Andranik : Lorsque l'on évoque
le combat pour la libération de l'Arménie, le premier nom
qui s'impose est Andranik: comme un aigle, il vole de montagne en montagne.
Suite...
_____ Les khatchk'ars : Ce sont des monuments typiques de l'art Arménien.
Leur pricipal décort consiste en une grande croix Suite... _____
Sarkis est un trouvère du XIVème siècle qui n'est
connu que par une seule oeuvre : Louange du brave Liparid
.Suite...
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Mardi 20 avril, cimetière des martyrs de Stépanakert.
Une foule de visiteurs de la diaspora, venus à Stépanakert à
l'occasion de l'inauguration du collège de physique-mathématiques
de la capitale du Haut-Karabagh se presse sur le parvis du mémorial pour
rendre hommage aux victimes de la récente guerre d'indépendance.
Les autorités officielles du Haut-Karabagh, au complet, sont présentes
à la cérémonie de souvenir et de recueillement. Dans cette
foule, je remarque Mgr Barkév Mardirossian.
Barbe imposante, regard d'aigle, l'archevêque du Haut-Karabagh symbolise
à lui seul tout le peuple du Haut-Karabagh. Evèque-soldat, intellectuel
et théologien, candidat aux dernières élections d'Etchmiadzine,
Barkév Mardirossian reste sans doute le personnage le plus respecté
de la région. "Vous verrez, il finira un jour Catholicos de tous
les Arméniens, à Etchmiadzine" me lance un ami journaliste
du Karabagh Samvel Baghdassarian.
Réuni devant quelques invités et confrères de la presse
arménienne, Mgr Barkév prononce dans un silence à vous
couper le souffre, quelque phrases. "Aujourd'hui, en regardant ces tombes
de nos combattants, je me dis qu'ils sont tombés pour la libération
de la terre du Haut-Karabagh et de l'Arménie. Comment ne pas penser à
ces vies perdues, à ces frères, pères, amis, époux
ou fils de notre nation, qui se sacrifièrent ainsi sur l'autel de la
liberté. Pour que nous vivions en paix... Quel leur sang versé
puisse nous rappeler que nous leurs devons tout. Gloire à nos héros,
gloire à nos martyrs. Et que Dieu les protège éternellement
au Royaume des cieux !".
M'avançant encore plus près de lui, et embrassant sa main je lui
lance "Monseigneur Barkév, je tiens à vous féliciter
pour vos actes héroïques lors de la guerre de libération
de l'Artsakh. Nous savons que vous étiez sur tous les fronts, face à
l'ennemi. Et que votre présence aux avant-postes, fut déterminante
pour le moral des combattants arméniens, surtout avant 1992 quand le
doute se saisissait de nos soldats. Je tiens à vous dire, de tout coeur:
merci !".
-"votre visage ne m'est pas inconnu..." me répondit-il sur
un ton amical.
-"je suis Krikor Amirzayan, le caricaturiste et journaliste..." lui
répondis-je aussitôt.
-"Ah, je savais bien que votre tête me disait quelque chose, en fait
je vous ai souvent vu en photo dans "Tidag", le magazine qui parait
à Beyrouth et je vois régulièrement vos caricatures dans
"Vozni" à Erévan" reprend Barkév Mardirossian
et de poursuivre "Mon cher Krikor, tu n'as pas à me remercier pour
mon héroïsme, car je n'ai fait que mon devoir. Tout le peuple du
Karabagh, héros de la guerre, doit être remercié, car au
prix de sa vie et d'immenses sacrifices, il s'est battu en puisant ses forces
morales dans sa foi à la terre et à la justice. Pour libérer
cette Sainte terre du Haut-Karabagh".
-"Cette guerre est-elle gagnée ?" lui demandais-je
-"Sans l'ombre d'un doute ! Les Karabaghtsis ont vaincu et mis hors des
frontières l'envahisseur Azéri. Et si une nouvelle guerre devait
survenir, les Arméniens trouveront encore et toujours la force spirituelle
et morale pour imposer une nouvelle défaite à l'ennemi" répondit
Barkév Mardirossian d'une voie déterminée et avec un regard
perçant.
-"D'où vient cette force des Arméniens du Karabagh ?"
lançais-je alors
-"de l'honneur et de la dignité de vivre libres sur leurs terres
ancestrales...Les Karabaghtsis défendent cette terre car chaque pouce
de ce territoire porte les traces de l'histoire de leurs pères, de leurs
mères et aïeuls. Cette terre est une terre bénie de Dieu.
Et aucun envahisseur ne pourra défaire la volonté farouche des
Karabaghtsis de vouloir vivre libres et indépendants sur cette terre
du Karabagh" répondit Barkév Mardirossian.
Il est vrai que l'honneur n'est pas un vain mot au Haut-Karabagh. Car ici, l'honneur
vaut bien le sacrifice de la vie...
Stépanakert (Haut-Karabagh) - avril 1999 Krikor Amirzayan http://www.chez.com/armenie/
Article paru dans "Abaka" (Canada) et "Tidag"(en arménien,
Beyrouth)