16/05/2008 - 21:06  
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Economie

  Papy et le foot, Eric et son rêve

  Les historiettes d'une mamie pas comme les autres

Eric et son grand-père étaient au potager en train de tuteurer des plants de tomates. Ils travaillaient et discutaient allègrement.

- Papy, aimais-tu le football, quand tu avais mon âge ? lui demandait Eric.

- Si j’aimais le foot ? Bien sûr que je l’aimais ! Seulement, d’une autre manière : de notre temps, pas de télé, pas de poster, pas de T-shirt, pas de ballon avec des signatures dessus, etc etc…répondit papy en se redressant pour mieux voir son petit-fils.

- Ce n’était pas très gai ! Mais comment faisais-tu pour tout connaître sur tes joueurs préférés, sur tes idoles ? s’étonna Eric.

- Tu sais, le mot « fan » n’existait pas, mais nous étions aussi
enthousiastes que vous l’êtes ! Ecoute bien, et essaie d’imaginer ce que
je vais te raconter, dit papy en reprenant son travail.

Il rectifia le tuteur et, y attachant le pied de tomate, il commença son récit :

- Chaque matin, mon papa achetait le journal qu’il lisait le soir en se reposant. Il
arrivait aussi que ce soit maman qui le lui lise à haute voix, pendant son déjeuner,
car il avait à peine le temps de prendre son repas. Mais moi, dans ce temps-là, je ne
voyais ni la fatigue de papa, ni la gentillesse de maman, je n’avais d’yeux que pour
le journal. Assis face à papa ou maman j’attendais que les pages tournent jusqu’à
me montrer celle du sport, du foot ! Alors j’étais heureux de voir, de loin, la photo
qui avait été prise la veille pendant le match.

Le lendemain, avec la permission de maman, je découpais dans le journal toutes
les parties qui m’intéressaient. D’ailleurs maman me les mettait de côté, avant
d’utiliser les autres pages.

Et c’est ainsi que j’ai formé la collection de photos de mes joueurs
préférés. !

- Tu l’as gardée ? dit Eric en lui passant un morceau de raphia.

- Bien sûr que je l’ai gardée ! s’exclama papy.

- Tu me la montreras ? demanda Eric dont la curiosité commençait à s’aiguiser.

- J’en serais fier, mon garçon. Quand j’y pense maintenant, quelle patience il m’a fallu pour la réaliser ! dit papy en hochant la tête ?

- Alors papy, tu faisais ta collection de photos de journal comme moi je fais la mienne avec mes posters, mes vidéos et mes DVD ! remarqua Eric.

Papy continuait :

- Tu l’as dit, mon garçon ! Et puis, un beau jour, le grand événement ! Papa nous a
acheté une T. S. F., une radio comme on dit à présent. Dans ce temps-là, c’était un
véritable miracle.

Des journalistes nous transmettaient toutes sortes de nouvelles : le théâtre, les
concerts, le sport et entre autres le football. Ils nous décrivaient le déroulement
des matches avec tant d’émotion qu’il nous semblait être assis dans le stade avec
les spectateurs.
C’était la télé de notre temps ! Chacun faisait son film dans sa tête et on
arrivait même à se disputer entre copains sur le jeu des joueurs sans
les avoir vu jouer !

Impatient d’en savoir davantage sur son papy, Eric continuait son interrogatoire :

- Papy, est-ce que tu jouais beaucoup ?

- Oui, pas mal, à l’école. Comme je mangeais à la cantine, j’avais tous les jours une heure de libre jusqu’à la reprise des cours de l’après midi. Quand on y pense, ça me faisait une heure d’entraînement par jour, répondit papy avec contentement.

- T’en avais de la chance ! murmura Eric avec une petite pointe d’envie.

- Oh, j’avais aussi mes petits problèmes, signala papy.

- Toi aussi ? s’étonna Eric avec un ton qui semblait dire : « Alors, papy aussi en avait… ».

