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Economie

  Histoire de France N°2

  Les historiettes d'une mamie pas comme les autres

Eric, Clara et l'histoire de France. (Histoire de France n°2)


LES GRANDES INVASIONS.

(Pourquoi l’Empire romain se divise en deux Empires :
L’Empire d’Occident et l’Empire d’Orient.)

- Hier, nous avons pu imaginer les plaines gallo-romaines entièrement
quadrillées par de belles routes bordées de magnifiques champs de blé doré et de prés, où des vaches nonchalantes ruminaient une herbe longue et grasse.
Des troupeaux de moutons bien dodus gravissant, à chaque printemps, les flancs des montagnes, tandis que, sortant de leur écrin de
verdure, les viaducs et les aqueducs dentelaient l’horizon.

Tout cela pour les yeux ! Mais nos oreilles aussi sont là ! Elles nous
racontent le travail des artisans : les forgerons, les tisserands, les
tonneliers et d’autres encore…, les carrières de métaux, de pierres, de sel
résonnant sous les coups.

Toutes ces richesses ne sortaient pas de terre par un simple coup de
baguette magique ! C’était la récompense d’un long travail intelligent
mais très pénible, qu’il fallait protéger !

Deux siècles de paix avaient suffi à la Gaule pour s’installer dans une
civilisation cultivée et raffinée ! Mais, brusquement, tout allait changé !

Comme tout bijou, la Gaule devint très vite un objet de convoitise.

Au cours des siècles, l’Empire romain s’était tellement étendu que les
Romains n’étaient plus capables d’assurer la protection de leurs frontières
contre les attaques incessantes de tribus barbares attirées par les richesses
des provinces romaines.

Mamie s’arrêta pour reprendre le livre de géographie. Elle continua :

- Tout d’abord que signifiait, à cette époque, le mot « barbare » ? C’est un mot grec qui signifiait tout simplement « étranger » et désignait tous ceux qui n’étaient pas grecs ou qui ne vivaient pas avec les lois grecques.

Clara, dit mamie en s’adressant à la fillette, tu apprendras au collège
que la Grèce antique avait été agressée par des « barbares » exactement
comme Rome et la Gaule gallo- romaine le seront.

Lorsque, avant Vercingétorix, les Gaulois attaquaient et pillaient les
provinces romaines, ils étaient, pour les citoyens romains, des barbares
gaulois.
Puis, la Gaule étant devenue une province romaine, les Gaulois, qui
étaient soumis aux lois romaines, n’étaient plus considérés comme des
barbares. Ils étaient des citoyens gallo-romains qui vivaient en paix avec
Rome, la cité-Etat.

Donc, par ce mot, les Grecs, plus tard les Romains, désignaient tous les
étrangers qui ne vivaient pas avec leurs lois et leurs coutumes .

Vous vous représentez un peu la situation ?

Il sembla à mamie qu’Eric voulait lui demander quelque chose, mais n’arrivait pas l’exprimer. Alors, allant au devant de la question que notre petit bonhomme se posait, elle lui dit :

- Oui mon petit Eric, les Romains aussi pourraient être considérés comme
« barbares » par rapport à tous les pays qu’ils ont cruellement soumis.
Est-ce bien ce qui te dérangeait ? continua-t-elle en souriant à
Eric un peu soulagé.

- On dirait qu’on pardonne tout aux Romains parce qu’ils étaient plus
instruits, ajouta Clara, cela aurait dû être le contraire !

- Il ne faut pas oublier que nous essayons de revivre une époque où les
sentiments humains n’existaient pas. Les animaux domestiques avaient
plus de valeur que les esclaves. Le plus fort avait droit de vie ou de
mort sur le faible ! expliquait mamie.

Vous avez vu plusieurs films décrivant la férocité de ce temps ! La
manière de vivre à cette époque, même extrêmement raffinée, n’avait
rien d’humain ; les films « Barrabas », « Spartacus » ou « Le gladiator »,
et beaucoup d’autres, en sont des exemples !

