L'Ensemble NAVASART : Navasart représentait
dans l'Arménie païenne antique, la période de festivités
saluant l'arrivée du Nouvel An. Suite...
_____ Missak Manouchian Missak Manouchian a 19 ans lorsqu'il arrive en
France en 1925. Suite... _____
Komitas: Soghomon Soghomonian est né en 1869 à Kütahya
(Turquie) dans une famille pauvre, .
.Suite...
_____
Micha Arouchanian, 52 ans, grand gaillard d'un mètre quatre-vingt à
la moustache grisonnante et à la chevelure rare, est chauffeur. Tous
les jours, à bord de son minibus, appelé "estafette"
il conduit ses passagers d'Erévan à Stepanakert. Puis après
une nuit de repos dans la capitale du Haut Karabagh, il reprend le chemin inverse
avec de nouveaux passagers. "Les quelques 330 kilomètres de route
qui séparent Erévan de Stepanakert se réalisaient jadis
en sept-huit heures et parfois plus car souvent le minibus avait des problèmes
mécaniques sur ces routes difficiles. Mais depuis avril 1999 et l'ouverture
de la nouvelle route Goris-Stepanakert, le parcours peut se faire en moins de
cinq heures" lance Micha en nettoyant le pare-brise de son minibus de couleur
orange. Un engin difficile à dater car parsemé de soudures, rafistolages
et bricolages aux traces apparentes. "Ces voitures-là qui nous venaient
de Zaporojié en Russie, sont plus robustes que les chauffeurs, de véritables
merveilles sur nos routes défoncées et difficiles. Des routes
sur lesquelles les meilleures marques Européennes pourraient y laisser
leurs carcasses. Mais vous ne verrez jamais de voitures de fabrication soviétique
sur le bord de la route" reprend fièrement Micha. Pourtant, même
si sur la route Erévan-Stépanakert nous croisons des dizaines
de ces engins fonçant à vive allure sur des routes dangereuses
et aux nombreux "nids de poules", il n'est pas rare également
de voir de temps à autre, rangé sur le bas-côté,
un de ces minibus aux couleurs vives dont le moteur a rendu l'âme...ou
dont le radiateur "réclame à boire"...
La route entre l'Arménie et le Haut Karabagh est l'un des axes les plus
pratiqué du réseau routier arménien. Avec des centaines
de voitures qui empruntent chaque jour cette route. "Avec la Route de la
vie entre les 100 km qui séparent Goris de Stepanakert que la diaspora
a financé, le trafic s'est accéléré et nombreux
sont aujourd'hui les Karabaghtsis installés en Arménie qui se
rendent à chaque week-end ou chaque vacances au Haut Karabagh" nous
confesse Micha, natif de Stepanakert et d'ajouter que "avec cette route
moderne entre Goris et Stepanakert, le Haut Karabagh s'est rapproché
encore un peu plus de l'Arménie". Selon Micha, cette route entre
Erévan et Stepanakert est l'une des plus belles d'Arménie. "Nous
partons d'Erévan en passant par Ardachad et Ararat, avec une vue magistrale
de l'Ararat qui nous accompagne sur des dizaines de kilomètres. Puis
nous prenons le chemin de Yegheknatsor, un ville très agréable
et où il fait bon vivre. Yeghéknatsor qui est le lieu de villégiature
de nombre d'habitants de la capitale. Puis de Yégheknatsor et Tchermouk,
nous nous dirigeons vers Sissian, avec ses magnifiques lacs dont les reflets
miroitent au soleil les images des montages environnantes. De Sissian et cette
province de Siunik nous plongeons vers Goris, aux portes du Karabagh. En contournant
la ville et passant tout près des cheminées naturelles et des
maisons troglodytes, nous remontons pour trouver à quelque cinquante
kilomètres plus loin la ville de Latchine. Puis de Latchine, nous nous
dirigeons vers Chouchi et Stepanakert. En route, les passagers ne s'ennuient
gère, car les merveilles de la nature sont fort nombreuses dans ces montagnes
arméniennes" dit Micha qui semble exercer le plus beau métier
du monde. Et Micha de reprendre "vous savez, l'Arménie n'est pas
qu'un champ de pierre comme on le dit un peu trop souvent. L'Arménie
avec le Karabagh est un pays qui offre des paysages merveilleux. Avec une nature
qui change au détour de chaque virage. Entre Erévan et Stepanakert,
il n'est pas rare de rencontrer en une seule journée trois ou quatre
climats différents. Vous pouvez avoir par exemple, le soleil torride
sur la plaine de l'Ararat, la pluie un peu plus au sud, vers Yegheknatsor et
la neige vers Sissian ou Goris. Avec une température de plus de 20°
de différence...".
Micha qui me propose de m'emmener gratuitement au Karabagh afin de témoigner
sur la véracité de ses propos me lance aussitôt "vous
devez écrire et dire à nos frères et soeurs de la diaspora
que l'Arménie ne s'arrête pas à Erévan. C'est un
pays merveilleux qui recèle beaucoup de richesses pour ceux qui veulent
le découvrir et s'en donnent le temps. En dépensant bien moins
qu'ailleurs, ils découvriront ici des paysages absolument inoubliables
et des sensations fortes en compagnie de cette nature".