Andranik : Lorsque l'on évoque
le combat pour la libération de l'Arménie, le premier nom
qui s'impose est Andranik: comme un aigle, il vole de montagne en montagne.
Suite...
_____ Les khatchk'ars : Ce sont des monuments typiques de l'art Arménien.
Leur pricipal décort consiste en une grande croix Suite... _____
Sarkis est un trouvère du XIVème siècle qui n'est
connu que par une seule oeuvre : Louange du brave Liparid
.Suite...
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Monsieur le Président, Madame,
C'est pour moi un honneur et un très grand plaisir que d'accueillir,
à l'Hôtel de Ville, le Président de la République
d'Arménie et son épouse, a qui je suis heureux de présenter
mes respectueux hommages. Votre présence, celle des hautes personnalités
qui vous accompagnent viennent aujourd'hui redire l'ancienneté, la densité
et la vigueur des liens étroits qui unissent nos deux peuples, nos deux
pays et nos deux capitales.
A travers votre personne, Paris et son maire se réjouissent de recevoir,
en ce jour, le représentant et le continuateur d'une Arménie millénaire
et le Président d'une jeune République incarnant un grand peuple
et porteuse des espérances de sa diaspora.
Pour cette première visite d'Etat que vous effectuez en France, je serais
d'ailleurs profondément heureux si vous aviez le sentiment d'être
accueillis, ici même, à Paris, par les membres d'une famille certes
éloignée par la géographie mais cependant si proche par
le coeur. Entre l'Arménie et la France, en effet, tout est d'abord, je
crois, question d'affinités ; affinités entre deux cultures qui
ont en partage la même foi, le même humanisme chrétien, qui
ont également en commun un même amour pour l'écriture.
Entre nos deux peuples, Monsieur le Président, la rencontre se fit bien
avant les croisades. Mais de ce temps lointain où Arméniens et
Francs combattirent côte à côte, comme ils devaient le faire
bien plus tard, au cours des deux guerres mondiales, est née une profonde
et durable alliance. Une alliance illustrée, au premier chef, par Léon
V de LUSIGNAN, Français et dernier roi d'Arménie, dont le cénotaphe
côtoie, dans la basilique Saint-Denis, les tombeaux de nos rois ; ou encore
par cette figure lumineuse du Père jésuite POIDEBARD, nommé,
en 1918, par CLEMENCEAU, ambassadeur de France à Erevan auprès
de la toute jeune République d'Arménie, et qui se fit, auprès
des négociateurs du Traité de Versailles, l'infatigable défenseur
de l'autonomie arménienne.
Cette profonde communauté de destin explique qu'au seuil de ce siècle,
après les massacres de 1894 et l'atroce génocide de 1915, nombreux
furent ceux qui, parmi les rescapés, choisirent la France. Malgré
la douleur, malgré le déracinement, ils se sont, avec leurs enfants,
admirablement intégrés dans notre pays. Un pays qu'ils ont fait
leur, en lui apportant tout leur courage, tout leur amour et même leur
vie, qu'ils donnèrent dans la Résistance, aux côtés
de leurs frères français. Souvenons-nous ainsi de Missak MANOUCHIAN
et de ses vingt-trois camarades fusillés par les Allemands le 21 février
1944.
C'est dire h, reconnaissance que nous devons aLx fils de l'Arménie et
à la communauté arménienne. Une communauté qui a
donné à la culture et au génie français une créativité
exceptionnelle et une pléiade de talents qui se sont illustrés
dans tous les domaines artistique, intellectuel, économique. Une communauté
qui a donné à la France des personnalités de premier plan
qui ont contribué et contribuent à la richesse et au rayonnement
de notre pays et de sa capitale.
Voilà pourquoi j'ai souhaité répondre à la demande
de tous les représentants de la communauté arménienne de
France, regroupés au sein du Comité du 24 avril, présidé
par Monsieur Alexis GOVCIYAN, d'ériger à Paris un monument en
hommage aux Arméniens volontaires de 1914-1918, aux anciens combattants
et résistants morts pour la France de 1939-1945, mais aussi naturellement
aux victimes du génocide de 1915. Un monument signé par David
EREVANTZI qui représentera dans le bronze l'une des très grandes
figures de l'Arménie, celle du Révérend Père KOMITAS,
qui, déporté le 24 avril 1915, trouvait refuge en France. II est
juste en effet que cette terre de France, que nombre de vos concitoyens ont
choisie et aimée, rende hommage, à Paris, à la mémoire
de vos disparus lui sont aussi les siens.