Le mot « barbare » pour notre époque signifie « inhumain ». Ce mot
« inhumain » n’aurait pas été compréhensible pour les hommes de ce
temps-là !

Les enfants flottaient dans les images que mamie essayait de leur faire créer.
Elle les ramena sur terre en leur proposant :

Maintenant, revenons à notre livre de géographie. Nous allons chercher
sur la carte trois grands fleuves : le Rhin, la Vistule et le Danube.

- Pourquoi, mamie, ils ne coulent pas tous en France ! fit remarquer notre Eric.

- C’est parce que nous étudions l’histoire de la France que nous allons voir
comment, des peuplades qui occupaient l’immense territoire qui s’étend
entre ces trois fleuves, vont faire partie de nos ancêtres. Leur langue et
leurs coutumes vont, au cours des siècles, laisser leurs empreintes sur la
culture gallo-romaine.

Pendant que mamie parlait, Clara écoutait tout en cherchant sur la carte.

- Mamie, j’ai trouvé le Rhin ! Regarde Eric, il sort de la Suisse et …Eric,
mets aussi ton doigt sur le Rhin ! Et si on le suit, il nous emmène
jusqu’à la mer du Nord, où il se jette ! expliquait Clara à son petit frère,
en lui pressant légèrement le doigt pour lui faire remonter le fleuve sur la
carte.

Eric se laissait faire, car il admirait sa grande sœur. Mais sa curiosité reprenait le dessus :

- On dirait qu’il est plus grand que n’importe quel fleuve de France, s’exclama Eric. Mamie, il fait combien de kilomètres ?

- Mamie, ne le dis pas, je dois le trouver moi-même ! dit Clara en regardant avec attention le cours du fleuve. Tu vois Eric, c’est écrit ici en très petits caractères ! Qu’est-ce que tu lis ?

- 1320 km, dit fièrement Eric.

- A présent, cherchons la Vistule. Je vais vous aider. Prenons
l’embouchure du Rhin, remontons le long de la côte, vers le nord ,
jusqu’à la mer Baltique. C’est loin, très loin ! dit mamie.

- Nous y sommes, dirent les enfants en montrant l’embouchure du fleuve.

- Bien, à présent, laissons la Vistule nous mener jusqu’au lieu de sa naissance. Elle nous fait traverser une bonne partie du continent européen de haut en bas et s’arrête aux Carpates, fit remarquer mamie.

- Comment ces peuplades faisaient-ils pour venir de si loin ! il n’y avait ni train ni avion ! s’étonnaient les enfants.

- Ils avaient le temps, chose si précieuse de nos jours ! Ils avaient aussi le désir de mieux vivre, puisque cela existait dans les pays du sud ! expliquait mamie.

- Mamie, il s’appelle comment, le troisième fleuve ? demanda Eric qui se voyait déjà explorateur !

- Attends un peu, dit Clara. La longueur de la Vistule est… 1068 km. Il faut vraiment vouloir le lire, les chiffres sont tellement petits ! remarquait Clara, avec raison.

- La Vistule est plus petite que le Rhin, constata Eric. Mamie, le troisième est plus grand que le Rhin ? demanda notre Eric impatient de tout connaître.

- Nous allons découvrir ensemble le Danube, répondit mamie
Cherchez la source du Danube non loin de la source du Rhin, dans la
Forêt Noire… Vous l’avez trouvée. Maintenant, suivez patiemment son
cours ! Vous voyez que nous avons là un fleuve très généreux ! Que de
régions sont arrosées par ses eaux ! faisait admirer mamie.

- Il se jette dans la mer Noire ! Impossible d’oublier le Danube ; il prend sa source dans la Forêt Noire, il se jette dans la mer Noire et heureusement que Johann Strauss a écrit la valse « Le beau Danube bleu » ! s’exclama Clara en riant.

