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Le Séisme du 7 décembre 1988
Le 7 décembre 1988 à 11h41 (heure locale), entre 25 000 et 100 000 arméniens
meurent en quelques instants, écrasés sous les décombres de bâtiments inadaptés
pour résister à un séisme de 6,9. En dépit de leurs efforts, les sauveteurs
étrangers - pour la première fois autorisés à pénétrer en URSS - n'arrachent
des décombres pas plus de 80 survivants sur les 15 524 bléssés
officielement sauvés depuis le début des secours.

Les séismes : épiphénomènes de la dynamique interne
de la terre.
La chaleur produite à l'intérieur du globe, essentiellement par
la radioactivité des roches en profondeur, est évacuée
vers la surface grâce à un mouvement d'ensemble de matière,
suivant de grands courants de convection. C'est l'analogie d'une casserole d'eau
chauffée à feu vif, si ce n'est que les roches sont solides. Celles-ci
sont cependant suffisamment chaudes sous la croûte terrestre pour pouvoir
se déformer plastiquement, et se mouvoir de quelques centimètres
par an. En surface, sur la première dizaine de kilomètres, la
croûte reste rigide et cassante : elle est entraînée horizontalement
sans se déformer sur de vastes régions appelées «
plaques tectoniques », qui se dépla unes par rapport aux autres.
zones de contact des plaques, les mouvements relatifs sont a accompagnés
par des failles; ils peuvent être convergents, divergents, ou de coulissage
horizontal. Les failles peuvent glisser continûment, ou rester bloquées
pendant de longues périodes de temps avant de glisser brutalement, générant
les séismes.

En moins de 8 secondes, la faille de Spitak a cassé sur 20 km.
Sous l'effet des fortes contraintes de compression horizontales, la roche cède
en une zone plus fragile, à près de 12 km de profondeur. La rupture
se propage rapidement, à 3 km/s, vers la surface en suivant une zone
de faiblesse d'une faille préexistante. Les deux « faces »
de la surface de faille cassée ne se séparent pas: elles glissent
l'une sur l'autre, la partie nord « montant » sur la partie sud.
Cette rupture se produit de manière irrégulière, et les
multiples « aspérités » qui gênent le glissement
génèrent des vibrations élastiques qui vont se propager
dans la roche non cassée, à des vitesses de 3 à 5 km/s,
plus rapides que la rupture elle-même. Au bout de 3 secondes, les premières
vibrations ont atteint la surface de la terre. Au bout de 4 secondes, la rupture
disloque la surface de la terre. Au bout de 8 secondes, elle se bloque et arrête
du même coup de rayonner des ondes élastiques. Ces dernières
continuent indépendamment leur propagation en s'éloignant de la
zone source et en s'atténuant avec la distance. Elles sont la cause des
destructions observées. Près de Spitak, la faille a émergé
en surface et a joué de 1 mètre. Pendant plusieurs mois, de petits
réajustements de failles vont générer de petites secousses,
les répliques.
Pascal Bernard
Physicien adjoint au laboratoire de sismologie de l'Institut de Physique du
Globe (Paris)
Le
bilan du Séisme
Interview
des responsables français intervenus aprés le séisme
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