Monsieur le Président, malgré tant de drames et tant d'épreuves,
le peuple arménien a survécu. II est parvenu à sauvegarder
sa foi, sa langue et ses moeurs. Attaché à une histoire tourmentée
mais exceptionnellement brillante, il a cultivé les vertus d'un patriotisme
ardent. Et aujourd'hui, la République d'Arménie et sa capitale,
Erevan, sont bien vivantes et fermement engagées sur le chemin de la
démocratie. Pour autant, vous présidez également aux destinées
d'un jeune Etat qui doit affronter de grands défis : garantir la solidité
d'une indépendance et d'une souveraineté reconquises ; renouer
pleinement avec ses racines et son histoire pour assurer son destin ; s'ouvrir
au monde. Dans ce grand et ambitieux dessein, la France est, vous le savez,
à vos côtés.
Renouer avec le passé, avec une identité et avec une histoire
que vous avez toujours veillé à préserver, c'est d'abord
affaire de culture. Comme toute grande culture, la vôtre est à
la fois particulière et universelle. Elle a donné au monde des
chefs-d'oeuvre de la pensée et de l'architecture. Elle a conféré
à l'Arménie une dimension et une densité historiques. L'exposition
qui se tient actuellement à Paris, au Pavillon des Arts, et que nous
aurons le plaisir de visiter ensemble, cet après-midi, en témoigne
: consacrée à la cité millénaire d'Ani, capitale
de l'Arménie, elle restitue l'histoire de " la ville aux cent palais
et aux mille églises ", qui, dans ce qui fut le premier royaume
chrétien, s'affirma un foyer de civilisation d'une incomparable richesse.
Une somptueuse exposition dont j'avais souhaité et décidé
la réalisation voici trois ans, ici même, avec le maire d'Erevan.
Cette civilisation brillante, riche et ancienne, c'est le socle même
de votre jeune Etat. Au carrefour de plusieurs mondes, trait d'union entre l'Orient
et l'Occident, l'Arménie s'est tournée vers l'Europe. Votre récente
adhésion au Conseil de l'Europe et la signature d'accords de coopération
avec l'Union Européenne sont venues le souligner. Par ailleurs, Monsieur
le Président, nous soutenons également vos choix courageux pour
faire de l'Arménie, au coeur du Caucase, un espace de paix, de tolérance
et de prospérité. Le choix aussi d'une économie en croissance,
dans un Etat où le droit et la démocratie fondent les rapports
humains. Vous vous êtes ainsi attaché à assainir l'économie,
mettant en oeuvre une ambitieuse politique de libéralisation et d'ouverture.
De la sorte, vous avez réussi à juguler un mal endémique
de l'Arménie, l'inflation et vous avez su favoriser une croissance soutenue.
Ce redressement de l'économie arménienne est une longue entreprise
que vous menez avec une ténacité et une efficacité que
je veux aujourd'hui saluer. Une entreprise qui rencontre notre plein et entier
soutien comme en témoignent les coopérations étroites mises
en oeuvre entre nos deux pays. Notre ambition est que ces coopérations,
qui ont vocation à se renforcer encore, contribuent à l'édification
d'une Arménie libre, dynamique et ouverte sur le monde.
Un avenir auquel, vous le savez, j'ai souhaité pleinement associer Paris,
notamment en développant avec votre capitale Erevan une relation privilégiée,
qui repose sur une double coopération. Elle a d'abord pour fondement
le Pacte d'amitié et de coopération que nous avons, ici même,
signé le 10 novembre 1998 et qui a déjà porté de
précieux fruits, à l'image de l'exposition consacrée à
la cité millénaire d'Ani. Elle passe également par l'Association
Internationale des Maires Francophones, que j'ai l'honneur de présider,
et à laquelle Erevan a adhéré en mai 1998. Les actions
engagées depuis lors ne manquent pas d'illustrer la part que peuvent
et doivent prendre les collectivités locales, et singulièrement
les capitales, dans la coopération entre les peuples. Elles montrent
également qu'à travers l'usage et l'amour communs d'une langue,
la francophonie cimente la base et le cadre d'une amitié profonde et
d'une solidarité agissante.
Monsieur le Président, Madame, la Municipalité de Paris s'honore
aujourd'hui de votre visite. Au moment où votre pays se modernise et
s'ouvre, et consent pour cela de grands sacrifices, elle tient à vous
manifester l'attachement qu'elle porte à votre personne, au peuple arménien
et à l'Arménie éternelle.
Je forme avec les Parisiens et tous mes concitoyens des voeux sincères
et ardents pour que la République d'Arménie connaisse l'avenir
serein auquel elle aspire et auquel elle a un droit insigne.
Discours de Robert Kotcharian, Président de
la République d'Arménie
Monsieur le Maire, Madame Tibéri, Monsieur le Ministre, Mesdames et
Messieurs, Chers Amis,
Je voudrais vous assurer que pour moi personnellement et pour mon épouse,
aussi bien que pour la délégation qui m'accompagne, il est très
agréable d'être à Paris. Je suis profondément reconnaissant
pour ce magnifique accueil que les pouvoirs municipaux, ainsi que Vous personnellement,
Monsieur le Maire, avez réservé en notre honneur: Je remercie
également tous, ceux ici présents d'être si nombreux aujourd'hui.