- Tu as tout dit avant moi ! bougonna Eric

- Il nous manque seulement la longueur du Danube, dit mamie. Mes yeux ne voient pas assez bien. A toi de le lire, Eric !

- Mamie ce n’est pas possible ! 2850 km ! Tu t’en rends compte Clara ! 2850 km ! Il est énorme ! répétait Eric, qui n’en revenait pas de sa surprise.

Ouf, on les a tous les trois ! Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait, mamie ? demanda notre infatigable petit bavard, qui ne laissait pas à mamie le temps de souffler un peu.

- Vous voyez cet immense territoire limité au Nord, par les côtes jusqu’à l’embouchure de la Vistule, à l’Est, par la Vistule, au Sud, par le Danube et à l’Ouest, par le Rhin. Sur toute cette étendue vivaient des tribus germaniques. Elles venaient du Nord. Les tribus étaient nombreuses. Elles avaient chacune leur nom et leur chef. Retenons les noms de deux de ces tribus : les Goths et les Francs.
Les Goths s’étaient répandus à l’est, le long du Danube, les Francs, au nord, tout le long du Rhin. Voyons ce qu’ils vont devenir au cours des siècles.

Les Romains avaient envahi toutes ces régions, du Nord au Sud.
Ils n’ont pas pu romaniser les tribus germaniques qui s’y trouvaient.

A partir des années 275 à 280, les historiens romains rapportent régulièrement le nom de « Francs » comme terribles opposants aux Romains.

Il semblerait qu’une peuplade se serait formée dans la lutte contre les Romains, la tribu des Francs. « Franc » signifie dans leur langue : hardi, courageux, libre !

Voyant qu’ils ne pourront pas soumettre ces tribus germaniques, les Romains se retranchèrent de l’autre côté du Danube et du Rhin.

Ne pouvant faire face à toutes les dépenses qu’entraîneraient la
protection de son empire, Rome fortifia seulement ces rives-là
(additionnez la longueur du Rhin à celle du Danube) et organisa leurs
défenses en engageant ses soldats dans les tribus germaniques.

Rome donna aux Goths les terres situées sur l’autre rive du Danube et
donna aux Francs celles situées sur l’autre rive du Rhin ; en échange ,
ces peuples devaient assurer la protection de ses frontières naturelles.

Mais, environ 300 années après la mort de Vercingétorix, d’autres tribus
barbares germaniques réussirent à franchir le Rhin et attaquèrent la
Gaule qui ne put les repousser. Ils pillèrent et saccagèrent le pays,
détruisant tout sur leur passage ! Ils arrivèrent ainsi jusqu’en Espagne.

Le paysage de la Gaule devenait méconnaissable !
Des enceintes furent élevées autour des villes.
Les paysans désertaient les campagnes et erraient, à travers un pays
ravagé, en formant des bandes de brigands affamés.

- Mamie, est-ce que les Francs ont participé à ces effrayantes invasions ? demanda Clara.

- Il y avait deux tribus franques : l’une, les « Francs Saliens », était
installée au nord du Rhin vers l’embouchure, tandis que l’autre occupait
la partie du Rhin qui mène à sa source. Cette deuxième tribu était
nommée par les Romains, « Francs Ripuaires ». Cette tribu y a participé.

Donc, retenons qu’au début du V siècle, la tribu des Francs Saliens
régnait au nord du Rhin. Nous allons suivre son comportement, car son
destin est lié au pays qui va porter son nom, à la France.

Les Romains les considéraient comme des voisins plus supportables que
bien d’autres. Ils les engagèrent dans l’armée romaine pour pacifier la
Gaule, où toutes sortes de barbares continuaient à sévir.

Guerriers fiers de leur liberté, ils étaient audacieux, courageux, mais
incultes et illettrés. Et ils le restèrent ! Les Francs Saliens furent très
longtemps fidèles à leur engagement envers Rome. Leurs chefs
occupaient même des postes très importants dans l’armée romaine.

