16/05/2008 - 21:05  
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Economie

  Histoire de France N°1

  Les historiettes d'une mamie pas comme les autres

Clara rentre au collège. (Histoire de France n°1)


Ce jour-là, le printemps regardait paisiblement un tout jeune été qui, impatient d’apparaître, était en train de lui grignoter ses derniers jours.

Tchouki, comme à l’habitude, faisait sa promenade matinale. Mamie et Clara l’accompagnaient.

Mais aujourd’hui, notre toutou était étonné de voir ses deux compagnes bavarder sans arrêt. Pas un regard, pas le moindre mot ne lui était adressé ! C’était pourtant bien lui qui leur montrait le chemin ! Que pouvaient-elles se dire ?

Tchouki ignorait qu’à l’automne prochain Clara rentrait en sixième de collège !

Leur conversation paraissait tellement intéressante… Elles ne remarquaient même pas qu’un espiègle petit vent s’amusait à les décoiffer !
Alors, pour attirer leur attention, ce méchant petit vent alla barboter parmi les énormes flocons de nuages qui flottaient nonchalamment dans un ciel calme et bleu. Les nuages affolés se transformaient en gentils monstres qui se sauvaient à toute vitesse. Le soleil, en grand artiste, les colorait de rose et d’or !

- Mamie, regarde les nuages ! C’est féerique ! s’exclama tout à coup Clara émerveillée.

- Et jamais deux fois le même spectacle ! répondit mamie non moins émerveillée.

Tchouki, jaloux, mit le cap sur le chemin du retour, et invita ses amies à rentrer à la maison. Elles le suivirent, sans même réagir, en continuant leur conversation.

- Tu as raison Clara. La rentrée au collège est toujours pleine
d’imprévus. Il faudra t’habituer à un entourage tout à fait différent, tu
auras d’autres camarades de classe et surtout de nouveaux professeurs.
Mais faut-il pour autant t’inquiéter à ce point ?
Clara, tu vas franchir la porte du collège avec un bon bagage !
Et puis, pour réussir, que ce soit au collège ou à l’école élémentaire, le
secret est le même : premièrement, bien comprendre la nouvelle leçon,
deuxièmement, bien l’enregistrer dans sa mémoire.
Cela signifie que suivre le cours en classe ne suffit pas :
il est indispensable de l’étudier le jour même à la maison : c’est le seul
moyen de la mettre en mémoire sans erreur.

- Tu sais mamie, j’ai toujours bien étudié mes leçons d’histoire de France,
mais j’ai tout de même des difficultés à m’y retrouver répondit gentiment
Clara en fermant le portail, car, sans s’en apercevoir, elles étaient arrivées
à la maison.

Tchouki était déjà rentré et se plaignait à papy. Papy lui gratta le dos et le cou et tout fut oublié.

Après le déjeuner, la conversation engagée durant la promenade du matin avait repris.

- Donc, tu me disais que l’histoire de France te posait quelques problèmes,
dit mamie, en prenant place dans son fauteuil pour se reposer.

- Je ne sais pas comment t’expliquer. Je me demande mamie, comment tu
fais pour ne pas confondre les époques des différents rois de France ?

Tchouki était allongé sous la table, la tête redressée comme un sphinx pour surveiller son entourage. Soudain il se leva et alla pleurnicher devant la porte du jardin. Comprenant ce qu’il voulait, Clara alla lui ouvrir, tandis que mamie répondait à sa petite-fille en élevant légèrement la voix:

- Oh, tu reverras tout cela en détails au collège, mais dans tous les cas, il
faut savoir organiser sa mémoire avec des repères. A propos, continua
mamie, as-tu apporté ton livre de géographie ?

- Oui, répondit Clara, tu veux que je te l’apporte ?

Elle se préparait à sortir, lorsque Eric apparut, essoufflé, suivi de Tchouki :

- Il est arrivé à toute allure et m’a fait comprendre de le suivre. Me voilà !
Pourquoi m’a-t-il amené ici ? s’étonnait Eric.

- Oh, c’est simple ! Il s’est dit que si je m’installe dans mon fauteuil, c’est
pour raconter une histoire. Et comme tu manquais à l’appel, il est
allé te chercher, expliqua mamie très sérieusement.

- Mamie, tu plaisantes ! s’exclamèrent les enfants.

