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Les historiettes d'une mamie pas comme les autres
« La fête de l’Alphabet » est un petit ouvrage
qui a été conçu par Alice Varvarian pour ses petits élèves,
lorsqu’elle enseignait à l’école n° 119 d’Erévan.
Ecrite en 1966 et dernièrement adaptée pour les petits francophones
de l’espace Internet, cette fête de l’Alphabet est une agréable
révision des règles de lecture.
Mamie et la fête de l’Alphabet.
Eric et Clara étaient fiers de leur mamie, car elle était aussi
la mamie de beaucoup d’autres enfants.
Dans son petit village, mamie était très active. Elle faisait
du bénévolat pour les élèves de l’école
primaire. Ainsi avait-elle imaginé une fête de fin d’année
tout à fait originale : elle avait écrit une « Fête
de l’Alphabet » pour les élèves du cours élémentaire
première année. Cette fête se composait de jolies récitations
et de petites pièces de théâtre.
Au début de l’année scolaire, elle l’avait proposée
à la maîtresse, qui l’avait
acceptée avec enthousiasme, car cet ouvrage était un véritable
outil pour
enseigner agréablement la lecture.
Dans le courant de l’année, les élèves avaient appris
les petites récitations qui
s’égrenaient çà et là dans l’ouvrage.
Les récitations sont indispensables, car grâce à elles,
les enfants peuvent
enregistrer, dans leur mémoire, l’accent tonique et le rythme de
la langue
française, qu’il nous faut transmettre.
Les petites pièces à jouer ont été étudiées
en classe, puisqu’elles étaient
destinées à faire réviser, d’une manière agréable,
les leçons passées.
Les répétitions de la fête se sont déroulées
avec l’aide des mamies et des papys
bénévoles du village.
Pendant les vacances de printemps, Eric , Clara et les élèves
du CM1 et du
CM2 se sont organisés avec les grands-parents pour créer et réaliser
les
costumes et les décors.
Tous les élèves de la classe, sans exception, avaient un petit
rôle à exécuter,
Aussi avait-on tenu les parents à l’écart des préparatifs,
pour leur faire une
véritable surprise.
Mais, puisque nos lecteurs n’ont pas à attendre la fin de l’année,
je leur livre
la « Fête de l’Alphabet. » écrite par mamie.
L’ALPHABET
L’alphabet est le seul outil
Qui ouvre les portes de la vie.
Dans notre tête il est entré
Et pour toujours y est gravé.
Il sera partout avec nous,
Lui, le plus précieux des bijoux !
Et ce n’est pas l’ordinateur
Et sa souris qui lui font peur !
Ils vont s’entendre, seront copains,
Feront ensemble bien du chemin !
A
Je suis la lettre A
Première de l’alphabet
En grec A c’est alpha
Comme le mot ALPHABET
B
La lettre B c’est moi
Deuxième de l’alphabet,
En grec je m’appelle BETA
C’est pourquoi ALPHABET
La lettre C
La lettre C entre , mais une autre lettre C
arrive en courant :
1er C - Je suis la lettre C
2è C - (En poussant le 1er C pour lui prendre sa place).
- Ce n’est pas toi, c’est moi !
C1 – ( Revient à l’avant)
C’est moi la lettre C
C comme COCORICO
C2 – Comment peux-tu tromper
Tous ces gentils enfants !
C’est moi la lettre C,
Et c’est moi seulement !
C comme cerise , Lucie
C1 – Cessons notre dispute
Et serrons-nous la main.
Nous avons le même but
Enseigner, c’est certain.
( Ensemble)
La lettre C a 2 sons :
( K) comme COCORICO
Mais …
Dès que nous sommes
suivis
Par un « E »,
par un « I »,
Par un « Y »
aussi
Alors « SE »
on nous lit. (Ils marchent suivis de ces voyelles)
CERISE, CITRON, CYGNE.
(Ils se préparent à partir, quand, tout à coup…)
C2 à C1- Tiens, mais qu’as-tu dans le dos ?
C1 - Dans le dos ?
C2 – Oui, on dirait un crochet !
C1 – (embarrassé)
C’est que dans certains mots
Une cédille on me met,
Alors on me lit « SE »
Comme dans le mot « garçon »
C2 au public :
- Mes amis quelle leçon !
La lettre D
comme dans le mot dindon
Le dindon
Il glougloute et se pavane
Rougissant son long jabot
Ecoutez comme il ricane,
C’est qu’il se croit vraiment beau !
Gonfle ses plumes ! Ouvre sa queue !
Dindon ! Tu n’es qu’un orgueilleux !
