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Les relations historiques arméno-chinoises
Dès
le 2ème siècle il y avait déjà un commerce avec
des Arméniens installés en Chine.(1) A l'inverse d'après
l'historien arménien Moïse de Khorène, c'est l'éminente
famille des Mamikonians qui était dorigine chinoise et cette famille
a donné à l'Arménie médiévale des grands
généraux et connétables.
Les communautés arméniennes en Chine datent de lépoque
mongole aucours de laquelle des milliers de prisonniers arméniens avaient
été transférés à Samarkand mais aussi en
Chine septentrionale. De là, les Arméniens allèrent jusquà
la mer du Japon. Cest ainsi que nous le rapporte une lettre datée
de 1326 écrite au pape Clément par un religieux catholique Andréas
de Perugia.(2)
Avant 1307, on avait construit à Canton une grande belle église
arménienne(3) et le chroniqueur arménien du Moyen-Age, Héthoum,
nous rapporte plusieurs témoignages sur la Chine. Avec les conquêtes
mongoles fréquentes pendant le Moyen-Age, les communautés arméniennes
de Chine en patissaient comme le reste du pays.
A
partir du XVII° siècle, une nouvelle période débute
pour les Arméniens en Chine. Dans une lettre envoyée à
Rome à cette époque de Canton, il est fait mentionné que
vivaient dans la grande ville chinoise du Sud des familles chrétiennes,
dont 3 anglaises, une danoise et une trentaine arménienne dont leur role
économique était important.(4)
A loccasion du traité commercial entre lHonorable Compagnie
des Indes Orientales de Londres et les Arméniens de l'Inde qui possédaient
une flotte marchande, il est autorisé en 1688 à lArménien
Khodja Panos Kalandar de commercer aux mêmes droits de douane avec la
Chine. (5)
Léminent historien arménien de Venise, le Père Alichan,
nous rapporte que les Européens portaient lhabit arménien
pour pouvoir voyager en Chine.(6) Dans la deuxième moitié du XVIII°
siècle, les relations arméno-chinoises devenaient importantes
au point que "le pays de Chine" se trouvait dans la liste des communautés
arméniennes dressée par le Catholicos Siméon Erévantsi
et au point qu'un livre sur la Chine soit imprimé à Trieste.(7)
Au début du XIX° siècle, les Arméniens viennent surtout
de lInde, mais aussi de Nor Djougha, du Zankézour et du Karabagh.
Ils sinstallent à Moukden, Kharbine (Mandchourie), Tchantchoun,
Daïren, Changhaï. . Des marchands fortunés arméniens
de Chine envoyèrent des fonds importants en Arménie et à
Nor Nakhitchévan (près de Rostov) comme Mnatsakan Ghassapian,
Hovhannès Mathéossian et dautres.(8)
Au
début du XX° siècle, les plus nombreux des Arméniens
vivaient à Kharbine, où ils avaient leur église apostolique
et une constitution propre. Ils possédaient des usines. En 1930, il y
avait lAssociation « Arziv », un local pour les jeunes et
une association féminine. Les Arméniens avaient des relations
étroites avec la communauté russe de cette métropole chinoise.
Le médecin Stéphan Moughdéssian avait un grande renommée
dans la capitale mandchoue.(9) Par la suite la communauté arménienne
a beaucoup souffert de loccupation japonaise.
En 1937, la population arménienne de Changhaï étaient de
200 personnes qui montera plus tard jusquà 600 personnes. Il y
avait une « Maison arménienne » avec une banque privée
et une association de jeunes. La population arménienne avait des origines
variées : commerçants, professions libérales, ingénieurs,
etc. Au Sud de la Chine, dans la grande ville de Canton, certains Arméniens
fondèrent des usines.
Pour terminer, il faut citer la traduction des Evangiles en chinois qui fut
entreprise par Hovhannès Ghazérian, né et éduqué
à Canton, professeur de chinois dans la communauté britannique
de Canton. L'Evangile chinois fut imprimé à Serampoor et cette
traduction peut être considérée comme l'une des meilleures.(10)
Nil Vahakn Agopoff, chercheur au CRDA
Notes :
(1). H. Wells, The Outline of History, London 1895, p. 475
(2). Archives de lInstitut dHistoire de lAcadémie des
Sciences de lArménie, livre 63, Chine
(3). A.G. Maule, Christians in India before the year 1550, p. 241
(4). journal arménien Arev, Le Caire 1958, 1er Août
(5). Mesrop Seth, Armenians in India, p. 271, Calcutta 1937
(6). Alichan, Sissakan (en arménien), p. 467
(7). en 1783 un livre de 382 pages, Ludovicos Komtiants, Trad. Markar Chahamiriants
(8). Tivan hayots badmoutioun, livre IV, p 312
(9). Encyclopédie de lArménie soviétique, Erévan
1983, Tome IX, p 47, Les Arméniens en Chine (en arménien), pp
46-47, P Mardirossian
(10). Sion, Jérusalèm, 1959, p 276
Bibliographie
:
- A.G. ABRAHAMIAN : Les Arméniens en Chine in Bref aperçu sur
lHistoire des Communautés arméniennes (en arménien),
pp 326-333 du Tome II, Erévan 1967.
- Jean DAUVILLER : Les Arméniens en Chine et en Asie centrale au Moyen
Age, au Chapitre XV de Histoire et Institutions des Eglises orientales au Moyen-Age,
VARIORUM REPRINTS, London 1983 (un article en français de 17 pages consultable
au CRDA)
- Carte de la Chine : dans la "Mappemonde arménienne", la première
carte arménienne qui fut imprimée par Mathéos Vartabed
Vanadatsi à Amsterdam en 1695.
- Les deux gravures sur la Chine : "Péking" et "Le fleuve
Amour" de la revue arménienne "Paros Hayasdani" (Le Phare
d'Arménie, Tiflis 1877).
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