- Non, mes chéris, c’est la vérité. Il a sa façon à lui d’enregistrer notre vie.
Et croyez-moi, il se trompe rarement ! assura mamie en hochant la tête.

Clara alla prendre son livre de géographie en se disant que ce petit chien avait bien de la chance.

- Mamie, tu allais commencer une histoire sans moi ? dit Eric légèrement
désappointé.

- Nous parlions de l’histoire de la France. Ce n’est pas un conte mais c’est
une belle histoire vraie ! Tu peux rester si tu le veux, lui proposa mamie.

- Justement, je voulais te demander quelque chose que je n’arrive pas à
comprendre, dit Eric.

- En histoire ? demanda Clara en remettant son livre de géographie à
mamie.

- Oui. Voilà. Pourquoi dit-on : « avant Jésus-Christ » ou « après Jésus-Christ » à partir du 1er janvier, et non au 25 décembre, puisqu’on dit que Jésus est né le 25 décembre ?

- Très bonne question, dit mamie, nous y viendrons, mais auparavant,
ouvrons ce livre de géographie à la page représentant la France, son relief
et ses fleuves. A présent, regardons avec attention cette carte… Que
pouvons-nous dire de ce territoire ?

- Qu’il y a beaucoup de plaines et de montagnes, dit Clara.

- Beaucoup, beaucoup de fleuves et de rivières, ajouta Eric

- Et des mers sur trois côtés ! s’exclamèrent ensemble les enfants.

- En quelques mots, c’est un pays magnifique qui a tout ce qu’on pourrait
désirer : montagnes, plaines, fleuves, mers et même un océan ! dit mamie.

Puis elle continua :

- Laissons le livre ouvert à cette page et écoutez l’histoire que l’on connaît
de ce beau territoire.

Lorsqu’on raconte une histoire on parle toujours de choses qui ont déjà eu
lieu, donc, des choses du passé. Mais le mot « passé » ne nous dit pas
quand cela est arrivé, on sait seulement que cela ne se passe pas
maintenant.

Il faut donc avoir un repère pour se représenter le moment où les choses se
sont passées. Pouvez-vous me trouver quelques uns de vos repères ?
demanda mamie.

Les enfants cherchaient. Le regard d’Eric tomba sur l’horloge dont les aiguilles étaient assez loin de quatre heures. Il s’écria :

- Le goûter, mamie ! On peut dire « avant le goûter » ou « après le
goûter ».

- Quel est le repère qui permet de décider le moment où les choses se sont
passées ou se passeront ? demanda mamie

- Le goûter, dirent les enfants en cœur.

- On peut dire aussi : « avant les vacances » ou « après les vacances », dit
Clara qui pensait sans doute à la rentrée des classes.

Mamie acquiesça et continua :

- Prenons pour repère, si vous le voulez la journée d’aujourd’hui :
le 5 mai 2002, et voyons ensemble ce qui s’est passé environ 3000 ans
avant ce jour du mois de mai de l’année 2002, dans cette partie du globe
qui, actuellement, se nomme France.

Pour cela, commençons par chercher sur la carte les fleuves suivants : le
Rhin, la Moselle et la Meuse !

Les enfants, après avoir cherché consciencieusement, indiquèrent les trois fleuves de leurs petits doigts. Mamie put continuer :

- Donc, imaginez, il y a environ 3000 ans, des tribus de peuples nomades, venant de l’Est, qui arrivent sur le bord de ces fleuves, et qui découvrent, stupéfaits, un pays verdoyant, sillonné de fleuves et de rivières innombrables, au climat doux et…, et c’est presque incroyable, à peine peuplé !

Ces nomades étaient des Celtes. Ils envahirent la région et s’installèrent
sur cette terre hospitalière. Jusqu’à ce jour, rien n’a pu prouver que des
combats avaient eu lieu.

Les autochtones, c’est-à-dire ceux qui ont toujours vécu sur cette terre,
vivaient sans doute heureux, puisqu’ils ne sentaient pas le besoin de faire
de grands déplacements pour chercher leur nourriture.

Les Celtes, eux, avaient traversé beaucoup de pays et, au contact
de différentes populations, avaient acquis des connaissances qui
n’existaient pas sur les terres qu’ils venaient de découvrir.