Puis il insista pour connaître les petits malheurs de son grand-père.

Les explications arrivèrent, pour le moins, inattendues !

- Tu sais que je suis gaucher, lui fit rappeler papy.

- Oui, papa aussi et moi aussi, répliqua Eric.

- Alors, au foot, je frappais toujours du pied gauche, expliquait papy.

- Moi je frappe des deux, c’est papa qui me l’a appris, s’enorgueillit notre petit bonhomme.

- Oh moi, je n’ai pas eu le courage de m’entraîner des deux pieds. J’étais tellement fier d’être gaucher, dit papy souriant à ses souvenirs d’enfance.

- Et alors papy, je ne vois pas où est le problème, s’étonnait son petit-fils.

- Tu ne peux pas comprendre, toi qui n’a vu que ces solides baskets ! Comme je frappais toujours du pied gauche, je n’usais que la chaussure gauche ! Ma pauvre maman ne savait plus où donner de la tête. Elle ne cessait de répéter qu’on aurait dû vendre les chaussures à la pièce et non pas à la paire : ainsi elle aurait pu m’acheter seulement la chaussure gauche, la droite restant encore en bon état !

- Mais papy, ta chaussure s’usait comment ? demanda l’enfant qui n’avait jamais vécu cette situation.

- Oh, c’était la semelle qui se détachait, seulement par devant. Alors je l’attachais avec un bout de ficelle (j’en avais toujours dans mes poches.) et je continuais à jouer. Si je n’arrivais plus à courir assez vite, alors je passais gardien de but.

- Oh, papy, tu devais être un sacré joueur ! dit Eric en se relevant pour admirer son grand-père.

- Je me défendais pas mal, mon garçon. Mais le soir, à la maison, on n’avait pas besoin d’être sorcier pour savoir que j’avais joué au foot. Suffisait de regarder mon pied gauche : ma chaussure riait aux éclats !

- Pauvre papy ! s’apitoya Eric.

- Mais non, mon garçon, je n’étais pas malheureux, car mes parents étaient braves et renouvelaient mes chaussures à chaque fois qu’il le fallait, dit papy en jetant un regard au ciel comme pour les remercier.

Eric était pensif, un peu mal à l’aise. Il finit par demander :

- Papy, et à l’école… ? Tes devoirs… ?

- Je faisais de mon mieux, j’essayais de me tenir parmi les trois premiers de la classe. C’était ma manière à moi de faire plaisir à mes parents, expliqua papy ému de faire remonter ces lointains souvenirs.

- Je vois, je vois, dit tristement Eric.

- Pourquoi ? ça ne marche pas fort à l’école ? Bats-toi mon garçon, tu y arriveras, c’est plus facile que le foot, crois-moi ! dit papy d’une voix rassurante.

- Papy, je crois que je suis paresseux. Maintenant que je me compare à toi, quand tu avais mon âge, dit Eric.

Eric s’était relevé et découpait rapidement des morceaux de raphia pour cacher son embarras.

Le vieil homme se redressa et, lui remontant le menton, lui dit d’une voix ferme et rassurante :

- Voyons, mon garçon ! Tu es beaucoup trop sévère envers toi. Je ne crois pas que cela soit de la paresse, non, non !

- Alors, c’est quoi papy ? Ce doit être si agréable d’être un bon élève ! s’exclama Eric plein de confiance.

- Attends, ce n’est pas facile à expliquer, mais je vais essayer de le faire, dit papy en arrangeant sa casquette

Puis, un peu indécis, il reprit la parole :

- Je te préviens, cela ne sera pas toujours agréable à entendre !
Par exemple veux-tu savoir ce que je pense de ta chambre ?

- Oui papy. Je sais que tu m’aimes tellement qu’il est impossible que tu veuilles me faire de la peine, s’empressa de répondre l’écolier d’aujourd’hui.

