Poésie : Daniel Varoujan, de
son vrai nom de famille, Tcheboukkiarian, est né au village de
Perkenig près de Sébaste. . Suite...
_____ Les Beureks au fromages : Ecrasez lae féta dans un saladier.
Ajoutez les oeufs, le gruyère, le persil. Salez et poivrez.... Suite... _____
Les prénoms arméniens :une liste de plus de 300 prénoms
arméniens féminins et masculins
.Suite...
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"Je ne sais pas pourquoi vous me demandez à chaque fois si je
suis arménien ou pas ! Je suis français, mon grand-père
paternel venait d'Arménie. Même mon père est né en
France. Alors de grâce, ne venez pas m'embêter avec ces choses là.
Si vous continuez à me harceler ainsi, vous allez m'obliger à
changer mon nom" lance en colère Jean Bedrossian.
Dans son village provençal perché sur l'une des collines de l'arrière-pays
d'Aix-en-Provence, Jean est plus connu pour ses qualités de joueur de
pétanque que son origine arménienne. "Je sais qu'il a
des origines arméniennes bien lointaines, mais jamais Jean nous a parlé
de l'Arménie" confesse Maurice, l'un des ses plus anciens amis.
Jean nous racontera la saga se famille paternelle, avec un grand-père
obligée de fuir Constantinople, lors des massacres de 1894-1896. Il s'établira
à Montpellier et exercera le métier de botaniste. Il y épousera
Marie, une jeune provençale qui ignorait le nom même de l'Arménie.
Le couple aura trois enfants, dont Pierre, le père de Jean. "Mon
père ne parlait pas un mot d'arménien. Il ne connaissait rien
de l'Arménie, sinon que son père avait fui les massacres perpétrés
par les Turcs. Il ne se sentait pas arménien du tout. Alors, vous comprenez
que moi, je ne me sente pas également ?" nous interroge Jean
avec un regard qui en disait long sur ses convictions et de reprendre "ce
n'est pas la première fois que des Arméniens me posent cette question
sur mon origine. A Marseille, j'ai souvent été interpellé
à ce sujet. A chaque fois, au risque de décevoir, j'ai dit que
je n'étais par arménien. Je ne parlais pas un mot d'arménien
et que je ne me sentais pas arménien du tout. On n'est tout de même
pas obligé de se sentir arménien si son grand-père était
arménien... Ce qui est terrible, c'est que les arméniens veulent
absolument que je leur dise que je suis arménien et que je fais partie
de la communauté. Eh bien moi je dos que je ne suis pas arménien
et que ce n'est pas mon nom qui se termine en "ian" qui m'obligera
à le devenir. D'autant que je songe de plus en plus à franciser
mon nom en enlevant les trois dernières lettres".
Déculturé, désarménisé, l'attitude et les
propos de Jean ont une logique implacable. Son nom étant son seul lien
avec l'Arménie devra en faire les frais de cette assimilation poussée.
Jean est prêt a faire le pas, sans aucun regret. Car "le nom de l'Arménie
ne me fait pas plus d'effet que si vous me parliez du Pérou ou de la
Chine" nous avait-il lancé avec une sincérité
déconcertante.
En France, au début des années quatre-vingt le Journal Officiel
recensait des dizaines de familles coupées de leur origine arménienne
par les aléas de l'histoire demandaient la francisation de leur nom arméniens.
Puis avec une France multi-culturelle, ouverte et tolérante, ce mouvement
avait disparu. L'originalité de certains noms d'origine étrangère
étant vécue comme une richesse plutôt qu'une contradiction.
Mais aujourd'hui en France, des milliers de personnes en rupture d'arménité
depuis plusieurs générations se trouvent se trouvent pris dans
un engrenage d'appartenance à une communauté qui les dépasse
largement. Qu'est-ce être arménien en France ? Le chiffre de 450
000 Arméniens habitant l'Hexagone ne devrait pas subir quelques analyses
et regards critiques ? Afin de ne pas placer sur le même niveau d'appartenance
et d'implication, l'ensemble de cette communauté dont chacun vit son
arménité à son échelle.