Poésie : Daniel Varoujan, de
son vrai nom de famille, Tcheboukkiarian, est né au village de
Perkenig près de Sébaste. . Suite...
_____ Les Beureks au fromages : Ecrasez lae féta dans un saladier.
Ajoutez les oeufs, le gruyère, le persil. Salez et poivrez.... Suite... _____
Les prénoms arméniens :une liste de plus de 300 prénoms
arméniens féminins et masculins
.Suite...
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"Le statut de la femme arménienne laisse encore à désirer
et ses conditions de vie sont très difficiles car c'est la femme arménienne
qui doit en plus des caprices de l'homme, supporter les charges de la maison"
nous déclare Jeanna Araguelian, grande et forte brune d'une trentaine
d'années rencontrée au marché couvert d'Erévan.
Dans son panier, quelques légumes et fruits, un poulet un paquet de pain
lavache. "Nous devons regarder chaque prix, comparer et marchander afin
de pouvoir nourrir convenablement la famille. Mais il devient chaque jour un
peu plus difficile de remplir convenablement le panier" reprend Jeanna
en exhibant les maigres produits qu'elle venait de négocier. "J'ai
un homme et trois enfants à nourrir pour moins de 30 000 drams -cinquante
dollars- par mois de revenus. Comment dois-je faire ? Ce n'est un secret pour
personne, je dois me battre chaque jour à négocier des heures
durant avec ces commerçants ou paysans afin de ramener à la maison
le maximum de produits". Ingénieur au chômage, Samvel,
le mari de Jeanna arrive par des petits boulots à gagner une cinquantaine
de dollars par mois. Une somme qui se situe pourtant aujourd'hui au dessus de
la moyenne des salaires en Arménie.
Dans leur minuscule appartement donnant sur la boulevard Toumanian, la famille
de Jeanna se serre les coudes pour boucler les fins de mois difficiles, en serrant
au maximum les dépenses du budget familial. "Ici en Arménie,
c'est presque toujours la femme qui doit assurer l'intendance de la maison,
des enfants et des tracasseries administratives de la vie de tous les jours.
L'homme est encore roi en Arménie, un véritable "pacha"
qui passe souvent ses journées à se distraire entre amis. La femme
doit pendant ce temps là, habiller, nourrir et suivre l'éducation
des enfants...avec quelques dollars par mois. C'est une situation difficile
qui fait de la femme arménienne l'esclave de son mari" lance
Jeanna révoltée par l'injustice qui frappe les femmes de son pays.
"Pourtant ma situation est bien meilleure que nombre de femmes arméniennes
souvent trompées et battues par leurs maris. J'ai aussi de la chance
de ne pas habiter comme nombre de femmes arméniennes avec mes beaux-parents..."
reprend Jeanna et de conclure "la société arménienne
a a réellement un gros progrès à faire pour intégrer
la parité du statut de la femme arménienne, car ici au Caucase,
l'homme a tous les droits. La femme devant suivre son mari, au prix de sacrifices
inhumains....".
Si les statistiques en Arménie restent discrets sur les actes des violences
commis par les maris sur leurs épouses, le phénomène est
pourtant bien réel. Les premières organisations de défenses
des femmes victimes des violences conjugales ou victimes d'injustices sociales
commencent à se faire jour en Arménie. Un mouvement que Jeanna
juge "nécessaire et salutaire". Mais face à ces
structures nouvelles, nombreux sont ceux qui voient une rupture inquiétante
des traditions familiales de la société arménienne où
l'homme occupe le rôle de chef de famille. "La société
arménienne se modernise, s'européanise et elle peut pas rester
en marge des phénomènes de progrès qui affectent l'ensemble
des pays développés" conclut Jeanna.
Interrogé sur cet état, un sociologue arménien me lance
que la société arménienne, jadis fortement patriarcale
comme l'ensemble des peuples du Caucase est aujourd'hui en voie de désintégration
avancée. Les causes de ce procès étant la modernisation
du pays, la crise économique et l'ouverture vers la culture internationale.
En attendant que cette situation s'installe durablement, les hommes ont encore
de beaux jours pour l'exercice de leur pouvoir en Arménie. Pendant ce
temps là, les femmes ont intérêt à bien se ternir
! Sinon...