- Une chambre est faite de quatre murs n’est-ce pas ? Et bien dans la tienne, chaque
mur est presque totalement caché sous tes posters ! Et que représentent-ils ? Des
joueurs de foot ! Tes petites étagères et ton bureau sont constamment
encombrés de petites figurines représentant, évidemment, des joueurs de foot !
Dans chaque coin, des ballons foot ! Avec des signatures, il est vrai…

Arrivé aux « signatures », papy avoua à son petit fils, qu’il aurait bien voulu en avoir dans sa collection… Mais très vite, il reprit :

- Ne parlons pas de ta moquette verte qui me rappelle un terrain de foot et de
ton armoire qui ressemble plutôt à un placard de salle de gym. !

Eric était fort surpris, il ne comprenait vraiment pas ! Si son papy voyait les chambres de ses copains, il se dirait que son petit-fils est vraiment raisonnable !

- Et alors, papy, toi qui aimes tant le foot, tu ne trouves pas ça super ! s’écria-t-il.

- Super pour un musée spécialisé en foot, mais pas pour une chambre
d’écolier !
Comment veux-tu penser à autre chose qu’au foot, puisque, dès que tu lèves la tête, tu ne vois que ça ! Impossible de te concentrer sur tes devoirs ! Alors, comment peux-tu devenir un bon élève, lui démontrait papy.

Puis, il ajouta convaincu :

- Si tu veux savoir, je préfère ma collection de photos découpées !

Et, avec un petit clin d’œil malicieux, il continua :

Attends, ce n’est pas fini ! La pilule que je vais t’offrir ne sera pas facile à avaler !

- Vas-y papy, je tiendrai le coup, répondit l’enfant légèrement déstabilisé.

- Tes posters, c’est comme tes T-shirts, ce sont des attrape-nigauds ! déclara le grand-père.

- Des attrape-nigauds ? Peux-tu me donner un exemple ? dit Eric de plus en plus troublé.

Oh, j’en ai un, et tout près de moi ! dit papy en riant gentiment.

- C’est quoi papy ? Où ça ? s’impatientait Eric.

- Sur toi, mon garçon, sur toi ! Tu es un véritable homme-sandwich ! répondit papy imperturbable.

- C’est quoi un homme-sandwich ? demanda Eric qui n’arrivait plus à
suivre.

- Un homme-sandwich était quelqu’un qui était payé, je dis bien « payé », pour marcher, dans les rues très fréquentées, avec deux énormes panneaux publicitaires accrochés autour de son cou : un panneau de publicité sur la poitrine et un autre sur le dos.

Le pauvre homme ressemblait à une tranche de jambon entre deux
tranches de pain ! D’où le mot : homme-sandwich !

On ne voyait de lui que la tête, les bras et les jambes !

Un peu comme toi avec tes T-shirts ! Avec tous ces motifs sur ta
poitrine et sur ton dos, tu fais de la publicité, sans le savoir, sans le
vouloir et, en plus, gratuitement ! Pire encore, tu paies pour te promener
avec !

L’idée des fabricants est géniale, mais malheureusement, la liste des
attrape-nigauds et de leurs conséquences n’a pas de fin…

Regarde-toi, Eric ! Des pieds à la tête… Dur, dur, mon ami, hein ! fit
remarquer papy sans aucune indulgence, ta chambre ne suffit pas, il faut
aussi que tu trimbales tout avec toi, là où tu vas !

Puis il lui demanda en souriant :

- Alors, qu’est-ce que tu en dis ? J’espère que tu as compris que la paresse n’a pas grand chose à voir avec tes mauvaises notes !

- Je dis que je crois comprendre, répondit gravement notre écolier.

- Peux-tu m’expliquer ce que tu as compris ? demanda papy, curieux de savoir s’il avait atteint son but.

