L'Ensemble NAVASART : Navasart représentait
dans l'Arménie païenne antique, la période de festivités
saluant l'arrivée du Nouvel An. Suite...
_____ Missak Manouchian Missak Manouchian a 19 ans lorsqu'il arrive en
France en 1925. Suite... _____
Komitas: Soghomon Soghomonian est né en 1869 à Kütahya
(Turquie) dans une famille pauvre, .
.Suite...
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Pertatsor : nous devons re-arméniser ces terres arméniennes lance Armen
Pertatsor : nous devons re-arméniser ces terres arméniennes lance Armen
La quarantaine, un regard d'acier et barbe naissante. Armen Khatchatrian contemple
ses ruches. Nous sommes à Pertatsor, non loin de Latchine, dans ce couloir
stratégique qui relie le Karabagh à l'Arménie. "Ce
coin qui ressemble aujourd'hui à un paradis était dans les années
de guerre un véritable enfer" lance Armen et de reprendre "mais
nous l'avons reconquis en imposant aux Turcs (Azéris), une véritable
défaite militaire. Pourtant nous nous battions à un contre dix,
mais grâce à notre volonté farouche de récupérer
notre terre et de rendre justice à notre peuple, nous avons pu gagner
cette guerre en imposant aux Turcs une humiliation dont ils se souviendront
bien longtemps encore..".
Ancien diplômé de l'Université Polytechnique d'Erévan,
Armen Khatchatrian décidait alors à la fin de la guerre, en 1994,
de s'installer à Pertatsor pour s'occuper de l'élevage et d'apiculture.
"Le gouverneur de la région, Alexan Hagopian, ancien membre du Comité
Karabagh et courageux combattant, nous proposait alors quelques hectares de
terres, une ferme et deux vaches. Afin que la population arménienne repeuple
ces régions historiquement arméniennes" dit Armen et d'ajouter
"j'ai accepté, comme de nombreux combattants, d'installer ma famille
ici. Depuis cette date nous vivons paisiblement des produits de l'élevage
de quelques vaches et cochons, en plus de quelques dizaines de ruches qui nous
produisent un miel de qualité". La région, très peu
habitée est verdoyante. "Il y a aujourd'hui près de 20 000
habitants dans cette région de Latchine, mais notre but avoué
est de doubler ce nombre dans les cinq ans à venir. Car cette région
stratégique pour l'avenir de l'Arménie est sous-peuplée.
Et elle recèle un potentiel agricole et touristique qui demande à
être mis en valeur" nous confie Alexan Hagopian et d'ajouter "ici
on ne connaît pas le chômage et on vit mieux qu'à Erévan.
Le seul inconvénient est que les Arméniens préfèrent
souvent vivre en précarité dans une grande ville plutôt
que de venir en campagne". Alexan Hagopian a effectué de nombreuses
démarches pour favoriser l'installation dans ces régions d'Arméniens
venus de la diaspora. "Nous avons déjà quelques couples venus
de Syrie et du Liban. Et nous leur apportons une attention toute particulière
afin que leur installation soit la plus conviviale possible." reprend Alexan
Hagopian qui pense que l'avenir de la région est dans la durabilité
de ses nouveaux habitants.
"Nous avons reconquis nos terres ancestrales au prix du sang de nos héros.
J'ai perdu durant la guerre nombre de mes amis. Il est donc de notre devoir
de faire vivre cette terre arménienne pour laquelle nos fédaïs
se sont sacrifiés. La ré-arménisation des territoires placées
aux frontières de l'Arménie est une nécessité pour
l'avenir de notre peuple et la pérennité de la République
arménienne" conclut de son côté Armen, fier d'accomplir
sa vie tout en aidant son peuple à retrouver sa dignité et sa
place. Assis sur la terrasse de sa ferme-maison, Armen contemple le paysage
d'une rare beauté où les montagnes verdoyantes et des vallées
encaissées donnent une impression d'une nature paradisiaque et généreuse.
Près d'Armen, sa femme Liana -qui attend un heureux événement-
et ses deux garçons, Vartan et Achot. "J'espère que ce sera
un garçon, car nous avons besoins d'hommes forts dans la région
pour faire face à l'ennemi" lancera Armen en regardant le ventre
de Liana. "Moi, je voudrais que ce soit une fille, car il faudra à
l'avenir, repeupler la région" reprendra avec humour Liana.
Malgré la grave crise économique qui plonge le pays dans une précarité
grandissant, l'avenir de l'Arménie semble se jouer dans ses régions
frontalières, qui loin d'Erévan, trouvent des raisons quotidiennes
d'espérer et de prospérer.
Arménie/Haut-Karabagh - Avril 1999 Krikor Amirzayan http://www.chez.com/armenie/
Article paru dans "Abaka" (Canada) et "Tidag"(en arménien,
Beyrouth)