Culture > Littérature > Les ouvrages > Gourguène Mahari

 
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 Titre : Les Barbelés en Fleurs
Auteur : Gourguène Mahari
Traduction : Pierre Tér-Sarkissian
Editions : Le Cercle d’Ecrits Caucasiens
Collection :
Références : ISBN 2-913564-09-7
Format :
Prix : >19,50 euros


Dans les années 1936-1938, les purges staliniennes, avec leurs cortèges de procès truqués, d’exécutions sommaires et de déportations, sévirent aussi en République soviétique d’Arménie, n’épargnant ni les gens simples, ni les responsables politiques, ni les intellectuels.
A peine vingt ans après la déportation et l’assassinat par les Turcs de l’élite intellectuelle arménienne « ottomane » qui comptait de nombreux poètes et écrivains, ce fut au tour des hommes de lettres arméniens « soviétiques » talentueux et accomplis de subir la terreur stalinienne. Celle-ci, bénéficiant de la passivité, voire de la complicité, des autorités de la République, s’abattit sur les écrivains qui incarnaient la conscience nationale : Khatchik Dachténts, Yeghiché Tcharents, Axel Bakounts, Vahan Totovénts, Vagharchak Norénts, Mekertich Armène, Zabél Yessayan, et bien sûr Gourguène Mahari. Ironie du sort : la plupart étaient des survivants du génocide de 1915 perpétré par les Turcs.
Accusé de « nationalisme », Gourguène Mahari, auteur de poèmes, de ballades et de récits célébrant la patrie, l’amour, les valeurs nationales, la nature, le peuple, goûtera en 1937 et 1956 aux camps staliniens. Né de cette « expérience », le roman « les barbelés en Fleurs », l’un des premiers et importants témoignages sur le goulag, paraîtra au début des années 1970 hors URSS.
Malgré le tragique de la situation dans les camps, royaume de l’arbitraire et de l’absurde, Mahari ne verse ni dans le pathos, ni de dans la caricature. Au contraire, le drame tant collectif qu’individuel des déportés est narré avec une sobriété et une vérité qui rendent les héros plus émouvants encore.
«… Il se pouvait que la brigade de femmes entre dans les catacombes par une autre porte et qu’on se rencontre dans quelque coin perdu. Quand cela se produisait, on se touchait à l’aveuglette et, sans hésiter, on se livrait aux caresses et aux accouplements. Le problème, avec ce genre de rencontres, c’est que le travail terminé, quand les brigades ressortaient par les diverses portes et que le monde s’alignait à la lumière du Bon Dieu, on se regardait, on s’observait, mais allez donc savoir ou deviner le partenaire qu’on avait eu, et la conclusion –encore une fois comme l’a dit le poète – c’est que l’ultime est donné par un malentendu et l’unique par la destiné… »
Avec un humour qui lui est propre, Mahari se livre à la description de l’ubuesque univers concentrationnaire et surtout d’un minuscule îlot d’humanité : l’atelier de poterie du camp, où se rencontrent les destins de gens de toutes nationalités et où éclot l’amour entre deux êtres (un Azéri et une Allemande) que tout aurait séparés en temps normal. Des passages savoureux dont consacrés au « bonheur relatif », dont la pratique permet de supporter les épreuves de l’adversité.

Hratch Bedrossian

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Gourguène MAHARI

De son vrai nom Gourguène Adjémian, Gourguène Mahari est né à Van, en Arménie Turque, en 1903, et est mort à Palanga, en Lituanie, en 1969.
Réfugié à Erevan pendant le génocide de 1915, il est recueilli dans un orphelinat. Il publie des poèmes pendant les années 20 puis commence à produire une œuvre en prose, et notamment une copieuse autobiographie dont les deux premiers volumes (Enfance et Adolescence) paraîtront en 1930 et le troisième (Au seuil de la jeunesse) en 1956.
En 1959, il publie un recueil de poèmes (Les Pressoirs) ; en 1962, un recueil de nouvelles (La Voix du silence) ; en 1966, un roman (Les vignobles en feu) qui décrit la vie des Arméniens de Van à la veille de la Première Guerre mondiale ; en 1968 enfin un livre sur le poète Yéghitché Tcharents.
L’Encyclopédie soviétique arménienne ne donne aucune indication sur la vie de Mahari de 1931 à 1956. Il a passé une grande partie de ce quart de siècle au goulag et a donné ses souvenirs de cette période dans Les Barbelés en Fleurs. L’ouvrage sorti clandestinement d’URSS, a d’abord paru dans l’hebdomadaire Naïri de Beyrouth (de 1971 à 1972), puis dans le quotidien de Paris Haratch ( de 1972 à 1973), et enfin en Arménie dans le mensuel Sovétakan Grakanoutioun (Littérature soviétique) de janvier 1988, et la même année sous la forme de volume.

 

 

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