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Article de Libération
Paru
le 14 février 2001
Drapeaux rouge-bleu-orange, gerbes de fleurs couronnées d'une arche
de Noé et foule compacte. La situation du Haut-Karabakh et les investissements
français en Arménie sont sûrement les enjeux principaux
de la visite en France de Robert Kotcharian, le président arménien.
Mais pour les quelque 2 000 représentants de la communauté arménienne
de France (600 000 personnes, la plus importante au monde), venus assister à
la réception de Kotcharian par le maire de Paris, Jean Tiberi, d'autres
sujets comme l'amitié franco-arménienne et la reconnaissance par
la France du génocide arménien, le 18 janvier, étaient
sans doute aussi importants.
Kotcharian est en visite d'Etat du 12 au 16 février, mais son premier
contact avec la communauté arménienne de France s'est fait hier
à l'hôtel de ville de Paris. C'est devant une salle enthousiaste
qu'ont été prononcés les discours d'un Tiberi radieux et
d'un Kotcharian impassible. Tiberi a rappelé les "affinités
entre deux cultures qui ont en partage la même foi, le même humanisme
chrétien" et fait l'éloge de "Manouchian et de ses 23
camarades, fusillés par les Allemands" en 1944. Kotcharian a rappelé
que la politique européenne était "une direction constante
pour l'Arménie". C'est la première fois qu'un président
arménien effectue une "visite d'Etat", alors que Paris vient
de reconnaître le génocide arménien et que l'Arménie
est devenue membre du Conseil de l'Europe, le 25 janvier. Selon Alexis Govciyan,
président du Comité du 24 avril (association arménienne),
la "reconnaissance du génocide permet de rendre justice aux victimes.
Elle renforce aussi la position de l'Arménie".
Dès lundi, lors d'une rencontre avec le président Chirac, Robert
Kotcharian a discuté de la situation du Haut-Karabakh, enclave en Azerbaïdjan
majoritairement peuplée d'Arméniens et objet de conflit entre
l'Arménie et l'Azerbaïdjan. Son programme prévoit aussi une
rencontre avec le Medef. L'Arménie qui est dans une situation économique
très difficile espère beaucoup des investisseurs français.
Un sondage réalisé fin janvier en Arménie (cité
par la Lettre de l'Ugab) montre que 68 % des habitants ne sont pas satisfaits
de la situation actuelle. 75 % d'entre eux se plaignent de l'appauvrissement
et 41 % du climat de laxisme.
Nathalie Levisalles
http://www.liberation .com
L'Allocution d'accueil de Jacques Chirac
La déclaration conjointe de Jacques Chirac et
de Robert Kotcharian
Les discours à la Mairie de Paris
Les dépêches de l'AFP (7)
La réaction de Levon Ter Petrossian
Galerie Photos
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