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Arménie
"Notre
situation est critique et elle s'empire chaque jour. Le Djavakhk est au
bord de l'explosion. La révolte populaire des Arméniens
est imminente. Elle va se produire et balayer avec elle tout ce que les
Géorgiens et les Turcs ont planifié !" prévient
Sarkis Grikorian 
Stepan Mardirossian,
la cinquantaine grisonnante aux yeux clairs, était un brillant
cadre du Parti communiste arménien. Aujourd'hui il gère
une petite boutique de confiseries, en plein coeur d'Erévan. Ancien
universitaire bardé de diplômes, Stepan s'est retrouvé
au chômage dès le début de l'Indépendance..
Archag Agopian
est riche. Il le sait et tout le monde autour de lui le savent. "Etre
riche en Arménie n'est pas un état, c'est tout simplement
une situation extraordinaire de se sentir réellement privilégié
par le sort car beaucoup nous envient et peu y parviennent"

Vartan Sarksian
est décorateur d'appartement. Il préfère quant à
lui se déclarer comme un "designer d'intérieur",
un terme beaucoup plus valorisant à ses yeux par la consonance
anglo-saxonne et donc moderne... 
Lucinée
Danielian, 21 ans caresse le rêve de devenir une chanteuse populaire.
"Très tôt je chantais du matin au soir. Dans les galas
des fêtes des écoles, ou entre amis, je ne manquais pas un
occasion de chanter".
"Le
statut de la femme arménienne laisse encore à désirer
et ses conditions de vie sont très difficiles car c'est la femme
arménienne qui doit en plus des caprices de l'homme, supporter
les charges de la maison" nous déclare Jeanna Araguelian

Vladimir
Assatrian ancien cadre du Parti Communiste d'Arménie vit l'indépendance
comme une tragédie. "Cette indépendance, et cette anarchie
ambiante qui règne en Arménie depuis 1991, c'est un grand
retour en arrière dans l'obscurantisme d'un monde rétrograde"
lance Vladimir. 
Vazken Armantlian,
20 ans est soldat dans l'armée arménienne. Il effectue son
service militaire dans une ville de l'extrême sud de l'Arménie.
"Fini le temps où de nombreux appelés désertaient
leur camp pour se retrouver à Erévan.
Micha Arouchanian,
52 ans, grand gaillard d'un mètre quatre-vingt à la moustache
grisonnante et à la chevelure rare, est chauffeur. Tous les jours,
à bord de son minibus, appelé "estafette" il conduit
ses passagers d'Erévan à Stepanakert.
Alexandre
Archakian a la passion du jeu. Ce petit patron d'une petite société
d'Erévan spécialisée dans la distribution des produits
laitiers, connaît tous les casinos de la capitale, bien plus que
le chiffre d'affaires de son exploitation.
Souren Alvardian
est médecin. Il exerce son métier dans un hospital d'Erevan.
"Chez vous en Europe, être médecin est synonyme de profession
libérale et d'un niveau de vie élevé. Ici, en Arménie,
c'est un métier comme un autre" 
De ses yeux
verts Hratchig vous fixe à neuf ans comme un adulte. De ses parents,
il ne s'en souvient plus très bien. Hratchig est ce qu'on appelle
un enfant abandonnée que le centre pour les orphelins d'Erévan
a recueilli 
Natacha
Grigorian, grande blonde élancée, aux yeux clairs et au
regard captivant est serveuse dans l'un des bars-casinos les plus fréquentés
de la capitale arménienne. 
Garen Kalandarian
rêvait d'une carrière au cinéma arménien. Il
est aujourd'hui concierge dans le quartier de Nork, à la périphérie
de la capitale arménienne. 
Emma Sarksian,
la trentaine, exerce le métier de conseillère financière
au sein de la direction d'une compagnie bancaire arménienne d'Erévan.

Le choc avait
été selon les témoins très violent. Une vieille
Lada défoncée était sur le bas côté
de la route. Une Mercedes relativement neuve, gisait à quelques
dizaines de mètres de la de l'autre côté de la route
qui mène d'Erévan à Sévan. 
"Jadis
dans l'Arménie soviétique on achetait ou on négociait
sa carte du Parti. Aujourd'hui, dans l'Arménie post-soviétique,
les nouveaux adeptes d'un système capitaliste pleins de promesses
et de rêve, le peuple se rue sur les billets de loto..." 
"Soud
yen khossoum. Aha dasse dari é arten vor mez khapoum yen. Al ge
pavé". Traduction : ils mentent, celà fait dix ans
déjà qu'ils nous trompent, il y en a assez !". 
"Notre
belle ville qui faisait la fierté de toute la nation arménienne,
est aujourd'hui méconnaissable. Délabrée et défigurée
par une urbanisation anarchique et sauvage qui ne respecte aucunement
l'intérêt collectif...
"Ma culture
est dévastée à près de 90%. Que dois-je faire
pour rembourser mes dettes et nourrir ma famille ?" se lamente Armen
Eghiazarian, un agriculteur d'une cinquantaine d'année, du village
de Toumanian, dans la région de Lori, proche de la Géorgie
voisine. 
"L'Amérique
est un pays merveilleux, mais ce n'est pas un pays pour nous les Arméniens"
me lance Marina, une blonde arménienne aux yeux bleus, assise à
mes côtés lors du vol Paris-Erévan. 
Diaspora
Avec ses yeux
vifs, son regard d'acier et ses moustaches imposantes, Vartan Samenian
ressemble au général Andranik. Coïncidence ou pur hasard,
Vartan affectionne tout particulièrement le héros de la
résistance arménienne, surnommé "l'aigle
du Vaspourakan", le général Andranik 
Avec son allure
bonhomme, son visage cuivré et son verbe méridional "qui
sent bon la Provence", Roger Manoukian parait être sorti tout
droit des romans de Marcel Pagnol. Pourtant, Roger s'intéresse
autant à sa Provence qu'à l'Arménie de ses parents.
Dans l'avion
d'Armenian Airlines, Maurice Antreasian est nerveux. Comme un enfant qui
s'apprête à ouvrir un cadeau. Maurice a attendu soixante-cinq
ans pour découvrir l'Arménie ! 
"Je
ne sais pas pourquoi vous me demandez à chaque fois si je suis
arménien ou pas ! Je suis français, mon grand-père
paternel venait d'Arménie." 
"L'atout
diaspora", c'est sous ce titre que Yannick Le Bourdonnec consacre
l'éditorial du "Nouvel Economiste" (daté du 15
juin 2001) au rôle économique croissant des diverses diasporas,
sur leur pays d'origine. 
Structure Génocidaire
"Qui se souvient encore de l'extermination
des Arméniens? » : une idéologie anti-mémoire
en table-rase et en chape de plomb formulée par Hitler et révélée
au Tribunal de Nuremberg. Seule la loi peut faire barrage au déni
instauré de ce crime contre l'Humanité, un crime de masse
prémédité et programmé en 1915 qui inspirera
la barbarie nazie. Seule la loi peut fournir une sépulture morale
et symbolique aux 1.500.000 de victimes arméniennes de ce génocide
perpétré dans l'Empire ottoman : un génocide occulté
au Traité de Lausanne en 1923. (Nil
Agopoff) 
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