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Cet Article est tiré du journal France-Arménie, publié
à la suite de la conférence du CRDA : « Réflexion
sur une Structure génocidaire comparée : Noirs et Arméniens
»
Esclavage et génocide
par Modeste
« Réflexion sur une Structure génocidaire comparée
: Noirs et Arméniens », tel était l'intitulé de la
réunion. Une rencontre qui aura permis à la diaspora arménienne
et à la communauté antillaise de confronter leurs points de vue
pour la première fois sur l'épineux problème du génocide.
Nil Agopoff, chercheur au CRDA, a commencé par donner une définition
du génocide pour bien situer le débat. Un génocide est
une action préméditée, pensée et exécutée,
suivie d'un déni. Dans tout processus de génocide, il existe une
phase de préparation et une phase post-génocidaire. Le génocideur
nie toujours avoir commis le crime dont on l'accuse ou le minimise. Nil Agopoff
a ensuite traité plus spécifiquement du génocide arménien,
du rôle de l'Etat turc, de la complicité de l'Allemagne et des
tergiversations du gouvernement français.
Combat identitaire
La parole a ensuite été confiée au docteur Serge Romana,
président de l'association Comité Marche du 23 mai 1998. Serge
Romana a fait un bref rappel historique de la traite des Noirs, de la déportation
et de l'esclavage dans le Nouveau monde en fournissant quelques dates clés
(voir encadré). Il a raconté le traumatisme dont souffrent les
descendants des Africains déportés et a apporté un éclairage
sur le combat à mener.
Le combat de la communauté antillaise, selon Serge Romana, est avant
tout identitaire. Si les Arméniens font partie d'un peuple déjà
constitué, la "fabrication" des Antillais s'est produite pendant
l'esclavage. C'est à ce stade que les différences sont apparues.
De plus, nombre d'originaires des Antilles rejettent encore cette réalité.
En revanche, le génocide arménien constitue un événement
incontournable pour cette communauté.
La véritable prise de conscience des Antillais, Guyanais et Réunionnais
s'est manifestée en 1998. Le cent-cinquantenaire de l'abolition de l'esclavage
a été le prétexte d'une grande marche réunissant
30 à 40 000 personnes de la place de la République à la
place de la Nation. Pour la première fois au monde, des manifestants
dénonçaient l'esclavage et la déportation comme crimes
contre l'humanité et se définissaient comme étant "fiers
d'être des filles et fils d'esclaves".
Ce grand mouvement a débouché sur le dépôt d'un
texte de loi reconnaissant « l'esclavage des nègres » comme
crime contre l'humanité. Un texte qui sera vraisemblablement adopté
le 27 avril 2001. Le débat aura surtout permis de comprendre qu'un génocide,
quelle que soit la latitude sous laquelle il est perpétré, obéir
aux même règles. Dans tous les cas, les descendants portent le
poids de leurs ancêtres et ont une responsabilité envers leur propre
descendance. Les participants auront pu également constater qu'ils ne
sont pas seuls. Une absence de solitude qui n'atténue cependant en rien
la douleur ressentie par les communautés concernées.
Historique
1444 Début de la traite des Noirs
1518 Déportation
1644 Premiers déportés africains
1794 Première abolition dans l'île de St-Domingue
1802 Rétablissement de l'esdavage par NapoSéon Bonaparte
1803 Première défaite de Napoléon à St-Domingue
(future Haïti)
1848 Deuxième abolition de l'esclavage
1946 Les anciennes colonies françaises deviennent des départements
d'Outre-mer.
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