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TIGRAN A LA COUR DE PARTHES
Tigran II, fils de Tigran I est
né en 14O avant JC. Il fut envoyé en 112 av. JC à la cour
de Parthes en tant que Prince d'Arménie et représentant de ce pays.
C'était un signe de pacification car Tigran I n'aurait pas risqué
la vie de l'héritier du trône des Arthashesien en prenant les armes
contre Parthes. D'ailleurs, à cette période, beaucoup de nobles
de Parthes s'installèrent en Arménie. Pendant son séjour,
le jeune prince a beaucoup appris de la stratégie de la guerre comme la
flèche de Parthes qui avait déjà infligé aux Romains
de lourdes défaites. Cette tactique a d'ailleurs fut reprise plus tard
par Tigran II contre les Romains.
REUNIFICATION DE L'ARMENIE
En 95 avant J.C., après la mort de son père, Tigran II, devenu
roi d'Arménie, commença par reconstruire et réorganiser
la vie économique et politique du pays. Il réforma totalement
l'armée et à son apogée, les différents corps comptaient
300 000 hommes. C'était une armée puissante, bien entraînée,
unie et entièrement dévouée à ses chefs.
En 94 avant JC, l'expansion romaine à l'Ouest de l'Anatolie a amené
Tigran à signer un traité d'alliance avec le roi Mithridates
de Pontus. Tout d'abord, Tigran a focalisé son attention sur la province
de Tsopk (Sophène) sur les rives Est de l'Euphrate. Les souverains de
Tsopk se disaient les descendants de la maison royale de Yervandouni qui régnaient
autrefois sur la grande Arménie, d'autres provinces et les anciens territoires
du Royaume de Haiasa-Azzi. Le roi Artashes I avait marqué son époque
car il unifia le gouvernement d'Arménie en abandonnant la confédération
des états d'Arménie qui étaient sous le contrôle
des familles nobles. Il fut également à l'origine de nombreuses
réformes agraires. Si on se réfère aux historiens grecs,
l'implantation géographique de la ville royale Artashat, qui se situait
sur les rives de la rivière Yeraskh (Arax), aurait été
choisi par le Général Hannibal qui était un hôte
de la cour de Artashes le Bon, grand Père de Tigran le Grand.
TRAITE DE PONTUS
Après avoir repris l'état de Tsopk, en 93 avant JC., Tigran a
lancé ses armées en Cappadoce qui était peuplé d'Améniens,
de Grecs et autres peuples de culture hellénique. Il installa Gordios
sur le trône, et cet état devint ainsi un allié de l'Arménie.
Réalisant l'importance du contrôle des routes commerciales du Nord
Est qui reliaient l'Asie Centrale à l'Anatolie et de Babylone à
l'Egypte, il lança des campagnes militaires pour contrôler ces
routes. Pour sceller le traité Ponto-Arménien, il épousa
la fille de Mithridates, Cléopâtre. Ils eurent 4 fils : le premier
fut tué au cours d'une bataille, le second organisa une révolte
contre son père avec l'aide des nobles qui refusaient un pouvoir centralisé
et voulaient retrouver une importance individuelle. Le complot échoua
et Tigran condamna son fils Zareh à mort. Le troisième fils,
Tigran le Jeune voulut continuer la révolte entâmée par
son frère et c'est le 4ème, Artavard, connu pour son goût
de la culture hellénique qui succèdera à son père.
Par la suite, certains historiens ont pensé que Cléopâtre
avait influencé la rébellion de ses fils contre leur père
car elle trouvait que Tigran n'aidait pas assez Mithridates à repousser
les Romains. Il faut dire que Tigran était déjà très
occupé à garder ses frontières du Nord et du Sud de son
empire. En 91 avant JC, comme un signe d'amitié, Tigran passa le protectorat
du Cappadoce à Mithridates de Pontus qui avait besoin de matières
premières et d'effectifs. Mithridates préparait une campagne militaire
contre les Romains pour les repousser hors de l'Anatolie et peut-être
même de Grèce. Tigran réalisa la puissance grandissante
de Rome et crut qu'il serait sage de respecter une coéxistance neutre.
Par contre, Mithridates pensait qu'il fallait unir le nouvel empire arménien,
l'état de Parthes et les autres pays de l'Est pour arrêter l'avancée
des légions romaines. Mais Tigran ne pouvait se permettre cette alliance
car Parthes était hostile à cet état arménien qui
devenait de plus en plus puissant.
L'ETABLISSEMENT DE L'EMPIRE ARMENIEN
Après plusieurs victoires des armées de Tigran, Parthes reconnut
enfin, officiellement Tigran le Grand, et il prit le titre glorieux de Roi
des Rois en 85 avant JC.. Il succéda également à la dynastie
Seleucid en Syrie. Il y régna 18 ans et à la même période,
les armées de Tigran avancèrent et conquirent les territoires
de Commagène et de Cilicie, où vivaient beaucoup d'Arméniens..
Après avoir nommé le Général Bagrat, gouverneur
de Syrie, Tigran prit personnellement le commandement militaire de l'expédition
de Phénicie et de Palestine. Les Romains admiraient et respectaient l'armée
arménienne de Tigran et notamment sa cavalerie dont la beauté
des chevaux et de leur cavaliers fut décrite par Sallustius Crispus.
Après avoir conquis la Phénicie et la Palestine, les armées
de Tigran arrivèrent près de la frontière égyptienne
et du Royaume de Nabataens qui avait promis son soutient à Tigran. Maintenant
les villes comme Tarson, laodicea, Seleucia, Tyros, Sidon, Berithos(Beyrouth)
et beaucoup d'autres villes du Cappadoce et de Cilicie appartenaient à
l'empire Arménien.
