Serj Sarksian met en garde les manifestants en Arménie
Par Hasmik Mkrtchian et Margarita Antidze Reuters - il y a 1 heure 1 minute
EREVAN (Reuters) - Alors que son élection à la présidence arménienne est contestée dans la rue, Serj Sarksian, Premier ministre et candidat du pouvoir, prévient dans une interview accordée à Reuters que les forces de l'ordre interviendront si l'opposition déroge à la loi.
Des milliers d'opposants sont de nouveau attendus ce vendredi dans les rues d'Erevan pour une troisième journée consécutive de contestation des résultats de la présidentielle de dimanche. Pour eux, l'élection au premier tour de Sarksian, Premier ministre et dauphin du président sortant Robert Kotcharian, est entachée par des fraudes massives.
Ils entendent poursuivre leur mouvement tant qu'un nouveau scrutin ne sera pas organisé.
"Je ne pense pas que leur demande soit légitime", a dit le président élu lors d'une interview accordée tard jeudi soir à l'agence Reuters, se fondant sur le "verdict positif" rendu par les observateurs étrangers et les ambassades.
"Il nous faudra les persuader de ne pas violer l'ordre, de ne pas violer les droits des autres", a poursuivi Sarksian avant de prévenir: "S'ils le font, alors les organes de sécurité devront rétablir l'ordre."
Les résultats officiels du scrutin ont donné Sarksian vainqueur dès le premier tour avec un peu moins de 53%. Son plus proche adversaire, l'ancien président Levon Ter-Petrossian, est crédité lui de 21,5% des voix.
Mais les partisans de ce dernier dénoncent des bourrages d'urnes et des pratiques d'intimidation de ses électeurs et jugent que le scrutin n'a pas été libre et équitable.
Pour les observateurs occidentaux, l'élection a été globalement conforme aux engagements internationaux de l'Arménie, même si, notent-ils, des progrès seront nécessaires à l'avenir.
L'ancienne république soviétique, nation chrétienne de 3,2 millions d'habitants, est enclavée au coeur des montagnes du Caucase, à proximité immédiate des réserves pétrolières et gazières de la mer Caspienne.
Ses rapports avec l'Azerbaïdjan, où elle soutient les séparatistes du Haut-Karabakh, à majorité arménienne, ne sont pas bons. La crise a eu des répercussions sur les relations entre l'Arménie et la Turquie, également marquées par le poids de l'histoire.
Depuis la guerre séparatiste du Haut-Karabakh, au début des années 1990, Ankara, par solidarité avec l'Azerbaïdjan qui appartient au même espace linguistique, a interrompu ses relations diplomatiques avec Erevan.
"J'ai déclaré à de nombreuses reprises que l'Arménie est prête à établir des relations diplomatiques avec la Turquie sans conditions préalables", a souligné Sarksian, qui a reçu un message de félicitation du président turc Abdullah Gül.