Les relations entre l'Arménie et la France ont trouvé un nouvel
élan depuis que l'Arménie a retrouvé son Indépendance.
Elles sont fondées sur les liens d'amitié historiques de nos peuples
qui prend source à partir du Moyen Age.
Votre ville a été particulièrement accueillante pour les
Arméniens. Paris, en tant que berceau de la civilisation européenne,
est devenu un des centres de formation pour les Arméniens dans les domaines
politique, culturel et autres. C'est ici que de nombreux intellectuels arméniens
se sont instruits et formés, qui par la suite, ont joué leur rôle
dans l'histoire de l'Arménie et du peuple arménien. Aujourd'hui,
Paris est la ville de milliers d'Arméniens qui sont, d'une façon
générale, les héritiers des rescapés du Génocide
Arménien. Ils prennent, aujourd'hui, une part active à la vie
culturelle, commerciale, administrative de votre ville. Plusieurs d'entre eux
représentent une source de fierté tant pour la France que pour
l'Arménie.
II y a actuellement des dizaines d'organisations, d'églises, de maisons
de culture, d'écoles et de journaux arméniens qui fonctionnent
à Paris. C'est ici, à Paris, que la vie communautaire arménienne
est centralisée : avec ses activités et manifestations culturelles.
Dans les Instituts et Ecoles Supérieures de votre ville, des centaines
d'étudiants ressortissants d'Arménie font leurs études.
Paris est aussi un centre particulier où régulièrement
se mettent en place des échanges culturels et artistiques entre l'Arménie
et la France.
Ce soir, beaucoup d'entre vous assisteront au concert exceptionnel du Choeur
National d'Arménie à la Cathédrale Notre Dame de Paris.
C'est justement ce type de relations très actives qui ont débouché
sur l'adhésion de la Capitale d'Arménie, en mai 1998, à
l'Association Internationale des Capitales Francophones, ainsi que, quelque
mois après, sur le pacte de coopération entre Paris et Erévan.
Nous espérons que, dans ce contexte, l'avenir sera marqué par
une coopération encore plus dynamique entre nos Capitales. L'exposition
inaugurée, il y a une semaine ici, par la Mairie de Paris avec le soutien
de l'Union Générale Arménienne de Bienfaisance en est un
des premiers témoignages.
Monsieur le Maire,
Je voudrais citer les mots que vous avez eu l'occasion de prononcer " Personne
ne peut oublier les Arméniens qui, à partir de 1916, ont couronné
de gloire leurs noms au sein des Légions Etrangères dans différentes
régions de France... On n'oubliera jamais les sacrifices dont les Arméniens
ont fait preuve, lors de la dernière guerre mondiale, au nom des idées
de justice et de liberté. Ils étaient dans la Résistance
- à côté de leurs frères Français ".
Je peux dire que les Arméniens à leur tour, n'oublieront jamais
que les Français ont donné refuge à des dizaines de milliers
de réfugiés et d'orphelins en partageant avec eux leur pain quotidien.
On n'oubliera jamais la révolte du début du siècle des
intellectuels français contre les barbaries et pour la protection des
victimes innocentes. On n'oubliera jamais le soutien de votre pays, ainsi que
des millions de Français à une Arménie blessée par
le tremblement de terre.
Komitas symbolise le génie de l'âme et de l'esprit arménien.
Komitas est également le symbole de toutes les victimes de la tragédie
du peuple arménien de 1915. Dans nos yeux, la décision d'ériger
le monument de ce Grand Homme au centre de la ville exprime une sorte de respect
et de récompense à notre peuple. Au nom de l'Arménie et
du peuple arménien, je remercie très profondément tous
les Parisiens, les membres du Conseil Municipal, et Vous personnellement, Monsieur
le Maire, pour cette belle illustration de fraternité et de solidarité
; d'autant plus qu'elle survient tout de suite après la reconnaissance
du Génocide Arménien par le Parlement français.
Les dix ans qui se sont écoulés après l'indépendance
étaient pour l'Arménie des années de redécouverte
de son identité. Tout de suite après le rétablissement
de l'Indépendance, nous avons déclaré la politique européenne
comme une direction constante pour l'Arménie. Nous pouvons constater
avec satisfaction que le niveau actuel des réformes mises en place a
rendu possible l'adhésion de l'Arménie au Conseil de l'Europe
en tant que membre à part entière. La France a eu un rôle
sensible dans ce processus.
L'entrée de l'Arménie dans le nouveau millénaire est marquée
par des événements exceptionnels. Et il est symbolique que la
France y occupe une place particulière, même si le 2 1e,e siècle
n'a qu'un mois et demi d'histoire.
Source
Mairie de Paris
Direction Générale de l'Information et de la Communiaction