LA GRANDE VILLE DE TIGRANAKAERT
Tigran admirait les grandes cités mais la capitale arménienne
d'Artashat, fondée par le roi Artashes le Bon , était excentrée
à l'Est et éloignée de la plupart des routes commerciales
. Il eut envie de construire une nouvelle capitale qui représenterait
le symbole de sa gloire et qui serait une table tournante pour l'Orient. Au
début des années 7O avant JC., l'empire arménien était
au zénith de sa puissance et c'est à ce moment qu'il décida
de construire la ville de Tigranakaert dans la province d'Aghdznik (Alzini).
Ce lieu avait été choisi parce qu'il était au carrefour
des routes commerciales et au cur de l'empire Arménien. Un mur
épais de 25 mètres entourait la ville ; Les tours servaient d'étables,
d'entrepôts pour les armes et les munitions. De magnifiques jardins entouraient
la cité. Dés le début, Tigran a encouragé les familles
nobles, les artisans et les paysans à s'installer dans cette nouvelle
capitale. La population atteint 100 000 habitants de nationalités différentes,
mais la plupart étaient arméniens, Grecs et Juifs. Cette nouvelle
ville devint rapidement un centre culturel et commercial, non seulement pour
l'Arménie, mais pour tout le Proche Orient. C'était un haut lieu
de culture hellénique et d'après Plutarque beaucoup de savants
grecs fréquentaient la cour de Tigran. La langue grecque était
la langue officielle, utilisée par l'aristocratie arménienne.
Tigran avait divisé l'Arménie en 4 régions ou royaumes
dirigés par un gouverneur-roi. Mais, le rêve de Tigran tourna
court en 69 avant JC., quand une invasion romaine, commandée par Lucullus
démolit et brûla en partie la grande cité. Même si
la destruction fut importante, la ville survécut jusqu'au Moyen Age.
Mais elle ne retrouva jamais son importance et sa splendeur d'antan.
LES VICTOIRES DE TIGRAN CONTRE LUCULLUS ET LES ROMAINS
En 71 avant JC., Mitrhidates trouva refuge à la cour d'Artashat suite
à ses défaites contre les Romains et la perte de son trône.
Tigran se trouvait déjà dans une position difficile face aux
révoltes intérieures menées par ses fils Zareh et Tigran
, alors que les troupes de Parthes menaçaient au Sud, et les légions
romaines à l'Ouest. La guerre entre Rome et l'Arménie devint inévitable.
Lucullus entra en Arménie au printemps 69 avant JC. Il savait que la
province de Tsopk qui avait une tendance indépendantiste était
le point le plus vulnérable à l'Ouest. Tigran combattit aidé
par ses alliés comme (Albanais, Ibériens
) et grâce
à son armée entièrement dévouée. Les Arméniens
utilisèrent la fameuse tactique de la flèche de Parthes et la
cavalerie chargea en décimant et repoussant les légions romaines
hors des frontières. Pendant ce temps, Mithridates avec un contingent
de forces Arméno-Pontic, libéra Pontus et Cappadocia. Après
ces défaites cuisantes, Lucullus fut rappelé à Rome.
LE TRAITE D'ARTSHAT AVEC POMPEE
Rome ayant compris qu'ils avaient affaire à un adversaire redoutable,
organisa une gigantesque armée et le Consul Pompée pris la tête
de l'expédition militaire. Les Romains souhaitèrent l'aide de
Parthes pour anéantir les troupe de Tigran le Grand. Son fils Tigran
le Jeune étant marié avec la fille du Roi de Parthes et espérant
monter sur le trône de son père avec l'aide des Romains et de Parthes
profita de l'occasion pour se joindre aux Romains. Le Roi des Rois réalisa
pour la première fois que la situation était très sérieuse.
Grâce à l'aide de Tigran le Jeune, les Romains arrivèrent
très vite aux portes d'Artashat en 66 avant JC. Pour sauver ce qui restait
de son territoire, Tigran proposa à Pompée de signer un traité
de paix. Tigran le Jeune se sentant abandonné par les Romains devint
fou de rage. Il fut arrêté et envoyé à Rome en tant
que représentant du roi de Parthes, puisqu'il était son gendre.
Il ne restait à Tigran que l'Arménie mais totalement indépendante,
et l'unité du pays était maintenue puisque les provinces séparatistes
de Tsopk et Korduk, qui espéraient leur indépendance, furent reconnues
par Pompée comme faisant partie de la grande Arménie. Tigran
restait le Roi des Roi. Après ce traité, Tigran régna
encore 11 années qui furent une période de paix et de prospérité
économique. Il vendit ses machines de guerre, démantela ses armées
qui n'étaient plus nécessaires et coûtaient cher. Progressivement,
il commença à développer l'agriculture et le commerce en
attirant les grandes caravanes commerciales, en leur assurant des routes sûres
en Arménie pour les marchés de l'Occident. Grâce à
cette nouvelle stabilité, une large partie de la population devint riche
et prospère. Dans les années 55, Tigran le Grand mourut à
l'âge de 85 ans en paix avec lui-même, en paix avec le hommes et
en paix avec le monde. Il fut vraiment un homme brillant sur le plan militaire,
politique et aussi économique. Il marqua l'histoire de l'Arménie
à jamais et il est toujours aimé et reconnu comme le défenseur
des hommes, l'avocat et le supporter des sciences et de la culture.
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