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Les historiettes d'une mamie pas comme les autres
Clara et Eric avaient envoyé un nouveau courriel à mamie. Son
contenu était tout à fait inattendu !
Pauline, la meilleure amie de Clara, qui avait lu le conte Anahit, voulait en
savoir davantage sur l’Arménie.
Clara et Eric appelaient mamie à leur secours, car ils ne savaient pas
grand-chose non plus.
Mamie était heureuse. L’amitié qui liait Clara et Pauline
ouvrait des horizons inconnus à ces enfants.
Papy imprima aussitôt le courriel et, après l’avoir lu,
demanda à mamie :
- Comment vas-tu t’y prendre ?
Il est vrai que mamie avait réussi à éveiller la curiosité
des enfants pour l’histoire de la France, avec, pour tout manuel scolaire,
un simple livre de géographie. Mais pour l’Arménie…
La chose s’annonçait assez ardue…
Mamie, qui réfléchissait en regardant papy dans les yeux comme
pour y trouver une source d’inspiration, répondit lentement :
- Tu connais ma méthode : je m’appuie
toujours sur leurs connaissances
acquises pour les aider à
progresser dans le domaine qui a pu éveiller leur
curiosité.
- Mais là, je ne vois vraiment rien qui
te permettrait de le faire…
- Détrompe-toi,
mon cher ami, nous avons le conte Anahit, car après avoir
écouter
l’histoire d’Anahit, les enfants m’ont demandé où
se trouvait
l’Arménie.
Alors, s’installant devant son ordinateur, mamie rédigea la conversation
que le conte avait suscitée ce jour-là. En voici le contenu :
Clara, qui était restée pensive après la fin de l’histoire,
demanda :
- Mamie, où se trouve l’Arménie
?
Mamie allait répondre lorsque survint la question d’Eric :
- Mamie, de quel côté de Beau-Four
se trouve-t-elle ?
- Je vais vous répondre par une question,
dit mamie. De quel côté se lève le soleil ?
Clara et Eric pointèrent un doigt dans la direction du grand pin :
- Là-bas ! dirent-ils en regardant mamie.
- Et bien, l’Arménie se trouve de
ce côté-là, expliqua tout simplement mamie.
Etonnés, les enfants gardaient le silence. Alors mamie continua :
- Je vais vous inventer une toute petite histoire
pour mieux vous représenter la situation de ce pays par rapport à
la France.
Clara demanda à mamie d’attendre un instant. Elle courut chercher
son livre de géographie, le remit à sa grand-mère et, silencieuse,
reprit sa place. Mamie ouvrit la carte de l’Europe, et commença
son improvisation :
- Il était une fois, une grenouille très
audacieuse qui voulait savoir où et comment le soleil se levait chaque
matin.
Elle se dit qu’en faisant des
bonds géants dans la direction du soleil levant, elle
finirait bien par le surprendre à
son réveil.
- Mamie, cette grenouille vivait en France ?
demanda Eric qui cherchait un repère.
- Bien sûr, mon garçon, répondit
mamie en lui souriant. Puis elle continua :
Un jour elle fit un bond si grand qu’elle se retrouva sur les côtes
de la Méditerranée. Vous connaissez cette mer, n’est-ce
pas ? dit mamie.
Les enfants hochèrent la tête. Le petit index de Clara montra
l’emplacement sur la carte. Mamie lui dit de garder son doigt à
cet endroit, et elle continua :
- La Méditerranée étant
trop salée pour notre voyageuse, elle fit aussitôt un autre bond
de géant, et atterrit sur les bords de la mer Noire. Allons ! Sautons,
faisons comme elle ! dit mamie.
Clara et Eric mirent leur doigt dans la mer Noire après avoir simulé
un saut !
- Hop ! dit Eric en passant d’une mer à
l’autre.
Puis, il continua en plaisantant :
- Dis mamie, cette grenouille devait être
championne olympique du saut en longueur,
dans le monde des grenouilles !
- Et aussi du saut en hauteur, rajouta Clara
en riant.
- Eh bien, mes enfants, notre championne trouva
l’eau de la mer Noire à son goût, ni trop froide, ni trop
salée, si bien qu’elle décida de passer la nuit sur ses
rives.
Le lendemain matin, notre audacieuse grenouille resta ébahie devant
la splendeur du spectacle qui s’offrait à ses yeux : face à
elle, sur la ligne d’horizon, où chaque soir le ciel borde la mer,
le soleil semblait sortir lentement des eaux. Dame Nature envoyait ses traits
flamboyants de tous côtés pour annoncer le réveil de son
roi, tandis que toute la surface de la mer scintillait de mille feux pour accueillir
le plus beaux des astres qui venait s’y miroiter chaque matin.
La beauté du tableau aiguisa la curiosité de notre aventurière.
Impatiente, elle se sentait prête à bondir… Le soleil n’était
plus très loin ! Mais elle ignorait qu’il y avait une autre mer
: la mer Caspienne.
- Vous la voyez ? demanda mamie.
Les enfants déplacèrent leur doigt dans la direction du soleil
levant et s’arrêtèrent à la mer Caspienne. Mamie continua
:
- Notre impatiente grenouille ignorait également
que, sur sa trajectoire entre ces deux
mers, au milieu d’une immense
plaine, se dressait une très haute montagne
couronnée de glaciers.
Ayant mal calculé son élan,
notre imprudente grenouille se heurta aux glaciers et,
blessée au ventre, elle eut
la chance de tomber dans un petit torrent qui dévalait le
flanc de la montagne.
Ainsi transportée, notre héroïne
arriva dans une petite rivière qui serpentait
nonchalamment à travers une
plaine verdoyante.
Elle échoua inanimée
parmi des roseaux où se baignaient une tribu de
grenouilles qui s’empressèrent
vers elle pour la secourir. Reprenant ses esprits,
elle voulut savoir dans quel pays
elle se trouvait et comment se nommait cette
imprévisible montagne !
Les grenouilles lui répondirent
:
- Cette majestueuse montagne, dont les sommets
cisèlent les pourpres du soleil, est le mont Ararat et tu te trouves
en Arménie.
Notre grenouille, trouvant l’eau très pure et, dans la crainte
de rencontrer une montagne encore plus haute, décida de rester en Arménie.
Puis mamie demanda :
- Avez-vous trouvé la montagne qui a blessé
notre grenouille… ? Oui, c’est bien là !
Voyez-vous l’Arménie entre
les deux mers ?
Les enfants, qui suivaient du doigt le contour du pays, s’exclamèrent
en même temps :
- Mamie, regarde, on dirait la tête d’une
jeune fille avec de longs cheveux !
- C’est peut-être la tête de
la reine Anahit…murmura Clara, rêveuse.
Mamie rajouta quelques lignes à l’histoire de la grenouille et
envoya le courriel suivant à ses petits-enfants :.
Chers enfants !
Je vous envoie la petite histoire que j’avais inventée pour vous
aider à repérer facilement l’Arménie actuelle dans
votre livre de géographie.
Prenez le mont Ararat pour repère, ainsi il vous sera facile de vous
faire une idée du relief du territoire de l’Arménie et de
le comparer à celui de la France.
Nous vous attendons avec impatience et nous espérons que Pauline et
ses parents se joindront à vous.
Avec de bons bisous,
Mamie et papy, et Tchouki aussi.
F
I N
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