Barouïr Sévag : Ce poète
est né dans le village de Tchanahtchi dans la région de
lArarat.Il fait ses études à la Faculté de
Philologie dErévan puis à Moscou où il enseigne
à lInstitut de Littérature Maxime Gorki... Suite...
_____ Missak Manouchian : ce grand résistant arrive ne France
à l'age de 19 ans. Il est né le ler septembre 1906 dans
une famille de paysans Suite... _____ Le Haut Katabagh et Krikor Amirzayan : Jourrnaliste-caricaturiste, Krikor nous
propose septs reportages variés sur le Haut Katabagh. De Stepanakert
aux souvenirs des morts au combat..... Suite...
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Souren, médecin arménien : nous acceptons les dons des malades...
Souren Alvardian, 38 ans est médecin. Il exerce son métier dans
l'un des plus grands établissements hospitaliers de la capitale arménienne.
"Chez vous en Europe occidentale, être médecin est synonyme
de profession libérale et d'un niveau de vie élevé. Ici,
en Arménie, c'est tout simplement un métier comme un autre"
lance Souren avec humour et lucidité. Pourtant ces jeunes bardés
de diplômes -parfois négociés- veulent réussir à
assurer grâce à leur statut, un meilleur niveau de vie. Alors,
comme nombre de ses collègues, Souren accepte les petits et grands dons
effectués par les familles des malades pour une meilleure garantie des
soins appliqués. "C'est une pratique généralisée
héritée de l'Union soviétique. Car songez qu'un médecin
gagnait officiellement moins qu'un ouvrier qualifié ! Alors les médecins
ou chirurgiens se sont mis à accepter les bakchichs. Puis la pratique
étant généralisée, ils se sont mis à exiger,
en mettant des tarifs. Ainsi, une simple consultation peut coûter aux
malades de dix à cinquante dollars au marché non-officiel. Pour
une simple opération chirurgicale les prix appliqués peuvent monter
jusqu'à mille dollars..." reprend Souren et ajoute "voyez le
niveau de vie de nos spécialistes et vous verrez qu'ils ne sont pas loin
de leurs collègues d'Europe occidentale...pourtant, officiellement ils
perçoivent des revenus juste suffisants pour payer le carburant de leurs
Mercedes ou BMW . En réalité, ces médecins ont en plus
de leurs limousines, un famille qu'ils nourrissent généreusement
et souvent une ou plusieurs maîtresses qu'ils entretiennent par des cadeaux
quotidiens".
Ces pratiques illicites mais largement répandues sont également
l'une des causes du niveau médiocre de la médecine en Arménie.
Et même si le pays dénombre quelques surdoués qui n'ont
pas à rougir de la comparaison avec leurs homologues occidentaux, il
faut bien l'admettre que le niveau tant des médecins que de la médecine
reste médiocre en Arménie.
"Néanmoins le métier de médecin n'attire plus la nouvelle
génération, plus prompte à exercer le business ou les professions
commerciales. Tandis que les quelques futurs chercheurs ou spécialistes
préfèrent finir leurs études à l'étranger
et s'y établir" regrette Souren pour qui seule la revalorisation
du métier de médecin pourra inverser cette tendance. "Aujourd'hui
en Arménie, nous avons des jeunes diplômés de la médecine
qui préfèrent changer de métier et devenir de simples commerçants.
D'autres sont au chômage. Car les meilleurs places, ils doivent les négocier
à plusieurs dizaines de milliers de dollars. Et sans argent, ils ne peuvent
donc pas s'installer. Pire encore, certains ont recours au crédit pour
payer la somme exigée pour le poste. Il leur faudra ensuite plusieurs
années pour rembourser le crédit. Si bien que c'est un métier
à risque que nombre de jeunes médecins refusent...." reprend
Souren qui cite le cas de plusieurs médecins surendettés.
"En Arménie, le malade qui ne paye pas au noir la somme exigée
par le médecin prend un risque immense d'être mal soigné.
Mais la pratique du bakchich étant entrée dans les moeurses, très
peu de gens dérogent à cette pratique..." dit Souren qui
regrette néanmoins que l'Etat arménien n'intègre pas cet
usage par une revalorisation salariale de la profession. "Et tant qu'il
y aura un décalage avec les prix pratiqués par les médecins
d'Europe occidentale, les médecins Arméniens accepteront les bakchichs
qui sont en fait un complément de salaire comblant les écarts"
conclut Souren qui reconnaît les progrès enregistrés dans
les salaires des médecins lors de la dernière décennie.