Peu à peu, les tribus franques, que l’on décrivait comme des tribus de
guerriers-cultivateurs, repeuplèrent les campagnes dévastées. Ils
s’installaient, sans agression, dans le nord de la Gaule et descendaient
peu à peu vers la Loire. Habiles, ils s’entendaient assez bien avec la
population gallo-romaine.

Leurs chefs étaient à la fois rois sur leur territoire, au nord du Rhin, et
aussi de remarquables militaires à des postes responsables dans l’armée
romaine.
La ville de Tournai était leur capitale.

La Gaule réussit à se redresser, mais elle n’était déjà plus la même.

Le mélange à la culture franque avait commencé.

La Gaule gallo-romaine, qui avait atteint un si haut niveau de
civilisation, se « barbarisait », car les Francs vivaient en Gaule sans se
soumettre aux lois romaines : ils gardaient leurs coutumes.

Mamie racontait et les enfants cherchaient sur la carte la ville de Tournai et la progression des tribus franques à l’intérieur de la Gaule.

Ils commençaient à s’apitoyer sur le sort de la pauvre Gaule, lorsque papy apparut portant un plateau. Il avait préparé une citronnade bien fraîche qui fut accueillie par des exclamations de joie.

- Clara a dû avoir appris tout cela. J’espère que tu comprends aussi, Eric, dit papy.

- Moi aussi j’ai appris tout cela, mais je n’avais pas imaginé l’état de la pauvre Gaule. Là, il me semble que je vis dans ce temps-là ! C’est sûr,
je n’oublierai jamais cette histoire, surtout qu’elle est vraie ! répondit
Eric en parlant comme un grand.

Ils dégustaient lentement leur citronnade. Eric réfléchissait

- Mais je préfère vivre dans notre siècle, pas vrai Clara ? déclara-t-il enfin

- Moi aussi ! répondit Clara en riant. Puis elle demanda à mamie :

- Mamie, tu ne nous as rien dit sur les Goths, que sont-ils devenus ?

- J’y arrive , Clara, j’y arrive !
Pendant que les Francs Saliens s’installaient au nord de la Gaule en
conservant leurs coutumes, les Goths, qui occupaient les terres au nord-
ouest de la mer Noire, se civilisaient.

Ils avaient accepté le christianisme et possédaient leur propre écriture.

Malgré leur épanouissement, les Goths restaient des guerriers avant tout.

Mais, pour eux aussi, tout allait changer !

Car l’horizon grondait, perdu dans les flammes noirâtres des villages
incendiés, secoué par le galop des chevaux des hordes sauvages,
qui semaient sur leur passage lamentations et cris de désespoir !

Les Huns arrivaient de l’Est tel un ouragan !

Au début du V siècle, les tribus nomades des Huns se déplaçaient vers
l’Ouest, cherchant de nouveaux pays à piller.

Ces nomades étaient de féroces guerriers : entraînés dès leur enfance
aux pires combats, leur cruauté était déjà légendaire..

Ils ne connaissaient pas la pitié. Cavaliers inégalables, ils semaient la
terreur partout sur leur passage.

Leur chef, Attila, disait lui-même que là où son cheval était passé
l’herbe ne pouvait plus repousser.

Effrayées par l’approche des Huns, différentes tribus germaniques,
parmi lesquelles les Vandales et les Burgondes, violèrent les frontières
du Rhin moyen, et traversèrent la Gaule, pillant et saccageant tout sur
leur passage. Pendant plusieurs années !

Les Burgondes s’installèrent à peu près là où se trouve la belle
Bourgogne actuelle. Quant aux Vandales, ils descendirent jusqu’à
l’Espagne, d’où ils furent repoussés en Afrique du Nord. (Le nom
Andalousie viendrait du mot vandale )

Mamie attendit que les enfants trouvent les endroits cités sur la carte. Puis elle continua :

- A la même époque, les Goths se divisaient en deux peuples, les
Ostrogoths et les Wisigoths. Ces noms signifiaient en germain : Goth
de l’Est et Goth de l’Ouest. Les Wisigoths, Goths de l’Ouest, se ruèrent
sur l’Italie, la traversèrent pillant tout sur leur passage.
Puis ils arrivèrent jusqu’au sud de la Gaule, dans la région de
l’Aquitaine.

