Poésie : Daniel Varoujan, de
son vrai nom de famille, Tcheboukkiarian, est né au village de
Perkenig près de Sébaste. . Suite...
_____ Les Beureks au fromages : Ecrasez lae féta dans un saladier.
Ajoutez les oeufs, le gruyère, le persil. Salez et poivrez.... Suite... _____
Les prénoms arméniens :une liste de plus de 300 prénoms
arméniens féminins et masculins
.Suite...
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Le choc avait été selon les témoins très violent.
Une vieille Lada défoncée était sur le bas côté
de la route. Une Mercedes relativement neuve, gisait à quelques dizaines
de mètres de la de l'autre côté de la route qui mène
d'Erévan à Sévan. L'une des routes les plus fréquentées
du pays lors de la saison estivale. Le choc frontal n'avait laissé aucune
chance au conducteur de la Lada, un villageois d'une cinquantaine d'années
originaire de Vartenis et qui venait à Erévan, écouler
sa production de pommes de terre. Sa femme, en pleurs, près du corps
inerte du malheureux agriculteur criait à tue-tête sa peine et
sa malchance. Les quatre jeunes hommes de la Mercedes, sortis indemnes de l'accident
devaient tout au plus annuler leur week-end qu'il s'apprêtaient à
passer sur les bords du lac Sévan qui devenait en ce mois d'août
caniculaire, une sorte de Riviera toute proche d'Erévan.
La route était pourtant droite et la visibilité excellente. Mais
les occupants de la Mercedes, avaient sans doute découvert sur cette
route Erévan-Sévan, les sensations stimulantes de la vitesse,
au prix de risques démesurés. La Lada du malheureux victime avait
sans doute réalisé un écart en voulant éviter l'un
des milliers de trous qui jalonnent cette route. Le conducteur de la Mercedes
avait freiné de toutes ses forces. Mais les roues quelque peu lisses
du véhicule s'étaient dérobés de l'asphalte brûlant
rendant ainsi impossible le choc. A peine quelque minutes après l'accident,
une foule de badauds et de vacanciers avaient déjà constitué
sur les lieux du sinistre, une grappe humaine grouillante et curieuse. La milice,
parvenue paresseusement sur les lieux demandait par portable l'arrivée
de secours d'urgence. Car parmi les jeunes, outre les contusions, des fractures
étaient à redouter. Après un rapide relevé des distances
de freinage et des angles de choc, avec l'aide de la population, la milice parvenait
à ranger la Mercedes sur une position de sécurité. "A-t-on
pratique l'Alcotest sur ces jeunes qui me paraissent quelque peu excités
?" demandais-je aussitôt à mon ami Garén Stepanian.
"Tu rigoles ou quoi ? Tu vois pas que ces jeunes sont des enfants de nos
familles dirigeantes ? Qui osera leur pratiquer l'Alcotest ? Ils ne sont pas
fous ces miliciens car ils veulent garder leur poste et nourrir leur famille..."
me répondit aussitôt Garen quelque peu excédé. D'ailleurs,
quelques minutes plus tard, probablement alertés par un portable que
détenait l'un de ces jeunes, une grande et belle Mercedes aux vitres
teintées venait récupérer le jeunes gens pour les ramener
à Erévan, sans qu'aucun témoin de la scène ne réagisse.
Me regardant avec insistance, Garen me dit alors "Qu'est-ce-que tu veux
qu'ils fassent ces gens-là. Il ont suffisamment d'ennuis pour ne pas
aller en chercher d'autres. D'autant que même s'ils se hasarderaient à
dénoncer, les tribunaux et les juges complètement corrompus libéreraient
ces jeunes gens...".
Celà faisait déjà plus d'une demi-heure après l'accident,
lorsqu'un ambulance, sirènes hurlantes vint s'arrêter sur le lieu
du sinistre et emporter le corps du malheureux agriculteur vers l'un des hôpitaux
de la capitale.
"C'est ainsi, sur cette route, j'ai assisté à des dizaines
d'accidents mortels. C'est l'un des axes les plus mortels du réseau routier
arménien. Car les gens qui vont en direction du lac Sévan se libèrent
du stress d'Erévan et se défoncent sur cette route" me lança
Garen. "Ce n'est pas une raison pour ne pas punir les chauffards et ceux
qui enfreignent le code de la route." lui lannçais-je aussitôt,
déçu par la réaction passive de ces centaines d'Arméniens
devant ces criminels de la route qui avaient la chance d'appartenir à
des familles que jadis on nommait par le terme "nomenklatura".
Un défaitisme hérité de la période soviétique
? Ou manque de culture citoyenne de ces citoyens de la jeune et inexpérimentée
République d'Arménie...