Les fouilles archéologiques nous ont prouvé que les Celtes savaient déjà
obtenir et travailler le bronze (cuivre + étain), fabriquer et décorer des
armes telles que le poignard, la longue épée et la hache, savaient cultiver
la terre, utiliser des animaux pour tirer des chariots, avaient des fours à
poterie et bien d’autres choses encore.

Au cours des années, puis des siècles les Celtes envahirent et
transformèrent non seulement notre territoire actuel, mais également ceux
de l’Espagne et du Portugal, une bonne partie de l’Italie, de l’Allemagne,
de la Belgique et même des îles britanniques actuelles.

Ils n’avaient pas de roi, mais beaucoup de chefs de tribu riches et
puissants.

Dans le restant du monde connu à cette époque, on nomma toutes les
étendues envahies par les Celtes « Les Gaules » et leurs habitants « Les
Gaulois »

- Mamie, lorsque tu dis « le restant du monde », que faut-il comprendre ?
demanda Clara.

- C’est justement ce que tu vas étudier l’année prochaine en sixième !

Je vous donnerai quelques images de ce monde, mais auparavant
revenons à notre carte de géographie.

J’attire votre attention sur les fleuves et les rivières qui sillonnent le pays.

Voyez, les fleuves et leurs affluents sont si proches les uns des autres que
l’on peut aisément passer d’un cours d’eau à un autre pour atteindre les
points les plus éloignés du territoire !

Les Celtes l’ont bien compris, et très vite, ils ont développé toute une
organisation de transport par les fleuves ; ils passaient les marchandises
d’un fleuve à l’autre à l’aide de mulets ou de chars tirés par des bœufs
peut-être même par des hommes, et ainsi, ils pouvaient faire leur
commerce très loin et dans n’importe quelle direction.

Ils ont été les premiers constructeurs de péniches !

Evidemment, ces péniches ne ressemblaient pas à celles que vous voyez
sur nos fleuves actuellement. Le moteur n’existant pas, lorsqu’à certains
endroits la puissance du fleuve ne suffisait pas, elles étaient tirées par des
animaux.

Voyons les plaines, à présent :

Pour labourer leurs champs, les Gaulois utilisaient la charrue tirée par des
bœufs.

Ils inventèrent le soc en fer qui remplaça le soc en bois.

Grâce à cette invention, la terre, retournée en profondeur, produisait
davantage. Les récoltes étaient si abondantes que les bras ne suffisaient
plus pour la moisson.

Alors, ils inventèrent la moissonneuse !

C’étaient des gros caissons avec des lames qui tournaient et
coupaient ; cette invention facilita la tâche des agriculteurs de cette
époque et leur permit même de faire le commerce des céréales.

Ils inventèrent le tonneau, car ils cultivaient la vigne.

Ils cultivaient le lin et le chanvre. et tissaient des tissus rayés.

Ils inventèrent le tissu écossais.

Le travail de leurs bijoux et de la décoration de leurs armes étaient
renommés dans tout le monde connu à cette époque.

Ils inventèrent les premières chaussures à tige, qui recouvrent le dessus
du pied, lorsque le monde entier portaient des sandales.

Mais la perle de leurs inventions restera le pantalon, « les braies » en
gaulois, car jusqu’alors, hommes et femmes, dans le monde entier,
portaient des jupes ou des robes !

- Mamie, lorsque tu dis que les Gaulois faisaient du commerce, à qui
vendaient-ils leurs marchandises ? demanda notre Eric qui voyait
toujours le côté pratique des choses.

- Il a fallu environ 1000 années pour que les Celtes réalisent l’image de cette Gaule riche et prospère que je viens de vous donner. Mais dans cette même période, sur les bords de la Méditerranée, s’épanouissaient d’autres civilisations, beaucoup plus cultivées et raffinées, entre autres, la civilisation grecque, puis la civilisation romaine. Les Gaulois commerçaient avec eux.

Mamie montrait sur la carte les pays des bords de la Méditerranée en disant :

Vous apprendrez entre autres, l’histoire des Grecs, et des Romains en sixième.

Pour le moment, nous nous intéressons à l’histoire du territoire sur lequel nous vivons, la France.

Laissons les Grecs, quoiqu’on leur doit la fondation de notre ville de
Marseille, et parlons des Romains, puisqu'ils vont entrer en guerre contre
les Gaulois.

