Barouïr Sévag : Ce poète
est né dans le village de Tchanahtchi dans la région de
lArarat.Il fait ses études à la Faculté de
Philologie dErévan puis à Moscou où il enseigne
à lInstitut de Littérature Maxime Gorki... Suite...
_____ Missak Manouchian : ce grand résistant arrive ne France
à l'age de 19 ans. Il est né le ler septembre 1906 dans
une famille de paysans Suite... _____ Le Haut Katabagh et Krikor Amirzayan : Jourrnaliste-caricaturiste, Krikor nous
propose septs reportages variés sur le Haut Katabagh. De Stepanakert
aux souvenirs des morts au combat..... Suite...
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Une habitante d'Erevan : Notre ville est défigurée...
Une habitante d'Erevan : Notre ville est défigurée...
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"Notre belle ville qui faisait la fierté de toute la nation arménienne,
est aujourd'hui méconnaissable. Délabrée et défigurée
par une urbanisation anarchique et sauvage qui ne respecte aucunement l'intérêt
collectif. Erévan était hier encore une ville belle et propre,
avec des citoyens bien élevés respectueux de leur environnement.
Aujourd'hui notre capitale est une ville sale et désordonnée.
De sorte que nombre de ses habitants regardent de ce que la ville était
il y a encore à peine quinze ans" lance Emma Grigorian, ancien ingénieur
chimiste d'une cinquantaine d'année, au chômage depuis la fermeture
du complexe chimique Naïrite.
Emma Grigorian qui était également un cadre du Parti Communiste
arménien, vit en compagnie de son mari, également ingénieur
au chômage, dans un petit appartement de la rue Abovian considérée
comme l'un des quartiers les plus authentique d'Erévan.
"Nous survivons de petits boulots car les pensions que nous touchons de
l'Etat, suffisent à peine à éclairer notre appartement"
reprend Emma d'un humour corrosif typique des Erévannais.
"Cette ville se dépeuple à une vitesse ahurissante. Les jeunes
en manque cruel d'avenir quittent le pays pour l'étranger. A tel point
qu'Erévan est devenu un grand centre de retraite pour personnes âgées
avec quelques buisnessmes qui se chargent de l'organisation du fonctionnement
de ce parc." lance Emma avec une tristesse infinie au fond de ses yeux
d'un bleu azur. "Alors que nous avions bâti cette République
sur un idéal, aujourd'hui les citoyens d'Arménie et nos dirigeants
sont en panne d'idées. En panne d'idéal. En panne d'avenir. Si
bien que sans inspiration, comment voulez-vous que le quotidien s'améliore
?" reprend Emma et d'ajouter "aujourd'hui je suis très triste
sur l'avenir de mon pays, de nos jeunes et de notre capitale Erévan.
Une ville dans laquelle nous avons à chaque coin de rue, à chaque
maison et à chaque place, un souvenir impérissable d'un passé
grandiose à jamais anéanti".
Fervente défenseur de la patrie socialiste, Emma pense que l'"Indépendance
de l'Arménie est une catastrophe historique qui met en péril l'avenir
physique du peuple arménien" tout en reconnaissant que "cette
Indépendance n'était pas le fait des Arméniens, mais un
mouvement inéluctable de l'implosion et de l'éclatement de l'Union
Soviétique".
Pense-t-elle émigrer pour rejoindre ses deux enfants, professeurs de
physique-chimie à Moscou ?
"Malgré nos difficultés quotidienne, jamais je ne pourrais
quitter ce pays et cette ville. A Moscou je ne peux rester plus longtemps que
trois jours car déjà Erévan me manque. Malgré son
visage défiguré, l'air, l'odeur, l'eau et la couleur de cette
ville sont pour moi un besoin vital. Et à chaque fois que je quitte cette
terre, je la retrouve encore plus belle et plus chaleureuse. C'est un sentiment
fort d'appartenance. C'est ma vie." répond Emma.
Comme Emma, ils sont aujourd'hui des centaines de milliers à s'accrocher
à l'antique Erébouni, Erévan la ville aux façades
multicolores qui font de la capitale arménienne l'une des plus belles
villes du monde...malgré ses récentes plaies qui font suite au
délabrement du pays.