Avec l’accord de Rome, ils s’y installèrent, mais n’avaient pas le
droit de franchir la Loire.

Ils eurent même des rois instruits et très puissants.

- Mamie, et Rome ? Elle ne pouvait rien faire ? s’exclama Eric très inquiet.

- Dans un premier temps, elle essaya de réorganiser sa manière de
diriger son immense empire, qu’un seul chef ne pouvait plus gouverner.
Cela donna naissance à l’Empire romain d’Occident, dont le territoire de
la France faisait partie, et l’Empire romain d’Orient.
Elle partagea le pouvoir entre plusieurs chefs, qui malheureusement
n’étaient pas toujours d’accord, et pire encore, se jalousaient !

- Un peu comme les chefs gaulois au temps de Vercingétorix, fit remarquer
tristement Clara.

- Hélas , oui ! Les Huns approchaient de la Gaule ! En 451 ils franchirent le Rhin, pillant, incendiant et anéantissant les villes sur leur passage. Ils arrivèrent à Orléans et assiégèrent la ville.

Le dernier gouverneur romain de la Gaule se nommait Aetius. Il
rassembla ce qui restait des armées romaines et gauloises pour faire face
aux Huns.

Les barbares qui occupaient la Gaule s’unirent à lui.

Heureusement, la puissante armée du roi des Wisigoths, Théodoric, vint
à leur secours.

Attila fut battu et dut quitter la Gaule. Il se retrancha sur l’Italie qu’il
saccagea. A la prière du pape Léon I, il épargna Rome.

Après la mort d’Attila, en 453, l’empire des Huns disparut.

Peu de temps après, Aetius fut assassiné. La Gaule, n’ayant plus de chef
romain, se trouva entre les mains de différentes tribus germaniques !

En 457, profitant des tourmentes qui secouaient la Gaule, les Wisigoths
voulurent franchir la Loire pour étendre leur puissance.
Ils furent repoussés, ainsi que les Saxons qui remontaient le fleuve, par le
roi Franc Salien, Childéric I, important chef militaire dans l’armée
romaine. Il était toujours resté fidèle à Rome. Il fut roi des Francs saliens
de 457 à 481.

- Mamie, comment peut-on être sûr que Childéric était le roi des Francs ?
demanda Clara.

Ecoutez bien l’histoire incroyable, mais vraie, que je vais vous raconter !

En 1653, le tombeau du roi Childéric fut découvert, tout à fait par hasard,
dans la ville de Tournai.

Le roi était vêtu d’une cuirasse et d’un manteau constellé d’abeilles d’or.

Il portait au doigt un anneau gravé à son nom !

Autour de lui, s’amoncelaient des objets d’orfèvrerie, des armes, des
pièces d’or de différents empires d’Orient.

Ce trésor fut offert au roi de France, Louis XIV, en 1665.

Mais ce qui est, pour ainsi dire, presque miraculeux, c’est que Childéric I
était le fils de Mérovée et le père de Clovis !

- Mamie, on dirait que nous arrivons au premier étage de la maison de
l’histoire de France ! s’exclama Clara.

- Nous y sommes presque, mais nous n’avons pas encore le droit d’y pénétrer, dit mamie d’un petit air mystérieux.

- Et pourquoi ? s’étonnèrent les enfants.

- Mais parce que, depuis la mort du gouverneur romain, la Gaule se trouvait partagée entre différentes tribus germaniques : celle des Wisigoths, des Burgondes, des Francs Ripuaires, des Francs Saliens et le domaine du romain Syagrius.

Devenir le seul chef de toutes ces tribus ! Voilà la tâche que Clovis se donna, car il était habile et audacieux.