- Voilà. En classe, il m’arrive souvent de ne plus écouter les explications de la maîtresse.
La dernière fois, c’était lorsque j’ai remarqué les nouvelles baskets de mon copain.
Elles étaient de ma marque préférée. Alors, je me suis mis à penser comment
persuader maman de m’en acheter une paire.
Je ne suivais plus la leçon ! J’avais même oublié que j’étais en classe !

Le soir, au moment de faire mes devoirs, je me suis aperçu que je n’y comprenais
rien.
Heureusement que Clara est toujours là ! Elle m’explique patiemment.
Alors, j’ai honte et pour le cacher, je me fais un peu méchant. Est-ce que j’ai bien
compris ?

- Oui mon garçon. Tu vois que ce n’est pas de la paresse, mais une chose beaucoup plus difficile à combattre, pour les enfants d’aujourd’hui !
Cette chose, ce sont les pièges des publicités cachées dans presque tout ce qui nous touche.

- D’accord papy, mais comment faire ? commençait à s’inquiéter Eric.

- Très simple ! Tu prends l’habitude de ne demander à tes parents que le nécessaire. Ainsi mon garçon, tu feras bien des heureux sans le savoir !

- Et comment ? s’étonna Eric.

- En nous facilitant la tâche au moment de te choisir un cadeau ! Au moins nous saurons ce que tu rêves d’avoir !

Puis il continua, comme pour atténuer les piqûres d’amour-propre endurées par son petit-fils :

- Tu ne sens pas des odeurs de pommes de terre sautées au beurre ? Je
suis sûr que nous aurons une belle omelette au jambon avec !

- Papy, quand tu étais petit, tu n’avais pas de T-shirt, n’est-ce pas ? demanda Eric.

- Non mon garçon, c’était des tricots de corps… répondit papy légèrement troublé à son tour.

Puis, pour changer la conversation, il s’exclama :

- Hum… ! Une tarte aux pommes, me chatouille les narines ! Elle est en train de se faire dorer dans le four de mamie et elle nous dit qu’il est grand temps de rentrer. Allons-y, mon garçon !

- Papy, si je mettais mes posters sur les portes de mon armoire, mais à l’intérieur ? se risqua le pauvre Eric.

- C’est une idée très courageuse, dit papy d’un ton sérieux.

Eric suivait son papy, plein d’admiration pour la simplicité et la clarté de ses raisonnements.

- Pas facile de devenir grand ! Heureusement que j’ai un papy et une mamie et comme je les aime ! dit tout bas Eric en glissant sa main dans celle de son grand-père.

- Tu dis ? lui demanda celui-ci.

- Rien papy. Et il posa un doux baiser sur la main rugueuse qui serrait la sienne.


Le soir, Eric avait retrouvé son petit lit. Clara, qui n’avait pas pu venir à Beau-Four, n’était pas là pour partager ses réflexions sur la journée qui venait de s’écouler. Journée si différente des autres !

Papy lui avait parlé comme on parle à une grande personne !
Il réfléchissait à ce qu’il lui avait expliqué sur son T-shirt, mais il essayait surtout de s’imaginer la vie de son grand-père lorsqu’il avait à peu près son âge. Il en avait appris des choses… Et même s’il n’était pas toujours d’accord avec lui, il comprenait au moins pourquoi !

Le sommeil rôdait dans la chambre, traînant sur les draps un parfum de lavande. Eric ne voulait pas dormir. Il essayait de se représenter la chaussure de papy qui-riait-aux-éclats : pourquoi ? Il ne savait pas.

Dans son esprit les images s’assombrissaient, et peu à peu, il se laissa emporter dans le monde des rêves.

Dans celui-ci, Eric marchait dans une rue où tout le monde se promenait avec de gigantesques sandwichs au jambon. Eric se dit qu’il préférait l’omelette au jambon de mamie et décida de rentrer à la maison.

Il se retrouva chez ses parents, assis sur sa moquette verte, avec en face de lui, une énorme chaussure gauche qui avait sa semelle détachée sur l’avant : « Elle riait aux éclats ».

