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Sourp Vlas dit Saint Blaise
Dès
les premiers siècles, poussés par leur nouvelle foi, les religieux
orientaux s'en vont sur les chemins vers l'Europe. Les commerçants les
auront précédés depuis quelques siècles et leur
serviront de relais. Parmi eux certains sont connus comme saints. Même
si cette notion en partie issue de la translation de leurs reliques n'apparaîtra
que quelques siècles plus tard.
Quelques arméniens seront du nombre, saint Aurélius, saint Grégoire
de Tallard, saint Macaire, un peu plus tard saint Grégoire de Pithiviers,
etc..
On pourrait citer saint Blaise tant il est présent en Europe Occidentale
avec les milliers de sites où l'on peut le rencontrer, mais paradoxalement
il n'a jamais quitté son pays.
Son nom arménien est " Sourp Vlas ". Peu d'Arméniens
le connaissent.
Mais en fait qui est-il ? Blaise est né en Arménie Mineure, à
Sébaste (aujourd'hui Sivas) vers la fin du 3eme siècle. Importante
ville carrefour sur la Route de la Soie. La
région est déjà majoritairement peuplée d'arméniens
et évangélisée. Familier sans doute avec la médecine
grecque puisqu'on le dit médecin, d'une grande bonté, il sera
élu évêque de la ville par ses compatriotes. Ce sera là
qu'il subira le martyre sous le gouvernement du romain Agricola. En effet ce
dernier ne pouvait supporter qu'on lui porte ombrage. Il le fait capturer dans
sa caverne du mont Argée proche. Ensuite devant son refus d'abjurer sa
foi, le fit supplicier avec des peignes de fer, de cardeurs, essayer de le noyer
sans succès dans le lac et pour finir le fit décapiter.
Entre-temps, Blaise aura eut le temps de réaliser deux miracles qui plus
tard feront parties de ses attributs ; le loup auquel il demande de rendre le
porcelet d'une vielle femme à qui il l'avait dérobé, ensuite
la guérison miraculeuse d'un enfant qui s'étouffait, une arrête
dans la gorge.
Son
histoire se serait arrêtée là si des soldats romains n'avaient
ramené avec eux des religieux de la région, arméniens et
grecs, qui seront suivis plus tard par d'autres pèlerins. Ils raconteront
son martyre. Autre rencontre bénéfique, celle qui mit l'histoire
de ce saint au contact du nouvel ordre créé près de Rome,
par saint Benoît : celui des Bénédictins. Le culte du saint
repris par eux, remplaçant quelquefois le culte de dieux païens,
fera le tour de l'Europe à travers leurs milliers d'établissements.
A Rome dans les premiers siècles plusieurs dizaines d'églises
lui étaient dédiées.
Dès le départ, il figure dans les premiers martyrologes, celui
de saint Jérôme au VIeme siècle, suivi de ceux de Béde
le Vénérable au VIIIeme, Usuard et Adon de Vienne au IXeme siècle
et la suite. Ils seront repris dans plusieurs histoires des saints faisant référence,
comme les Bollandistes au XVIIeme siècle, jusqu'aux bénédictins
qui le donnent bien comme arménien.
Nous
l'avions laissé en Italie. Le voilà dès les IX et Xeme
siècles, présents dans les pays d'Europe Occidentale, profitant
en plus de la " promotion " des bénédictins, sans doute
de la présence de la princesse arméno-byzantine, impératrice
du Saint Empire Romain Germanique, Théophano (972-981), des croisades,
des épidémies de peste, etc.. Il y aurait eut plus de 200 de ses
reliques rien que dans le royaume de France.
Aujourd'hui, en Italie, en Allemagne et en France il y des milliers de références
au saint : dédicaces d'églises, autels, reliques, statues, peintures
ou fresques, patronages, etc..Il fait partie des Quatorze Saints Intercesseurs.
Pour bien comprendre son importance au Moyen Âge, faites un tour à
Berzé-la -Ville (Saône-et-Loire), la " résidence secondaire
" des puissants abbés de Cluny. Dans La Chapelle aux Moines (XIIeme
siècle), vous verrez le Christ entouré de saint Vincent à
sa gauche, mais surtout par saint Blaise à sa droite, ce qui confirme
sa prééminence sur tous les autres saints !
Restent pour la France, quelques pèlerinages réputés que
vous devrez suivre le 3 février, date retenue au calendrier romain, où
il figure toujours, en Alsace et Lorraine tels que Metz, Leimbach, et un certain
nombre de villages du sud-est, du Poitou et autres que vous aurez plaisir à
découvrir. Et il y en a d'autres en Allemagne, Italie,
Pourquoi
cette popularité, parce que c'est un saint " copain ", proche
des préoccupations quotidiennes du moment, on peut se confier à
lui pour tout. De ses mauxde gorges à la protection de son bétail
et ses récoltes, en passant par la demande de son intercession pour trouver
un bon mari ! Au Moyen Âge, tout le monde voulait en avoir une représentation
dans son église, proche de soi, pour ne pas aller le chercher trop loin,
surtout l'hiver.
A travers de nombreuses confréries, il est entre autre patron des bouviers,
cardeurs de laine, drapiers, laryngologistes, maçons, tailleurs de pierre
Il
est le patron de la Croatie, ou de pays lointains comme le Paraguay, installé
par les Conquistadors.
Vous le reconnaîtrez à ses attributs, les cierges entrecroisés
qui servent à bénir les gorges, le loup ou les animaux sauvages
qu'il soignait, le peigne de cardeur avec lequel il a été martyrisé.
Et généralement avec une belle barbe !
Article d'Armand Tchouhadjian
D'après son livret :
Saint Blaise - Un saint d'Arménie en Occident
Edition Armand Tchouhadjian
7 route de la Fontaine du Saule
91 530 St Maurice Montcouronne
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