Barouïr Sévag : Ce poète
est né dans le village de Tchanahtchi dans la région de
lArarat.Il fait ses études à la Faculté de
Philologie dErévan puis à Moscou où il enseigne
à lInstitut de Littérature Maxime Gorki... Suite...
_____ Missak Manouchian : ce grand résistant arrive ne France
à l'age de 19 ans. Il est né le ler septembre 1906 dans
une famille de paysans Suite... _____ Le Haut Katabagh et Krikor Amirzayan : Jourrnaliste-caricaturiste, Krikor nous
propose septs reportages variés sur le Haut Katabagh. De Stepanakert
aux souvenirs des morts au combat..... Suite...
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Dans l'avion d'Armenian Airlines, Maurice Antreasian est nerveux. Comme un
enfant qui s'apprête à ouvrir un cadeau, Maurice remue, se déplace
sans cesse dans les couloirs de l'Airbus en s'arrêtant auprès de
quelques connaissances afin de bavarder. Maurice a attendu soixante-cinq ans
pour découvrir l'Arménie ! "C'est la première fois
que je me rends en Arménie, mais cela fait plus de vingt ans que je prépare
ce voyage qui est pour moi comme un pèlerinage" me lance Maurice
avec son accent du midi qui sent bon la Provence. "J'ai attendu ma retraite
afin de disposer plus de temps à consacrer à ce voyage, car je
compte faire le tour de l'Arménie et du Karabagh en trois mois. Je vais
me ressourcer et retrouver mes racines arméniennes. Aujourd'hui pour
moi, une nouvelle vie commence....à nous l'Arménie !" lance
Maurice les yeux rêveurs.
L'homme soigneusement préparé ce voyage capital dans sa vie d'arménien.
"J'ai tout prévu. Les cadeaux pour les cousins, l'argent pour les
dons aux orphelins ou aux familles des zones sinistrées, quelques montres,
téléphones et gadgets électroniques pour les habitants
du Karabagh...tout le monde aura son cadeau" reprend-il et d'ajouter "J'ai
énormément économisé ces dernières années
pour aller en Arménie, les valises chargées de cadeaux. Car je
sais qu'ils souffrent et ont réellement besoin de notre aide". Maurice
s'est juré d'aller à Etchmiadzine en Arménie et Kantsassar
au Karabagh, afin de prier pour ses parents disparus il y a quelques années.
"Mes parents, c'était tout ce qu'il me restait de ma famille"
reprend Maurice qui avait refusé de se marier, afin de rester auprès
de ses parents et "vivre à l'arménienne".
"De toute ma vie, j'ai tenu à faire plaisir à mes parents
et vivre en harmonie avec leurs habitudes. Ils venaient de Kharpert et désiraient
conserver les traditions du pays. Dans ce contexte, je me suis senti plus arménien
que français, et j'ai même refusé la main à de nombreuses
Kariatsis (Ndlr. "françaises"). Et malheureusement je n'ai
pas rencontré l'arménienne idéale, et je suis resté
célibataire" reprend Maurice sur un ton de regret en ironisant "qui
sait ? Peut-être qu'en Arménie, je dénicherai l'âme
soeur...".
Maurice compte les heures, puis les minutes qui le séparent d'Erévan.
Sur l'écran de contrôle à destination des passagers, il
suit la position de l'avion sur sur la carte. "Nous survolons la Géorgie,
nous allons très vite être dans le ciel aérien de l'Arménie
!" lance-t-il heureux comme un enfant devant sa console de jeu. Aussitôt,
un hôtesse lui demande de regagner son fauteur et d'attacher sa ceinture
de sécurité, l'avion devant aborder sa phase de descente. Quelques
minutes à peine et les réacteurs de l'avion semblent baisser de
régime et déclencher une poussée inverse pour le freinage.
L'Airbus semble maintenant descendre en vol plané, tous moteurs éteints.
Dans un silence religieux, les passagers tournent leurs regards vers les hublots
où des milliers de lumières scintillent en direction du sol. "Ce
sont les lumière d'Erévan, et elles sont magiques !" lance
dans un cri de joie, Maurice. La ville se fait plus précise, les maisons
plus grandes. On distingue maintenant les larges boulevards éclairés
de la capitale arménienne. Une voix annonce que nous allons atterrir
à Erévan par une température de quinze degrés. Il
est minuit passé de quelques minutes.
Les roues de l'avion touchent le tarmac et moins de deux minutes plus tard,
l'appareil s'immobilise sur l'aéroport de Zwartnots. Dans les couloirs
de la zone internationale, je distingue une dernière fois Maurice qui
me lance "ça-y-est, je suis en train de fouler le sol d'Arménie.
C'est le plus beau jour de ma vie...". Puis Maurice disparaît dans
un autre couloir, afin de procéder aux formalités de passage en
douane. Dans la foule de touristes, je remarque des dizaines de visiteurs ébahis
et heureux de se trouver en Arménie. Sans doute des hommes et femmes
qui n'ont pas résisté à "l'appel de la terre"
et qui ont fait de leur voyage en Arménie, une sorte de pèlerinage
et de ressourcement, sur les traces de leurs ancêtres.