Cathy Aprahamian : Une chanteuse
à la voix rare, accompagnée de
musiciens de talent Suite...
_____ Sourp Vlas dit Saint Blaise : Dès les premiers siècles,
poussés par leur nouvelle foi, les religieux orientaux s'en vont
sur les chemins vers l'Europe. Suite... _____
Chorale de l'école Tebrotzassère : Créée
et dirigée par Haïk Sarkissian depuis 1992constituée
de 30 enfants de 9 à 13 ans.
.Suite...
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Devant la négation obstinée de la Turquie et l'indifférence
des nations, la Diaspora arménienne, plus lourde de son deuil à
chaque génération, contrainte à un examen de sa propre
mémoire après le génocide des Juifs, et consciente qu'elle
s'était adressée en vain à la justice, façonna ses
propres vengeurs. Le terrorisme arménien apparut en 1975. La conjoncture
favorisait son éclosion : c'était le soixantième anniversaire
du génocide ; la guerre civile éclatait au Liban et la Commission
des Droits de l'Homme de l'O.N.U. continuait à refuser l'insertion du
Paragraphe 30 qui mentionnait le génocide arménien. Les groupes
terroristes vinrent du Liban. Les « Justiciers du génocide arménien
», bras armé du parti dachnak, et l'A.S.A.L.A., mouvement extrémiste
recruté par les fractions dures des Palestiniens parmi la jeunesse arménienne
de Beyrouth, parlaient le langage de l'impatience et de la colère, mais
les deux groupes l'exprimèrent différemment : le premier concentrait
ses attentats sur les diplomates turcs représentant leur gouvernement
à l'étranger ; le second les étendait aux intérêts
turcs, en Turquie et dans le monde.
La multiplication des attentats n'ébranla pas la position de la Turquie
dont l'attitude se radicalisa après qu'un régime de type fasciste
ait pris le pouvoir en 1980. Il lui fallut cependant structurer sa négation
et l'affubler des oripeaux d'une science historique révisée.
Le terrorisme arménien eut un double effet : il informa l'opinion publique
occidentale et le génocide des Arméniens fut depuis implicitement
reconnu en Occident ; il fortifia le sentiment national arménien. Mais
les excès de l'A.S.A.L.A. indisposèrent puis, après l'attentat
d'Orly en juillet 1983, indignèrent une communauté favorable au
début à cette turbulence, mais qui réalisait que, le seuil
franchi, le terrorisme desservait la cause qu'il avait fait renaître'.
Le Débat politique pouvait dès lors s'ouvrir sur de nouvelles
bases. Après 1983, les actions terroristes furent interrompues et la
Cause arménienne marquait des points :
- le Conseil mondial des Eglises adopta à Vancouver, en août 1983,
une résolution demandant la reconnaissance du génocide des Arméniens
;
- le Tribunal Permanent pour le droit des peuples, au cours d'une session tenue
à la Sorbonne en avril 1984, reconnut la réalité du génocide
et désigna l'Etat turc comme coupable ;
- le rapport Whitaker, rédigé par la sous-commission des Droits
de l'Homme de l'O.N.U., mentionna le génocide arménien (1986)
;
- le Parlement européen adopta, en juin 1987 à Strasbourg, une
résolution reconnaissant le génocide arménien et exigeant
de la Turquie, en préalable à toute formulation d'une demande
d'entrée dans la communauté européenne, le respect des
principes démocratiques et, en particulier, la reconnaissance de ce génocide.
La Turquie obtint cependant un succès diplomatique en menaçant
de recourir à des mesures de rétorsion à l'encontre des
forces américaines basées sur son territoire. En février
1990, le Congrès américain refusa pour la seconde fois d'adopter
une résolution désignant le 24 avril comme journée nationale
de commémoration du génocide arménien.
Aujourd'hui, les deux parties campent sur leurs positions mais le terrain est
politique et la lutte promet d'être longue - si la Turquie ne semble pas
prête à renoncer à son révisionnisme, la Diaspora,
en accord avec l'Arménie que dirige désormais le Mouvement national
arménien, n'acceptera aucune entorse à la vérité
historique.
Note:
Cet article a été rédigé en 1990. Depuis, à
part une reconnaissnce grandissante par la communauté internationnale
du génocide arménien (la France a officielement reconnu
le génocide en 2001), les relations arméno-turques ont peu évolué.