En effet, d’un côté, nous avons les Gaulois, qui, malgré leurs richesses,
attaquaient et pillaient les provinces romaines qui se trouvaient sur leurs
frontières, et de l’autre côté, nous avons les Romains, qui défendaient
leurs biens, mais qui avaient aussi remarqué la prospérité des terres
gauloises.

Rome était une cité-Etat qui avait formé un immense empire. Les pays
conquis devenaient ses provinces. La Gaule n’en faisait pas encore partie.

Il faut savoir que les Gaulois étaient de valeureux guerriers,
d’excellents cavaliers et qu’ils étaient admirablement bien armés.

- Mais alors, pourquoi ont-ils perdu la guerre contre les Romains ?
s’étonna Clara

- L’une des causes pourrait être le fait que les Gaulois ne savaient ni lire ni
écrire, car l’écriture, dans la religion gauloise, était une chose sacrée :
seuls leurs prêtres, les Druides, avaient le droit d’utiliser l’écriture.

Donc, les Gaulois étaient des ignorants dans ce domaine, tandis que les
Romains ne l’étaient pas.

Cela devait créer aux Gaulois des problèmes pour communiquer entre
eux et s’organiser sur de grandes distances.

Malheureusement la discipline leur faisait défaut également !

Les armées gauloises étaient dirigées par de nombreux chefs
orgueilleux et rebelles qui ne s’entendaient pas entre eux, tandis que les
Romains n’avaient qu’un seul chef et des armées bien organisées qui lui
étaient soumises.

Rome envahit la Gaule en plusieurs attaques.

Les pressions de Rome sur la Gaule furent très cruelles.

Les Gaulois se soulevaient sans cesse, luttant pour retrouver leur liberté.

Le dernier grand soulèvement a été celui de Vercingétorix contre Jules
César, environ 2052 années avant la date d’aujourd’hui.
Cela s’est passé à Alésia, non loin de l’endroit où la Seine prend sa source.

C’est là que le jeune chef gaulois avait organisé sa résistance aux armées
romaines. La ville fut assiégée pendant plusieurs mois, mais la famine et
les maladies vinrent à bout du courage des assiégés.

Les secours espérés n’arrivant pas, alors, pour sauver ce qui restait de son
peuple, Vercingétorix se rendit héroïquement à Jules César.

Il avait à peine 20 ans !

- C’était ici… dirent tristement les enfants en montrant la source de la Seine sur la carte.

Puis Clara demanda :

- Mamie, tu nous raconteras un jour l’histoire de Vercingétorix ?

Mamie acquiesça gravement de la tête et continua :

- La Gaule était vaincue…

Les Romains s’y installèrent en maîtres et réorganisèrent tout le territoire
de manière à pouvoir le gouverner à partir de Rome, la cité-Etat.

La Gaule devint une province de l’Empire romain.

Des villes s’implantèrent avec une administration romaine.

Le latin, devenu incontournable, se mélangeait peu à peu à la langue du
peuple gaulois.

Des écoles furent créées pour enseigner le latin et d’autres
disciplines, des théâtres pour ceux qui aimaient la littérature, des thermes
pour la propreté et la santé du corps, des arènes pour les sports de combat
et des temples pour les Dieux romains et gaulois.

Au cours des siècles, la Gaule était devenue gallo-romaine ( un mélange
des deux cultures). Une nouvelle civilisation était née : la civilisation
gallo-romaine ! Le Gallo-Romain n’était plus un Gaulois ! Il parlait une
langue qui n’était pas le gaulois, mais qui n’était pas le latin non plus :
une nouvelle société avec sa propre culture apparaissait !

Le paysage de toute la Gaule se transformait au fur et à mesure que la
civilisation gallo-romaine avançait.

Les routes gauloises furent remplacées par des voies pavées à la romaine,
qui sillonnèrent la Gaule dans tous les sens, jusqu’aux moindres villages.

- Comme nos autoroutes avec toutes leurs sorties, mamie ? demanda Clara.

- Sauf que leurs routiers conduisaient des chariots qui avaient des animaux
pour moteur, n’est-ce pas mamie ! s’exclama Eric pour faire écho à
Clara, Pas de station d’essence, mais des stations de foins, continua-t-il
joyeusement, fier de son humour.

