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Réactions Turques
Le 18 janvier
- La Turquie rappelle son ambassadeur, Sonmez Koksalen, en France pour "consultations".
elle dénonce en outre ce qu'elle estime une grave atteinte aux relations
bilatérales
"Le gouvernement turc condamne vigoureusement cette loi du parlement français
qui ose accuser la Turquie d'un génocide qui n'a jamais été
commis, ignorant les réalités historiques (...) Il la rejette
catégoriquement avec toutes les conséquences qu'elle peut avoir"
. (AFP -
18 janvier)
Le Premier Ministre Turc Bulent Ecevit en rajoute lorsque interrogé sur
la possibilité d'une exclusion des firmes françaises d'appels
d'offre, il répond: "Tout peut être affecté".
Le chef de la diplomatie Ismaïl Cem n'est pas en reste : "D'une manière
générale, de telles mesures peuvent être prises pour des
appels d'offre d'Etat et pour des contrats militaires". (AFP
- 18 janvier)
Le 19 janvier
- Un peu partout en Turquie et devant l'ambassade de France à Ankara
se déroulent des manifestations d'hostilité et de multiples appels
au boycottage économique et culturel. Les appels au boycottage se multiplient,
que ce soit par des particuliers sur l'internet ou des associations. Le président
des Chambres et Unions de commerce de Turquie (TOBB), Fuat Miras, indique qu'il
envisageait de lancer un appel à ses membres pour qu'ils revoient leurs
liens commerciaux avec leurs partenaires français et n'importent plus
de produits français. L'Université d'Istanbul annonce l'arrêt
à partir du lendemain de ses relations scientifiques avec des partenaires
français. Son recteur Kemal Alemdaroglu a déclaré que "tout
contact scientifique" avec les universités Descartes, de Toulouse
et de Strasbourg avait été rompu, et a annulé la visite
prévue d'universitaires de l'Université Paris Sud dans le cadre
d'un programme d'échange. La plupart des réunions officielles
sont elles aussi annulées. (AFP
- 19 janvier)
Sur internet, la société civile crie sa haine et les internautes
lancent des appels au boycotte des produits français "D'accord,
je participe. Protestons d'abord contre Carrefour, puis contre tous les produits
français. Nous devons désormais jouer de notre force de masse....".
Dans un sondage sur un site, 85% des internautes interrogés dénoncent
le geste des députés français, 44% optant pour la réponse
"mauvaise décision, la France sera touchée" et 41% choisissant
de répondre "attitude erronée, le Parlement français
n'a pas à se mêler de l'Histoire". Seuls 6% répondent
: "Décision correcte, cette réalité doit être
acceptée". (AFP
- 19 janvier)
Le 30 janvier
- Jacques Chirac promulgue la loi reconnaissant le génocide arménien
le 29 janvier, Ankara réagit immédiatement. Le Premier ministre
turc Bulent Ecevit déclare devant la presse"Nous faisons le nécessaire.
Nous révisons nos relations économiques et politiques avec la
France". Le ministre de la Défense Sabahattin Cakmakoglu ajoute
que la France "ne s'en tirera pas comme ça". De fait Ankara
annule un contrat avec la firme française Alcatel pour la construction
d'un satellite espion et menace d'écarter le Giat (groupement des industries
d'armement) d'un important appel d'offre pour la construction de chars d'un
montant de quelque 4 mds de dollars. Le ministre de l'Agriculture Husnu Yusuf
Gokalp exclut de son côté deux firmes françaises d'un appel
d'offre public pour l'exportation de 315.000 tonnes de blé, d'un montant
d'environ 40 millions de dollars. (AFP
- 30 janvier)
Le 4 février
- Un homme tire six coups de feu dans la nuit contre le consulat de France
à Istanbul avant d'être arrêté. (AFP
- 5 février)
Le 5 février
- Quelque 2.000 personnes manifestent contre l'adoption par la France de
la loi à Igdir près de la frontière avec l'Iran et l'Arménie,
devant le mémorial érigé par la Turquie au nom du génocide
perpétré selon une version turque par les Arméniens contre
les Turcs. "A bas la France, à bas l'Arménie!", scandent
les manifestants.
Le 26 février
- Le ministère turc de l'Industrie et du Commerce suspend sa coopération
avec la France sur le soutien au développement des petites et moyennes
entreprises. Le Kosgeb, administration pour le soutien et le développement
des petites et moyennes industries (PME-PMI) rattachée au ministère,
a signifié à la partie française la "suspension"
de cette coopération jusqu'à "une amélioration de
la situation", dans un courrier daté du 26 février et parvenu
vendredi à l'ambassade de France. (AFP
- 5 février)
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