L'Ensemble NAVASART : Navasart représentait
dans l'Arménie païenne antique, la période de festivités
saluant l'arrivée du Nouvel An. Suite...
_____ Missak Manouchian Missak Manouchian a 19 ans lorsqu'il arrive en
France en 1925. Suite... _____
Komitas: Soghomon Soghomonian est né en 1869 à Kütahya
(Turquie) dans une famille pauvre, .
.Suite...
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L'HEBDOMADAIRE "MARIANNE" OUBLIE LE VOYAGE DU PAPE EN ARMENIE,
MAIS PAS LA BAVURE D'EREVAN...
En guise d'article sur la visite du Pape en Arménie, l'hebdomadaire
"Marianne" (daté du 1er au 7 octobre) titrait "Bavure
à Erévan: mourir d'amour pour Aznavour". Le journal parisien
sous-titrait "un admirateur de notre crooner massacré par les gardes
du corps du président arménien Kotcharian". Rappelant en
deux phrases la visite du Pape Jean-Paul II en Arménie et de la présence
à Erévan de Charles Aznavour, "Marianne" s'intéressait
surtout à la bavure dont firent preuve les gardes du corps de Kotcharian
qui se terminait par la mort tragique d'un homme. "Le dîner de Charles
Aznavour avec le président Robert Kotcharian, lundi dernier, dans un
restaurant du centre de la capitale arménienne, s'est en effet terminé
de façon tragique, mais caractéristique des moeurs actuelles du
Caucase: Pogos Pogossian, un Arménien de Géorgie, qui vouait comme
l'ensemble de ses compatriotes un culte au chanteur, a tenté de s'approcher
des convives pour s'adresser à son idole. Aussitôt intercepté
par les gardes du corps du chef de l'Etat, le fan éconduit aurait alors
exprimé son aigreur en termes peu amènes à l'égard
du président." écrit "Marianne" et de continuer
"Des insultes que les gardes du corps n'ont pas supporté, puisqu'ils
ont entraîné l'admirateur déçu vers les toilettes,
pour lui administrer une correction: là zélés gorilles
ont eu la main si lourde qu'ils ont battu le pauvre Pogossian à mort
!". Et "Marianne" de conclure avec une pointe d'ironie qui le
caractérise "Comme le chante si bien Aznavour, il faut savoir quitter
la table quand l'amour est desservi...".
L'hebdomadaire parisien dirigé par Jean François Kahn est connu
pour son style décoiffant et son humour particulier proche de la presse-poubelle.
Mais cette lamentable et condamnable bavure arménienne était-elle
suffisante au point de diriger l'information du voyage du Pape en Arménie
vers ce fait-divers ?
Afin de faire part de mon étonnement sur le sujet retenu, je me suis
adressé vendredi 5 octobre à la rédaction de "Marianne"
qui me dirigea vers la rédactrice de l'article...Anne Dastakian.
"L'article, c'est moi-même qui l'ai rédigé. D'ailleurs
nous sommes le seul journal national à avoir relaté ce fait-divers
donné par l'AFP" me lançait au téléphone Anne
Dastakian, nullement affectée par la teneur de la nouvelle. A ma question
"mais pourquoi avez-vous privilégié ce fait-divers plutôt
qu'un article complet sur le voyage du Pape en Arménie et notamment à
Dzidzernagapert ses messages en arménien qui condamnaient le génocide
perpétré ?" la journaliste d'origine arménienne de
"Marianne" me répondit "vous voyez sous l'angle arméno-arménien.
Le voyage du Pape en Arménie et ses mots sur le génocide, tout
le monde s'en fout. Nos lecteurs s'en foutent. Quant aux réactions hostiles
de la Turquie suite aux propos du Pape, elles sont devenues coutumières
et ce n'est pas l'information que notre lectorat attend". Après
quelques minutes de conversations je lui lançai que le voyage du Pape
en Arménie, le premier d'un souverain Pontife au pays du plus ancien
peuple chrétien, dépassait le cadre "arméno-arménien"
et qu'il intéressait également de nombreux Français. Lui
faisant part de mes nombreux contacts avec des non-Arméniens qui évoquaient
largement ce voyage du Pape en Arménie. "Peut-être que vous
avez raison, mais ce n'est pas la ligne que notre rédaction a retenu
pour couvrir cette information" me lançait en conclusion Anne Dastakian.
Difficile en effet de vivre une "sensibilité arménienne"
et travailler pour un titre national dont les intérêts et la ligne
éditoriale peuvent grandement varier. Néanmoins, il semble qu'aujourd'hui
des journalistes d'origine arménienne, à l'exemple d'Anne Dastakian,
ayant perdu ou volontairement mis en sourdine toute leur sensibilité
arménienne, puissent devenir des agents volontaires ou innocents, d'intérêts
qui ne peuvent aucunement servir l'Arménie. D'ailleurs, on s'en souvient
-et je me permettais de lui rappeler- que cette même Anne Dastakian avait
signé dans "Marianne" au lendemain de l'attentat du Parlement
arménien d'octobre 1999, un long reportage "la dérive maffieuse"
du Premier ministre assassiné, Vazken Sarksian. Un article qui évoquait
le "soulagement" de la population à Erévan, au lendemain
de l'attentat...