Mamie approuva d’un sourire et continua :

- Les routes quadrillaient tout le territoire, tandis que d’énormes ponts,
les viaducs, unissaient les flancs de deux montagnes, et les
aqueducs, amenaient l’eau d’un point à un autre.

Eric semblait dans la lune. Mamie et Clara patientèrent jusqu’à ce qu’il
revienne.

- Dans le mot viaduc, mamie « via » fait penser à « voie », v-o-i-e,
mais je ne trouve pas pour « duc », dit Eric, avec un petit air satisfait de
sa trouvaille.

- Bravo mon garçon, se réjouit mamie. C’est très bien d’avoir remarqué
les deux parties du mot. L’une est bien « voie », l’autre, « duc » signifie
« conduire ». Donc, un viaduc est un chemin qui conduit, qui mène d’une
montagne à une autre.

- Alors, « aque » signifie « eau » , remarqua Clara, puisqu’un aqueduc
amène de l’eau. Je crois que je ne confondrai jamais ces deux mots !

- C’est bien Clara, « aque » vient du mot latin « aqua » dit mamie,
d’ailleurs vous avez « aquaboulevard » peut-être le dernier né.

- Mamie, il me semble que je voyage dans le passé ! Et toi Clara ! dit Eric.

- Je suis toujours avec toi ! répondit Clara en riant.

- Alors, attendez-moi ! plaisanta mamie.

Puis, sérieuse, elle reprit son histoire.

- Donc, environ deux cents années après la mort de Vercingétorix, nous voyons une Gaule bien transformée et une Rome qui continue à gouverner son immense empire dispersé sur de grandes étendues ; chose très difficile, car ses frontières étaient de plus en plus agressées par des armées barbares !

- Mamie, comment faisait-elle pour gouverner toutes ses provinces ? Le
téléphone n’existait même pas ! réagit tout à coup Clara.

- C’est une remarque très intelligente, dit mamie.

Rome avait un excellent outil de travail, c’était le calendrier !

Représentez-vous notre vie de chaque jour sans calendrier ! L’école, le
travail, les vacances, les voyages etc, etc…Il nous serait impossible
d’organiser la vie de notre pays !

Or, les Romains avait un calendrier religieux qui notait le temps, avec
pour repère, la création de Rome. Ce calendrier servait seulement à noter
les dates des fêtes religieuses. Dans ce calendrier l’année commençait au
1er janvier.

Jules César, avec l’aide d’un grand astronome de son époque, apporta de
nombreux changements à ce calendrier, dans le but de pouvoir l’utiliser
pour mieux gouverner l’immense Empire romain.

Grâce aux changements apportés par Jules César et son équipe, l’année
avait 365 jours et, tous les quatre ans, 366. Elle était partagée en 12 mois
inégaux. Mais les semaines n’existaient pas encore.

Il imposa son calendrier à tout l’Empire romain : les jours, les mois, les
années devenant les mêmes dans tout l’Empire, la communication entre
Rome et toutes ses provinces était facilitée et une meilleure organisation
de l’Empire devenait possible.

- Notre calendrier est celui de Jules César ? s’exclamèrent les
enfants, les yeux écarquillés d’étonnement.

- Pas entièrement. Beaucoup plus tard on a dû faire des rectifications.

Il faut savoir que la recherche de la division du temps remonte à la plus
haute Antiquité.
Tu apprendras tout cela au collège, ajouta mamie en s’adressant à la
fillette.

- Clara, quand tu l’apprendras l’année prochaine tu me le raconteras, dit
notre curieux petit garçon en s’adressant à sa sœur.

- Bien sûr, si tu m’écoutes, dit-elle malicieusement.

Et les deux gentils visages se tournèrent, le regard impatient d’en savoir davantage, vers leur mamie qui les contemplait, heureuse de voir l’intérêt qu’ils portaient à son récit. Elle reprit la parole :

- Nous avons vu les principaux changements effectués dans le paysage de
la Gaule gallo-romaine, mais autre chose avait aussi changé au cours de
ces siècles : c’était la religion.

En effet, le christianisme avait fait son apparition. Difficilement, mais
sûrement, cette religion s’était répandue sur une grande partie du globe.

Et ainsi, beaucoup plus tard, la plus grande partie des peuples de
l’Occident ayant accepté la religion chrétienne, le jour de la naissance de
Jésus-Christ devint une date très importante pour eux.