La lettre E
(La lettre E arrive, très prétentieuse et maniérée)
- Je suis la lettre E (une petite révérence)
Je suis la grande coquette
De l’alphabet français,
Et me fais une fête
De changer mes bonnets.
( Il lui faut trois bonnets, avec les différents accents, dans un
petit panier. Elle pose, l’un après l’autre , les bonnets
sur sa tête).
- Ici, je suis un « è ». (bonnet e
accent grave)
Avec ça, je suis « é » (bonnet e
accent aigu)
Ceci est « ê » encore (bonnet e
accent circonflexe)
Elle jette au fur et à mesure les bonnets. Ces bonnets sont aussitôt
ramassés par deux consonnes qui la suivaient. Elle continue en montrant
les consonnes avec dédain :
- Et devant 2 consonnes
« è » encore je résonne .
Je suis très demandée,
Qui peut donc m’égaler !
L’une des deux consonnes :
-
Mais ce n’est pas joli
De
se vanter ainsi.
L’autre consonne
-Tu fais pas tant la fière
En fin de mot, ma chère
Car là-bas, tu l’oublies,
E muet, on te dit !
Elles lui remettent le panier de bonnets et s’en vont.
Elle, se retire très dignement.
La lettre F
Je suis la lettre F
Et j’ai bien de la chance,
Je commence le mot France !
France, aimable pays,
Du monde entier chérie,
Tu es belle, majestueuse,
Modeste et généreuse.
Pays où le sourire
A régné malgré tout,
Si l’Europe est navire,
Vaillante, tu es sa proue !
La lettre G
- Je suis la lettre G
Une autre lettre G arrive en courant :
- Attends-moi, je suis aussi la lettre G !
- Nous n’allons pas nous quereller
Comme l’ont fait les lettres C.
- Non, mais en gardant le sourire,
Expliquons-leur comment nous lire.
( Ensemble)
La lettre G c’est le son « gue »
comme dans le mot « gaieté »
Mais,
Dès que nous sommes suivis
Par un E ou par un I
Par un Y aussi,
Alors c’est « JE » qu’ on nous lit. (Elles marchent
suivies de ces voyelles).
GENOU, GIRAFE, GYM
La lettre H
Je suis le H. Je suis là.
Les élèves ne m’aiment pas.
Dans les dictées je surgis,
Les surprends sans aucun bruit.
Mais je suis bien malheureux,
Malheureux d’être silencieux.
Aspiré ou bien muet,
Je suis un H secret.
( Il part tristement, quand accourent le P et
le C ) .
- Allons, allons ne pleure pas,
Tu n’es pas seul, nous sommes là !
Avec moi on te lit PHE,
Avec moi on te lit CHE
Vois, la photo d’un cheval !
La lettre I
On le voit aussitôt,
A mon point tout là-haut.
Je suis la lettre I.
C’est souvent que l’on dit :
« Il est droit comme un I ».
Suis-je donc le seul ainsi ?
Le T, le L sont droits aussi !
Mais ils n’ont pas là-haut
Le-point- qui-rend-si-beau .
Il commence à s’éloigner, quand apparaît la lettre
J
- Je me sauve.
La lettre J
Voilà je suis le J.
J’ai un point moi aussi.
Je ne suis pas très droit,
Comme le « I » je crois.
Avec ma boucle en bas
Et mon point tout là-haut,
Je suis très bien comme ça,
Et me trouve assez beau !
La lettre K
Pour cette lettre ce sera une devinette :
Son bébé au balcon,
Il se déplace par bonds.
Emblème d’un pays,
Qui se nomme Australie.
Vous avez devinez, K comme Kangourou.
La lettre L
Comme dans le mot LUNE.
Dans la lune ? j’y suis souvent, moi,
Et on me gronde à chaque fois !
Quand à la télévision,
Ce sont les grands qui y vont,
Tout le monde s’exclame aussitôt :
« Vraiment ce sont des héros ! ».
Pourquoi pas moi ?
Pourquoi pas moi ?
(Il s’éloigne en se grattant la tête.)
La lettre M
M comme
MAMAN
Est-il un mot plus tendre,
Plus doux à prononcer,
Et plus doux à entendre,
A chérir, à aimer ?
C’est bien le premier mot
Que l’on a gazouillé !
N’est-il pas le seul mot
Qu’on ne peut oublier ?
La lettre N
Prenons le mot NEZ.
Le nez
Le nez de Pinocchio !
Le nez de Cyrano !
Le nez de Cléopâtre !
Mais quelle drôle d’idée
De se faire reconnaître
Par le bout de son nez !
Le mien plutôt menu
Restera inconnu.
