Poésie : Daniel Varoujan, de
son vrai nom de famille, Tcheboukkiarian, est né au village de
Perkenig près de Sébaste. . Suite...
_____ Les Beureks au fromages : Ecrasez lae féta dans un saladier.
Ajoutez les oeufs, le gruyère, le persil. Salez et poivrez.... Suite... _____
Les prénoms arméniens :une liste de plus de 300 prénoms
arméniens féminins et masculins
.Suite...
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Dans quelques heures, je ne serai plus de ce monde. Nous allons être
fusillés cet après-midi à 15 heures. Cela m'arrive comme
un accident dans ma vie, je n'y crois pas mais pourtant je sais que je ne te
verrai plus jamais.
Que puis-je t'écrire ? Tout est confus en moi et bien clair en même
temps.
Je m'étais engagé dans l'Armée de Libération en
soldat volontaire et je meurs à deux doigts de la Victoire et du but.
Bonheur à ceux qui vont nous survivre et goûter la douceur de la
Liberté et de la Paix de demain. Je suis sûr que le peuple français
et tous les combattants de la Liberté sauront honorer notre mémoire
dignement. Au moment de mourir, je proclame que je n'ai aucune haine contre
le peuple allemand et contre qui que ce soit, chacun aura ce qu'il méritera
comme châtiment et comme récompense. Le peuple allemand et tous
les autres peuples vivront en paix et en fraternité après la guerre
qui ne durera plus longtemps. Bonheur à tous... J'ai un regret profond
de ne t'avoir pas rendue heureuse, j'aurais bien voulu avoir un enfant de toi,
comme tu le voulais toujours. Je te prie donc de te marier après la guerre,
sans faute, et d'avoir un enfant pour mon bonheur, et pour accomplir ma dernière
volonté, marie-toi avec quelqu'un qui puisse te rendre heureuse. Tous
mes biens et toutes mes affaires je les lègue à toi à ta
sur et à mes neveux. Après la guerre tu pourras faire valoir
ton droit de pension de guerre en tant que ma femme, car je meurs en soldat
régulier de l'armée française de la libération.
Avec l'aide des amis qui voudront bien m'honorer, tu feras éditer mes
poèmes et mes écrits qui valent d'être lus. Tu apporteras
mes souvenirs si possible à mes parents en Arménie. Je mourrai
avec mes 23 camarades tout à l'heure avec le courage et la sérénité
d'un homme qui a la conscience bien tranquille, car personnellement, je n'ai
fait de mal à personne et si je l'ai fait, je l'ai fait sans haine. Aujourd'hui,
il y a du soleil. C'est en regardant le soleil et la belle nature que j'ai tant
aimée que je dirai adieu à la vie et à vous tous, ma bien
chère femme et mes bien chers amis. Je pardonne à tous ceux qui
m'ont fait du mal ou qui ont voulu me faire du mal sauf à celui qui nous
a trahis pour racheter sa peau et ceux qui nous ont vendus. Je t'embrasse bien
fort ainsi que ta sur et tous les amis qui me connaissent de loin ou de
près, je vous serre tous sur mon cur. Adieu. Ton ami, ton camarade,
ton mari.
Manouchian Michel.
P.S. J'ai quinze mille francs dans la valise de la rue de Plaisance. Si tu
peux les prendre, rends mes dettes et donne le reste à Armène.
M. M.