- C’est drôle, on ne l’entend pas rire ! remarqua-t-il.

Alors il lui demanda :

- Tu n’as pas de voix ?

- Mais si j’en ai une ! Mais comment veux-tu que je puisse parler avec le pied de ton grand-père qui m’écrase et m’étouffe ! s’indigna la chaussure.

- Mais maintenant papy dort et tu es libre ! rétorqua Eric.

- C’est pourquoi je parle. Que veux-tu savoir ? lui dit sévèrement la chaussure.

- Je ne sais pas encore. Je cherche. Attends, attends ! Je crois que j’ai trouvé : j’aurais tant voulu que mes baskets soient comme toi ! Cela m’aurait permis d’être gardien de but ! Tu comprends, c’est mon rêve, lui confia Eric.

- Oh, ce n’est pas si simple que cela. Vois-tu, nous autres chaussures, nous devenons les meilleures amies des joueurs.

Il est vrai que, lorsque je voyais l’équipe de ton grand-père encaisser des buts, je lâchais tous mes clous ; j’avais l’air de rire, mais en vérité je montrais mes dents. Vite, on m’attachait avec un bout de ficelle et ton grand-père, qui ne pouvait plus courir, devenait gardien de but. Donc, grâce à moi l’équipe était sauvée ! C’est-à-dire…grâce à ton papy aussi, reconnut la chaussure.

- Je ne serais jamais gardien de but, car mes baskets n’ont pas de clous…lui répondit tristement Eric.

- Attends, j’ai dû exagérer un peu ! Ce qui est sûr, c’est que ton grand-père et moi étions de bons copains. Mais que comprendre lorsque je dis « copains » ? Ecoute un peu ! Peux-tu te représenter le nombre de coups que je devais encaisser pendant les entraînements de ton papy ? Non, évidemment ! Et bien, je t’assure que c’était dur et pourtant je ne l’ai jamais trahi, car j’aurais pu m’envoler avec son ballon !

Il faut que tu saches que ma participation aux réussites de ton grand-père s’arrêtait là ! Il était bon footballeur parce qu’il travaillait beaucoup, avec courage et persévérance.

- Je ne comprends pas très bien ce que tu essaies de me dire.

- C’est simple pourtant ! Sans le travail du joueur, chaussures ou baskets seraient comme des jouets sur une étagère. Tu veux être gardien de but ? Alors dis-le à ton grand-père, il te dira par où commencer.

- C’est drôle, tu n’es qu’une chaussure qui-rit-aux-éclats et vois comme tu raisonnes ! Et dire qu’on dit « Bête comme ses pieds ! ».

- Attention, tu vas dire une sottise ! Je ne suis pas un pied, mais une chaussure qui joue bien, si le pied joue bien !

- Oh, ça devient trop compliqué. Tout commence à s’embrouiller dans ma tête.

- Je sais bien pourquoi ça s’embrouille. Tu ne veux pas aller au bout de tes pensées.

- Tu lis aussi dans mes pensées ?

- Il faut bien, pour comprendre le jeu de mon co-équipier.

- Alors raconte-moi ce que je ne veux pas entendre.

- Pour devenir un bon joueur de foot, il faut d’abord être un bon élève, car le pied doit savoir beaucoup de choses.

- Oh, je l’avais déjà remarqué, mais je suis si pressé d’y arriver.

- Il ne faut pas, sans quoi tu seras comme moi : une chaussure à qui on ferme la bouche avec un bout de ficelle.

Eric sentait la ficelle qui lui grattait le pied. C’était Tchouki, le chien de mamie, qui venait lui dire à sa manière que le petit déjeuner était presque prêt.

Il s’assit sur le bord de son lit, laissant pendre ses deux pieds. Il regarda ses baskets, ses baskets dont il était si fier. Elles lui semblaient ni belles, ni moches, mais il était sûr d’une chose : elles ne seront jamais « des jouets que l’on voit sur des étagères ».

 

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