Barouïr Sévag : Ce poète
est né dans le village de Tchanahtchi dans la région de
lArarat.Il fait ses études à la Faculté de
Philologie dErévan puis à Moscou où il enseigne
à lInstitut de Littérature Maxime Gorki... Suite...
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à l'age de 19 ans. Il est né le ler septembre 1906 dans
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Titre : Les Barbelés
en Fleurs Auteur : Gourguène Mahari Traduction : Pierre Tér-Sarkissian Editions : Le Cercle d’Ecrits Caucasiens Collection : Références : ISBN 2-913564-09-7 Format : Prix : >19,50 euros
Dans les années 1936-1938, les purges staliniennes, avec leurs cortèges
de procès truqués, d’exécutions sommaires et de déportations,
sévirent aussi en République soviétique d’Arménie,
n’épargnant ni les gens simples, ni les responsables politiques,
ni les intellectuels.
A peine vingt ans après la déportation et l’assassinat par
les Turcs de l’élite intellectuelle arménienne « ottomane
» qui comptait de nombreux poètes et écrivains, ce fut au
tour des hommes de lettres arméniens « soviétiques »
talentueux et accomplis de subir la terreur stalinienne. Celle-ci, bénéficiant
de la passivité, voire de la complicité, des autorités
de la République, s’abattit sur les écrivains qui incarnaient
la conscience nationale : Khatchik Dachténts, Yeghiché Tcharents,
Axel Bakounts, Vahan Totovénts, Vagharchak Norénts, Mekertich
Armène, Zabél Yessayan, et bien sûr Gourguène Mahari.
Ironie du sort : la plupart étaient des survivants du génocide
de 1915 perpétré par les Turcs.
Accusé de « nationalisme », Gourguène Mahari, auteur
de poèmes, de ballades et de récits célébrant la
patrie, l’amour, les valeurs nationales, la nature, le peuple, goûtera
en 1937 et 1956 aux camps staliniens. Né de cette « expérience
», le roman « les barbelés en Fleurs », l’un
des premiers et importants témoignages sur le goulag, paraîtra
au début des années 1970 hors URSS.
Malgré le tragique de la situation dans les camps, royaume de l’arbitraire
et de l’absurde, Mahari ne verse ni dans le pathos, ni de dans la caricature.
Au contraire, le drame tant collectif qu’individuel des déportés
est narré avec une sobriété et une vérité
qui rendent les héros plus émouvants encore.
«… Il se pouvait que la brigade de femmes entre dans les catacombes
par une autre porte et qu’on se rencontre dans quelque coin perdu. Quand
cela se produisait, on se touchait à l’aveuglette et, sans hésiter,
on se livrait aux caresses et aux accouplements. Le problème, avec ce
genre de rencontres, c’est que le travail terminé, quand les brigades
ressortaient par les diverses portes et que le monde s’alignait à
la lumière du Bon Dieu, on se regardait, on s’observait, mais allez
donc savoir ou deviner le partenaire qu’on avait eu, et la conclusion
–encore une fois comme l’a dit le poète – c’est
que l’ultime est donné par un malentendu et l’unique par
la destiné… »
Avec un humour qui lui est propre, Mahari se livre à la description de
l’ubuesque univers concentrationnaire et surtout d’un minuscule
îlot d’humanité : l’atelier de poterie du camp, où
se rencontrent les destins de gens de toutes nationalités et où
éclot l’amour entre deux êtres (un Azéri et une Allemande)
que tout aurait séparés en temps normal. Des passages savoureux
dont consacrés au « bonheur relatif », dont la pratique permet
de supporter les épreuves de l’adversité.
De son vrai nom Gourguène Adjémian, Gourguène
Mahari est né à Van, en Arménie Turque, en 1903,
et est mort à Palanga, en Lituanie, en 1969.
Réfugié à Erevan pendant le génocide de 1915,
il est recueilli dans un orphelinat. Il publie des poèmes pendant
les années 20 puis commence à produire une œuvre en
prose, et notamment une copieuse autobiographie dont les deux premiers
volumes (Enfance et Adolescence) paraîtront en 1930 et le troisième
(Au seuil de la jeunesse) en 1956.
En 1959, il publie un recueil de poèmes (Les Pressoirs) ; en 1962,
un recueil de nouvelles (La Voix du silence) ; en 1966, un roman (Les
vignobles en feu) qui décrit la vie des Arméniens de Van
à la veille de la Première Guerre mondiale ; en 1968 enfin
un livre sur le poète Yéghitché Tcharents.
L’Encyclopédie soviétique arménienne ne donne
aucune indication sur la vie de Mahari de 1931 à 1956. Il a passé
une grande partie de ce quart de siècle au goulag et a donné
ses souvenirs de cette période dans Les Barbelés en Fleurs.
L’ouvrage sorti clandestinement d’URSS, a d’abord paru
dans l’hebdomadaire Naïri de Beyrouth (de 1971 à 1972),
puis dans le quotidien de Paris Haratch ( de 1972 à 1973), et enfin
en Arménie dans le mensuel Sovétakan Grakanoutioun (Littérature
soviétique) de janvier 1988, et la même année sous
la forme de volume.