L'Ensemble NAVASART : Navasart représentait
dans l'Arménie païenne antique, la période de festivités
saluant l'arrivée du Nouvel An. Suite...
_____ Missak Manouchian Missak Manouchian a 19 ans lorsqu'il arrive en
France en 1925. Suite... _____
Komitas: Soghomon Soghomonian est né en 1869 à Kütahya
(Turquie) dans une famille pauvre, .
.Suite...
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Armen : "Les culltivateurs de la région sont délaissés
par Erevan"
Armen : "Les culltivateurs de la région sont délaissés
par Erevan"
"
Armen : "Les culltivateurs de la région sont délaissés
par Erevan"
"Ma culture est dévastée à près de 90%. Que
dois-je faire pour rembourser mes dettes et nourrir ma famille ?" se lamente
Armen Eghiazarian, un agriculteur d'une cinquantaine d'année, du village
de Toumanian, dans la région de Lori, proche de la Géorgie voisine.
Armen nous montre ses dix hectares de plantes de tabac ravagés en moins
de cinq minutes par une terrible tempête de grêle qui s'est abattue
soudainement sur la région, dévastant les cultures et causant
d'importants dégâts matériels.
"Avant, lors de la période soviétique, nous avions des canons
anti-grêle que nous avons utilisé lors des premiers mois de la
guerre du Karabagh. Avec l'indépendance et la grande crise économique
que traverse le pays, aujourd'hui le paysan arménien n'a plus rien pour
travailler. Car avec des informations météorologiques et quelques
canons anti-grêle, nous aurions pu éviter la catastrophe"
se lamente Armen en nous montrant ses plantes ravagées par la grêle.
"Tout le pays est ainsi, délaissé à son sort. Alors
qu'à Erévan nos ministres et députés pensent à
s'enrichir en détournant à leur propre profit l'argent des organisations
d'aide internationale, dans les campagnes arméniennes, le paysan arménien
doit seul faire face aux nombreuses difficultés. Et si de temps à
autre un politique pointe son nez dans nos contrées, il est toujours
accompagné par des caméras de télévision afin de
monter l'intérêt du gouvernement pour les cultivateurs ou éleveurs
du pays. Mais, après de vagues promesses gratuites, lorsque le politique
retourne à Erévan, le paysan arménien attend vainement
que l'aide parvienne jusqu'à lui..." reprend Armen, désabusé
et triste. "Nos villes et campagnes se dépeuplent. Les gens vont
en Russie trouver du travail. Dans notre région, près de 40% des
habitants ont déjà pris le chemin de l'émigration. A ce
rythme-là, il ne restera plus personne dans notre région"
lance Armen et dit "si j'avais moi aussi les moyens de partir vers l'étranger,
je le ferais volontiers. Mais une famille et quatre enfants à nourrir
et de nombreuses dettes à payer, comment pourrais-je partir ?".
Condamner à cultiver ses terres, Armen Eghiazarian jette un regard critique
sur l'avenir de sa famille. "Ma fille Elena a obtenu un diplôme d'ingénieur
agronome à Itchévan. Mais elle reste à la maison car il
n'y a pas d'employeurs dans la région. Elle pense aller s'installer à
Erévan ou partir vers Moscou ou St-Petersbourg où nous avons de
la famille. Quel sera l'avenir de mes enfants dans la région ? Sincèrement
je crois qu'ils n'ont aucun intérêt à rester dans la région
qui n'offre aucune possibilité d'évolution. Car ici la vie c'est
de la survie !" dit Armen en nous montrant deux autres agriculteurs grattant
la terre pour extraire quelques plantes miraculeusement épargnée
par la grêle.
Armen conclut "Notre peuple qui a tant souffert par le passé, continue
encore de souffrir dans cette Arménie où chaque pouce de terre
porte les traces du martyr du peuple arménien luttant contre l'ennemi.
Et malgré ces sacrifices énormes, le paysan arménien continue
à souffrir de la crise économique qui est aussi terrible qu'une
guerre. Que les Arméniens de la diaspora obligent le gouvernement arménien
à se pencher d'avantage sur le sort des paysans arméniens, délaissés
et oubliés. Et que les riches hommes-d'affaire Arméniens de la
diaspora viennent investir dans l'agriculture arménienne qui offre des
possibilités importantes de développement".
Souvent comparée à une "petite Suisse du Caucase", la
végétation de la région de Lori est riche et luxuriante.
Véritable coin de Paradis, ces terres généreuses peuvent
également se transformer en véritable Enfer pour le paysan arménien
dépossédé de son outil de travail par manque de capital.
Krikor Amirzayan