Il faut savoir que Clovis occupait, comme son père, un poste très élevé
dans l’armée de la Gaule romaine.

N’oublions pas que Clovis, à la mort de son père en 481 , était devenu
roi des Francs Saliens. Sa capitale était Tournai.

Voyons sur la carte les territoires de ces tribus.

Clovis avait le plus petit royaume !

Celui des Wisigoths était immense, celui des Burgondes était important aussi ! Regardez celui du Romain Syagrius, comme il est bien placé ! Et à l’Est, celui des Francs Ripuaires !

Clovis va d’abord s’attaquer au royaume de Syagrius : victoire à Soisson, en 486.

Puis au royaume des Francs Ripuaires : victoire à Tolbiac, vers 495.

Il soumettra le roi des Burgondes par ruse.

Et enfin, en 507, il repoussera les Wisigoths jusqu’en Espagne, après avoir tué leur roi Alaric II. Victoire à Vouillé.

En 457, le père de Clovis, Childéric I, exécutant les ordres de Rome, repoussait les Wisigoths.

Cinquante ans plus tard, en 507, Clovis, son fils, repousse aussi les Wisigoths, mais garde pour lui seul les territoires conquis.

L’invasion romaine, puis celles des barbares faisaient dorénavant partie du passé de la Gaule. Cinq siècles d’histoire s’étaient écoulés !

Vercingétorix, le Celte, s’était sacrifié pour la liberté de la Gaule.

Cinq siècles plus tard, Clovis, le Franc, profitant de la situation, réussit à imposer à Rome l’indépendance de la Gaule !

Par la force et par la ruse il avait atteint le but qu’il s’était fixé !

La Gaule unifiée était devenue franque, mais libre !
Paris devint sa capitale !

Clovis n’avait que 42 ans !

A l’âge de 28 ans, il avait épousé Clotilde, princesse Burgonde de religion catholique.
Il se convertit à la religion de sa femme pour avoir le soutien de l’église catholique de Rome.

A Reims, l’évêque Saint Rémi le baptisa, lui et 3000 de ses guerriers. C’était à peu près en 496. Clovis avait 31 ans !
Né en 465, il mourut en 511.

Avec le soutien de l’église catholique de Rome, il fonda la première
monarchie chrétienne
de la France.

A présent, nous pouvons ouvrir la porte du premier étage de la
maison de l’histoire de la France, où la dynastie mérovingienne s’est
audacieusement installée !

- Ouf, mamie, la Gaule va pouvoir vivre en paix ! se réjouit Eric.

- Pas si sûr, lui dit Clara.

- Nous verrons cela demain, si vous le voulez, répondit mamie en se
levant, pour le moment, allez vous dégourdir les jambes au jardin avec
Tchouki !

Mamie se sentait un peu fatiguée, mais ses petits-enfants lui apportaient tant de bonheur ! Elle les regarda s’éloigner en criant des « merci mamie » qui lui apportèrent des forces toutes fraîches pour préparer le dîner.

Au jardin, arrivé près de papy qui redressait une haie alourdie par son feuillage, Eric lança :

- Papy, connais-tu les locataires de la Maison de l’Histoire de la France ?

- Non mon garçon, mais je sens que je ne vais pas tarder à le savoir, répondit papy en riant.

- Clara, tu l’expliqueras mieux que moi, dit Eric à sa grande sœur.

Alors, très sérieusement, Clara prit la parole en prenant le ton de mamie.

- Au premier sous-sol, nous avons placé les Celtes que nous appellerons les Gaulois.

Au rez-de-chaussée, nous avons mis les Gallo-Romains.

Au premier étage, nous avons installé la famille des Mérovingiens, avec
Clovis, premier roi chrétien de la Gaule franque.

- Un sacré bonhomme, celui-là, dit papy en clignant de l’œil.

Les enfants éclatèrent de rire et se retrouvèrent dans le monde de l’enfance encore plein d’insouciance !

 

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