Alors, on décida de partager toute l’histoire du monde en deux parties :
tout ce qui s’était passé avant la naissance de Jésus-Christ et tout ce qui
s’était passé et qui se passera après sa naissance, c’est-à-dire que l’on
décida de mesurer le temps avec pour repère la naissance de Jésus-Christ.

Le calendrier de Jules César étant irremplaçable pour l’organisation des
provinces, il était donc plus raisonnable de le garder en y apportant le
petit changement suivant :
le 1er janvier, premier jour de chaque nouvelle année, fut accepté comme
étant le jour de la naissance de Jésus Christ. Pour se repérer on devait dire
« avant JC ou après JC ».

- Mamie, et le 25 décembre alors, qu’est-ce que c’est ? demanda Eric, espérant obtenir enfin une explication.

- Jésus serait né un 25 décembre, mais choisir ce jour-là pour faire
démarrer le calendrier aurait été pratiquement impossible !

Représentez-vous tous les bouleversements que cela aurait entraîné dans
tous les pays qui, depuis des siècles, étaient gouvernés avec un
calendrier qui commençait au premier janvier !
Mettons-nous à leur place ! Même leurs dates d’anniversaire seraient
changées !

De tout ce que je viens de vous dire, il suffit de retenir ceci :

Seulement pour les chrétiens catholiques, le 25 décembre est le
jour de la naissance de Jésus-Christ, tandis que pour les autres,
ce jour est une grande fête pour les enfants, donc pour les
familles.

Le premier janvier de chaque année marque la naissance de l’ère
chrétienne ou tout simplement de notre ère.

Vous pouvez dire « avant ou après J-C » comme vous pouvez dire
« avant ou après notre ère », car ce calendrier est devenu le calendrier
universel, c’est-à-dire, utilisé dans toutes les parties du globe.

Es-tu satisfait de mon explication, continua mamie en s’adressant à
Eric.

- Oui mamie, et je vais te dire que je suis bien content de vivre à notre
époque, c’est bien moins compliqué ! se réjouit Eric.

- Et en plus, ça nous fait deux jours de fête sur notre calendrier !
s’exclama Clara.

- C’est vrai, nous avons beaucoup de chance, dit mamie.

Puis elle continua :

- Avez-vous remarqué tous les repères que nous avons utilisés ? Ils sont
indispensables pour mettre correctement en mémoire la vie de notre
pays, ou même celle de n’importe quelle personne :

d’abord sa date de naissance, qui nous transporte à l’époque de sa
naissance,
puis son physique et son caractère, c’est-à-dire tout ce qui l’a façonnée
dans le temps.

Voilà pourquoi vous devez observer avec la plus grande attention les illustrations de votre livre d’histoire.

On peut même jouer à comparer deux tableaux illustrant deux époques
différentes et découvrir les changements que les artisans de toutes les professions ont apportés à leur temps ( les coiffeurs, les tisserands, les couturiers, les armuriers, les peintres, etc, etc…).
Même ces informations peuvent vous servir de repères !

- Mamie, attends une minute, je vais chercher mon livre d’histoire, dit Eric en se préparant à sortir de la pièce.

Il revint, feuilletant son livre, et, l’ayant ouvert à la gravure illustrant Vercingétorix et Jules César, il reprit sa place assez enthousiasmé.

- Mamie, ils sont de la même époque, mais on peut jouer tout de même ! Tu commences, mamie ? Après toi, Clara et moi en dernier !
décida Eric.

- Bien, je commence. Le Gaulois a de longs cheveux, tandis que le Romain a les cheveux coupés très courts. A toi, Clara ! dit mamie.

- Le Gaulois a une longue moustache, tandis que le Romain est rasé comme papa ! dit Clara.

- Mamie, je pensais que tu aurais commencé par là ! Vercingétorix porte un pantalon, le Romain est en jupe ! s’exclama joyeusement Eric. Puis il rajouta fièrement, pantalon en gaulois « des braies »

- A mon tour, dit mamie en souriant. Le Gaulois porte une cape courte : la saie. Le Romain, lui, est drapé d’un long drap de laine : la toge. Dans ce temps-là, le manteau avec des manches n’existait pas encore, donc, la saie était leur manteau.

