Poésie : Daniel Varoujan, de
son vrai nom de famille, Tcheboukkiarian, est né au village de
Perkenig près de Sébaste. . Suite...
_____ Les Beureks au fromages : Ecrasez lae féta dans un saladier.
Ajoutez les oeufs, le gruyère, le persil. Salez et poivrez.... Suite... _____
Les prénoms arméniens :une liste de plus de 300 prénoms
arméniens féminins et masculins
.Suite...
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Stepan, Ancien cadre communiste, devenu commerçant
Stepan Mardirossian, la cinquantaine grisonnante aux yeux clairs, était
un brillant cadre du Parti communiste arménien. Aujourd'hui il gère
une petite boutique de confiseries, près de l'Opéra, en plein
coeur d'Erévan. Ancien universitaire bardé de diplômes,
Stepan s'est retrouvé au chômage dès le début de
l'Indépendance du pays. Ce brillant cadre de l'appareil du Parti, se
retrouvait du jour au lendemain, désoeuvré et amer, dans un pays
qui voulait effacer rapidement toutes les traces du passé soviétique.
Stépan se souvient: "C'était terrible, car le peuple, manipulé
par les nouveaux dirigeants, avait transformé son amour de la patrie
soviétique, en une haine destructrice et incontrôlable. Ce peuple
voulait tout brûler et faire disparaître, sans juger le bon et le
mauvais. On était alors perçus comme des parasites, des agents
travaillant pour le compte de l'étranger ou des traîtres. Ce qui
nous fermait toutes les portes de l'administration...pourtant notre savoir-faire
était important et les autorités de l'Arménie indépendante
avaient la possibilité d'utiliser nos compétences reconnues. Prisonniers
de leurs logiques politiques partisanes, ils n'ont pas cherché à
faire appel à notre savoir-faire, afin de légitimiser l'arrivée
de leurs nouveaux chefs. Pour la plupart très bons patriotes, mais piètres
professionnels en matière de gestion administrative ou politique...".
De ces "années noires", Stépan garde un grand amertume
au fond de son coeur pour "ce grand gaspillage humain et économique
et ces millions de vies cassées (...) de ces années froides et
obscures qui nous firent vieillir avant l'âge et enlevèrent nos
derniers espoirs d'une société meilleure dans un pays neuf".
Vivant de petits boulots, en postes éphémères qui le virent
tour à tour marchand ambulant de loteries, traducteur, journaliste et
gardien de parkings, Stépan a sur difficilement nourrir sa petite famille.
Jusqu'au jour où moyennant quelque emprunts Stépan s'offrait la
location d'un petit local, pour aménager son magasin de confiseries.
"Au début, jusqu'en 1998, c'était la sinistrose qui dominait
un peu partout. Les affaires étaient difficiles, et la population du
pays, fortement démoralisée par tant d'années de privations
et de guerre, n'avait pas le coeur à se payer quelques gourmandises"
lance Stépan et reprend "mais en 1999, on sentait une nette amélioration
du moral des citoyens. La vie semblait reprendre à nouveau, avec un flot
croissant de touristes. C'était même un début d'euphorie
qui se faisait sentir sur les affaires. Jusqu'en octobre 1999 qui produisit
avec les événements du Parlement, l'effet d'un électrochoc
sur le moral des gens. Et la consommation chutait de façon significative,
avant de reprendre timidement l'année suivante".
Aujourd'hui, Stépan ne se plaint pas. Les affaires sont plutôt
encourageantes et suffisent à faire vivre décemment sa famille.
Pourtant le regard de Stépan laisse entrevoir la nostalgie d'un rêve
perdu. "Les jeunes de ma génération, nous croyions fermement
aux vertus du Communisme, de l'amitié entre les peuples et le progrès
social et culturel. Mais les événements du Haut-Karabagh, les
pogroms anti-arméniens de Soumgaït et Bakou, nous ont fait perdre
nos illusions. Tout comme la dislocation de l'Union soviétique bâtie
par soixante-dix ans d'efforts et qui avait réussi à donner à
la République d'Arménie des acquis que l'on utilise encore de
nos jours..." se lamente Stépan et ajoute "mais le plus grand
gâchis, c'est de voir ces millions d'ingénieurs, académiciens,
hommes et femmes de grande éducation, à traîner dans les
rues à la recherche de quelques drams pour se nourrir...".
Stépan ne s'occupe plus de politique car "le niveau d'éducation
de nos politiques est vraiment très bas, et il est inutile d'espérer
qu'ils remontent le pays à eux seuls". Pourtant, dans l'arrière
salle du magasin, quelques journaux arméniens, déposés
en vrac, trahissent les propos de Stépan et montrent qu'il s'intéresse
de près à la politique du pays. "Je les achète non
pas pour m'informer, mais pour rire du niveau des énormités et
aberrations, contenues dans ces journaux..." lancera Stépan avec
un sourire amusé.