arméniens
perpétré en 1915-1917 dans l’Empire ottoman par le gouvernement
criminel jeune-turc, très peu de témoignages directs de survivants
ont été publiés à l’intention du public occidental.
La raison principale en est que l’élite intellectuelle d’une
nation multi-séculaire ayant été méthodiquement
exterminée, forfait inouï dans l’histoire de l’humanité
aussi bien avant qu’après 1915, les rescapés réduits
à l’état d’épaves furent incapables, pour des
raisons psychologiques notamment, de raconter par l’écrit leur
chemin de croix individuel et moins encore celui d’un peuple tout entier.
Les mémoires de Grigoris BALAKIAN, qui comblent ce vide, sont précieux
à plus d’un titre. D’abord, l’auteur en a entrepris
la rédaction dès 1919-1920, soit cinq ans à peine après
le déclenchement du génocide en avril 1915 ; en dépit des
horreurs traversées, dont lez cauchemar avait annihilé la volonté
des survivants de se les remémorer une nouvelle fois, il démontre
une formidable détermination à les mettre noir sur blanc avant
que le temps ait fait son œuvre. Du début jusqu’à la
fin, son témoignage reflète d’ailleurs sa volonté
d’en réchapper coûte que coûte afin de faire connaître
le martyre de sa nation.
Ensuite, c’est un homme d’Eglise intransigeant et lucide qui, par
son rang dans la hiérarchie cléricale arménienne de l’époque
et par sa connaissance des acteurs politiques, est au fait des manœuvres
en coulisse… Enfin, le langage dur, souvent virulent, qu’il emploie
tant à l’égard des assassins que des victimes confère
un crédit incontestable à son témoignage.
Des révélations notamment sur le rôle d’inspirateur,
voire d’instigateur, que l’Allemagne kaiserienne joua dans l’anéantissement
physique et culturel de la nation arménienne sur son sol ancestral et
sur des avantages matériels immédiats qu’elle en retira,
donnent de cette Allemagne l’image du responsable moral du génocide
et constituent de sérieuses pistes pour des historiens cherchant à
savoir à qui profite le crime.
Ajoutés à ces révélations, d’autres témoignages
et aveux recueillis par l’auteur devraient inciter l’éventuel
lecteur turc à s’interroger sur les motivations profondes des sphères
dirigeantes ottomanes tant connues qu’occultes de cette époque,
dont la préoccupation première n’était à l’évidence
pas le bien-être futur du peuple turc, ni l’infamie qui ne manquerait
pas de marquer celui-ci pour très longtemps.
Hratch BEDROSSIAN
Grigoris Balakian était de ces religieux particuliers à l’Eglise
arménienne apostolique qui ont fait vœu de célibat, deviennent
docteurs en théologie, fournissent les cadres de la hiérarchie
et se distinguent de la catégorie subalterne et (en principe) moins instruites
des prêtres séculiers desservant les paroisses (généralement)
rurales.
Il naquit en 1875 à Tokat, l’antique Comana Pontica, à 250
km à l’est d’Angora (Ankara).
Il mourut subitement le 8 octobre 1934, probablement sans avoir donné
toute sa mesure. Il avait cinquante-cinq ans. Il repose au cimetière
de Saint-Pierre à Marseille.
Extrait de la biographie de Jacques Mouradian.
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