- Le Gaulois a une tunique courte, pardessus ses braies, avec une ceinture. Le Romain doit avoir une chemise, mais elle est cachée par sa toge, dit Clara.

- Le Gaulois porte des chaussures qui lui protègent tout le pied, tandis que le Romain a les doigts de pieds à l’air dans ses sandales ! dit très sérieusement Eric, espérant par ses remarques faire rire Clara et mamie.

- J’espère que tu ne récites pas tes leçons de cette manière en classe ! dit Clara à son petit frère, en pouffant de rire.

- Ce n’est pas mal pour une première fois, dit mamie, qui riait aussi. Au fait, savez-vous que, grâce à des gravures, nous savons que la race de Tchouki, berger du Tibet, existait il y a environ 3000 ans ?

Vous verrez qu’en regardant avec attention des tableaux d’époques assez
éloignées, vous découvrirez des choses qui nous sont communes !

Et maintenant, je vous propose un autre jeu, dit mamie.

- Quel jeu ? s’étonnèrent les enfants.

- Nous allons imaginer une maison, répondit mamie mystérieusement.

Les enfants attendaient. Mamie continua :

- Une petite maison qui aurait ses fondements, son rez-de-chaussée et ses
étages.

Les enfants, un peu déroutés, regardaient mamie les yeux grand ouverts pour mieux lire ses pensées, mais ne trouvaient rien à répondre.

- Vous ne devinez pas ? Je vous propose, tout simplement, de créer
la maison de l’histoire de la France.

Comme Clara et Eric ne réagissaient toujours pas, mamie reprit la parole :

- En admettant que vous décidiez de faire cette maison, où placeriez-vous
l’époque des Celtes et où placeriez-vous l’époque des Gallo-Romains ?

Enfin mamie put voir une étincelle briller dans le regard de ses petits-enfants !

- A cause des fouilles, je mettrais l’époque des Celtes au sous-sol de la maison, s’écria Eric.

- Moi aussi, pour la même raison, dit Clara.

- Si nous considérons le sous-sol comme étant les fondations de cette maison, alors je suis d’accord avec vous. dit mamie.

Donc, les Celtes, ou comme les ont appelés les historiens romains, les
Gaulois, se trouveront dans les fondements de votre maison de l’histoire
de France.

Et pour la période gallo-romaine ? Qu’avez-vous à dire ? continua-t-elle.

- Je la mettrais au rez-de-chaussée, dit Clara, après quelques instants de réflexion.

Quant à Eric, il se posait des questions.

- Et toi, Eric, qu’en dis-tu ? lui demanda mamie.

- Je ne sais pas. Je n’ai pas encore entendu parler de la France.

- C’est pour cela que je mettrai les Gallo-Romains au rez-de-chaussée, car leur langue est l’ancêtre du français tandis que leur territoire est celui de la France actuelle ! Tu comprends frérot, les Gallo-Romains et les Français ont les mêmes racines : la langue et la terre !

Clara parlait avec vivacité.

Eric l’admirait et se disait que sa sœur ferait un bon professeur d’école ! Quant à mamie, on pouvait lire dans ses yeux le bonheur que lui apportaient ses petits-enfants. Son visage était radieux, son sourire aussi. Elle continua :

- Donc, vous placeriez la période gallo-romaine au rez-de-chaussée.
Sa porte vous permettrait d’entrer dans la maison de l’histoire de
France.

Je suis entièrement d’accord, car nous avons tant de monuments qui nous
révèlent leur histoire, et surtout, tant de documents écrits dans la langue
gallo-romaine qui apportent au monde les preuves de leur civilisation
raffinée.

Tchouki était rentré par la porte restée ouverte. Il attendait depuis assez longtemps, assis, son ballon dégonflé dans sa gueule. Mamie qui l’avait remarqué, se dit qu’il avait assez patienté :

- Je pense que pour aujourd’hui c’est largement suffisant, dit-elle.

A peine avait-elle fini de parler, que Tchouki jeta son ballon devant Eric en grognant très fort pour le provoquer. Les enfants se précipitèrent sur le ballon, mais déjà, notre berger du Tibet l’emportait au jardin entraînant à sa suite Eric et Clara, qui s’envolèrent comme deux petits oiseaux qui retrouvaient leur liberté !

 

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Points de vue
Arménie, Diaspora, Structure génocidaire

 
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