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Interview du Catholicos Karekine II par l'United Press International le 1er
juin 2001
Propos recueillis par CLAUDE SALHANI
Traduit en Français par Jean-Pierre Kadeyan
UPI :À
votre avis, l'église arménienne, qui est l'église d'état
la plus ancienne dans le monde, a survécu pendant sept décennies
du communisme. Comment se développe-t-elle et comment fait-elle appel
aux jeunes?
Karekin II : Pendant 70 années l'église n'a été
que tolérée et les activités étaient très
limitées. Après que l'effondrement de l'URSS, l'église
a obtenue la liberté à agir, mais l'église arménienne
n'avait pas été préparé à une transition
brutale d'un ensemble de réalités. Il existait un vrai besoin
de retrouver la foi, et le peuple a "embrassé" immédiatement
l'église très fortement. Aussi, à la chute du communisme,
l'église n'avait plus assez de clergé. Une des premières
nécessité était de se préparer à satisfaire
les besoins du peuple. L'église s'est soudainement trouvée en
position où elle a dû satisfaire tous ces besoins dans un laps
de temps très court.
D'abord nous avons dû préparer et former le nouveau clergé,
de nouveaux professeurs, des classes d'éducation religieuse. Il fallait
reconstruire ce qui avait été détruit pendant le communisme.
Une des autres choses importantes que nous avons dû réaliser, et
que nous continuons à réaliser, est de construire les nouvelles
églises dans diverses villes ou elles avaient été détruites
au cours des années. Il a fallu aussi rouvrir et réparer de vieilles
églises historiques à travers le pays.
Une de nos grandes force est qu'en dépit du communisme et l'athéisme
qui l'accompagne, les Arméniens n'ont jamais profondément perdu
leur foi dans leur coeur. C'était toujours là. La foi était
enfoui dans chacun, car que dans toute l'histoire, l'église a joué
un grand rôle en gardant l'identité de la nation. De cette façon
l'église a été prise comme église nationale.
UPI : Avez-vous
des difficultés pour attirer les jeunes à l'église?
Karekin II : Non, en fait il est étonnant de noter que pour chaque
place disponible dans le séminaire, nous avons quatre candidatures. Nous
manquons de prêtres parce que nous n'avons pas assez de séminaires.
Pendant le communisme, nous étions autorisé à former 40
étudiants, nous avons 250 maintenant. Mais ce n'est pas encore assez.
UPI : Quelles
sont vos relations avec Rome?
Karekin II : Nous avons des relations très amicales non seulement
avec l'église catholique et le pape en tant que tel, mais également
avec toutes autres églises chrétiennes. J'étais au Vatican
en novembre dernier ou j'ai rencontré le pape John Paul II. J'ai invité
le pape à venir à Erevan qu'il visitera probablement cet automne.
UPI : Les rapports
entre Rome et quelques églises orthodoxes sont quelque peu tendus. Comment
faites-vous progresser l'église occidentale?
Karekin II : Cet esprit oecuménique que nous avons nous a ouverts
à d'autres églises et nous a permis d'avoir de bonnes relations
de travail avec ces dernières. Nous avons de bons contacts dans tous
les diocèses et les communautés existants. Le fait même
que nous avons ces communautés de la diaspora un peu partout dans le
monde forme un pont entre notre église et les autres églises.
UPI :Êtes-vous
satisfait du Concile Mondial des Églises?
Karekin II : Nous en sommes membres, nous participons activement, et
le modérateur est de notre clergé. Nous n'avons aucune raison
d'abandonner le WCC (World Concile of Churchs). Nous sommes convaincus que dans
ce millénaire, la seule manière de faire progresser l'humanité
pour le bien de tous est ,dans ce cas présent, la coopération,
la coordination et la compréhension de toutes les églises. Et
le WCC est un forum pour la coopération et la compréhension.
UPI : Quelle
est votre position sur Jérusalem?
Karekin II : Notre position est qu'elle devrait avoir un statut spécial.
Et aucune solution ne devrait compromettre ni l'accès aux lieux saints,
ni compromettre la libre expression et la libre activité des églises.
UPI : Quel
genre de statut spécial?
Karekin II : Un statut de ville ouverte. Notre souci n'est pas de dire
qu'elle devrait dépendre de tel ou tel administration. Mais quelque soit
l'administration, ce qui compte est que celui qui contrôle ou administre
Jérusalem ne doit pas compromettre le statut de cette ville en tant que
ville sainte, et doit assurer la libre circulation pour toutes les confessions.
Nous disons internationalisation, nous ne disons les Nations Unies.
UPI : Vous
voyez-vous avec l'église arménienne intervenir dans les pourparlers
avec l'Azerbaïdjan?
Karekin II : Nous essayons de créer une atmosphère de paix
nécessaire pour faciliter les négociations entre les deux chefs
d'État (de l'Arménie et l'Azerbaïdjan) pour aboutir à
une solution pacifique à ce conflit. Par la médiation d'Alexiy
II, (patriarche Orthodoxe de Moscou et de la toute la Russie) nous avons eu
une réunion il y a quelques mois avec cheik UL-Ul-Islam Pasha Zadeh de
l'Azerbaïdjan (leader spirituel des musulmans Azeri et Président
du Conseil Spirituel Musulman Bakou-basé de Transcaucasia).
Tous trois, nous avons exprimé notre bonne volonté, et essayons
par notre travail de créer une atmosphère positive de sorte que
le processus
de paix puisse avancer.
UPI : Voyez-vous
des tendances vers l'unification entre l'église arménienne, Rome
et l'église orthodoxe?
Karekin II : Naturellement, c'est l'objectif final de chaque chrétien
mais cela représente un énorme travail. Nous prions que cela devienne
une réalité un jour.
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