La lettre O
comme OREILLE
Oreilles avec des boucles,
Boucles d’oreilles en or,
Or, des oreilles avec boucles
C’est plus jolies encore !
La lettre P
La lettre P est là,
Deux dans le mot PAPA
PAPA
Le rêve de tout enfant,
C’est d’avoir plus souvent
Un père tel un grand frère,
Dont il serait si fier !
Parfois faible, parfois dur,
Mais plein d’amour c’est sûr,
Papa est comme maman :
Il adore ses enfants !
La lettre R
commence le mot répétition.
La répétition.
Sais-tu que la répétition
Est le secret de la mémoire ?
Ecoute-moi, tu vas savoir.
En classe, pendant la leçon,
Suis du maître l’explication.
Et de une…
Fais tes devoirs à la maison.
Et de deux…
Mon secret arrive, attention !
Pendant toute l’interrogation,
Tu répéteras autant de fois
Qu’un des élèves répondra.
Et c’est ainsi , sans le savoir,
Tu te feras une bonne mémoire !
La lettre R
commence le mot ruisseau.
Le ruisseau coule doucement,
Son eau murmure en chantonnant,
Le ciel est bleu,
Tout est joyeux.
Le ruisseau coule rapidement,
Son eau court en s’affolant,
Le ciel est gris,
Tombe la pluie.
La lettre S
comme serin
Petit serin, oiseau si frêle,
Dans ta belle cage, emprisonné,
Tu n’as jamais ouvert tes ailes,
Pourtant tu chantes la liberté.
Ta voix remplaçant tes ailes,
Par roulades arrive aux cieux
Et gentiment nous émerveille !
Petit serin, es-tu heureux ?
Avez-vous remarqué ?
Coincé entre deux voyelles,
J’ai le « s » qui zézaye !
Comme l’oi-s-eau empri-s-onné,
Je ne peux pas m’envoler.
N’oubliez pas quand et où,
Le « s » se lit « ze »,
tout doux !
La lettre V
comme voile.
Attention, il y a deux mots « voile » : le
voile et la voile.
La voile est beaucoup plus gaie,
Le voile est plus tristounet.
Voyons plutôt ensemble pour «la» voile. Puis s’adressant
au public :
- Vous allez crier en même temps que moi : « à voile »
Une planche à voile
Un bateau à voile
Et un char à voile
Sentez-vous la liberté ?
Des élèves crient :
- Et le vent, t’y a pensé ?
- Non, mais tout de même,
Mes larmes me font UN voile,
Lorsque je suis malheureux !
La religieuse prend LE voile,
Pour cacher ses beaux cheveux !
Mais… LE VOILE de la mariée
C’est un long rêve réalisé !
Et il n’y a rien de plus beau !...
J’ai été nul et j’ai tout faux.
Les lettres X, Y, Z
(Le x, l’y et le z arrivent en courant, essoufflés)
X – On nous appelle de tous côtés,
Nous ne savons plus où aller !
Y – Calcul, lecture ou dictée,
Pas même le temps de souffler !
Z – Impossible de rester,
On nous attend en 6ème B
( Ils veulent partir. Mais arrive la lettre U)
La lettre U
Où courez-vous donc ainsi ?
Tous les élèves sont ici !
C’est la fête de l’alphabet,
Ecoutez-moi, s’il vous plaît !
« U » souvent n’est plus une lettre,
Il représente un certain nom.
Vous l’avez deviné peut-être,
« U » signifie UNION ;
Les lettres, toutes seules, qu’est-ce que c’est
?
Un peu de noir sur du blanc,
Mais quel miracle en s’unissant,
Elles vivent, elles parlent, écoutons-les !
M E R C I A N O S M A I T R E S !
M E R C I A TOUS !
Le temps court si vite ! Et nous voilà arrivés à la de
la fête de l’Alphabet !
Les enfants ont rempli leurs petits rôles avec la spontanéité
qui est le secret de leur charme.
Applaudissements, émotions parmi les parents et les enseignants et, et…parmi
les mamies et les papys aussi.
Tous les enfants ont pu montrer le résultat d’une année
d’efforts !
Les parents étaient heureux ! Leurs petits avaient acquis, grâce
au travail dévoué des enseignants, la première des libertés
: lire et écrire !
Les moments d’émotion passés, la directrice de l’école
monta sur la scène et décrivit, entre autres, toute la participation
des grands-parents à la préparation de la fête de l’Alphabet.
Une salve d’applaudissements inonda de joie et de fierté toute
cette génération de femmes et d’hommes qui se sentaient,
même à un âge avancé, responsables de transmettre
leur savoir...
Clara et Eric étaient fiers de leur mamie et ils le lui dirent par un
tendre et long baiser !
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