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De Chalcédoine à nos jours (Suite)
Le couvent
de Bzommar, siège du patriarcat
Hakob-Pétros 11, élu patriarche en 1749, entreprit la construction
du couvent de Bzommar où il transféra le siège patriarcal
tout en gardant les Antonins sous sa juridiction. Ses successeurs résideront
dans le même couvent jusqu'en 1867. Ils agrandiront le siège, fonderont
un séminaire et organiseront un Institut de prêtres missionnaires,
rattaché au siège patriarcal.
Vu les éventuels dangers de persécution et pour des causes d'ordre
matériel, même les évêques - à l'exception
de ceux de Mardin et d'Alep - résidaient avec le patriarche, formant
son Conseil. Périodiquement et très discrètement ils visitaient
leurs diocèses.
Pendant cette période, les patriarches eurent à résoudre
des questions liturgiques et surtout de juridiction, avec Rome et les vicaires
latins d'Orient. Ils voulaient soustraire à la juridiction de ces derniers
les fidèles arméniens catholiques de rite latin et étendre
les limites- du patriarcat. Jusqu'en 1866 la juridiction du patriarcat englobait
la Cilicie, une partie de l'Asie Mineure, la Syrie, l'Irak et l'Égypte.
L'eixarchat de Lemberg, en Pologne, dépendait de la Congrégation
de la propagande. Les régions où la population arménienne
catholique était la plus dense étaient rattachées au vicaire
latin de Constantinople. A partir de 1758, celui-ci géra les affaires
concernant les Arméniens catholiques par l'entremise d'un auxiliaire
arménien. Ce dernier était choisi par la Propagande parmi les
trois candidats proposés par le clergé et les fidèles arméniens.
La reconnaissance
et l'autonomie de la Communauté (1830)
En 1820, le patriarche arménien de Constantinople fit une proposition
d'union avec la fameuse « Invitation à la charité ».
Sept prêtres catholiques, dont cinq Mekhit'aristes de Venise, prirent
part aux pourparlers. On rédigea une profession de foi tronquée
et équivoque. Certains fidèles, excités, envahirent le
patriarcat
et tout se termina dans le désordre. En 1927, le sultan, aigri à
cause de la destruction de sa flotte à Navarin par les forces navales
anglo-franco-russes, et profitant de l'absence des ambassadeurs de ces trois
pays, signa un firman (décret) de persécution qui fut appliquée
avec une extrême rigueur. En 1828, les Russes attaquèrent la Turquie
à l'est comme à l'ouest. Ils occupent Kars et Ardahan, firent
pression sur le catholicos d'Etchmiadzine pour faire cesser les persécutions.
Le tsar avait aussi offert ses services de médiation à Rome. Le
pape Pie VIII adressait deux brefs au roi de France et à l'empereur d'Autriche
leur demandant d'obtenir l'autonomie de la Communauté arménienne
catholique. Le sultan promulgua le firman le 6 janvier 1830. Il reconnaissait
aux Arméniens catholiques le droit d'avoir leur patrik et autorisait
le retour des exilés. Aussitôt quatre-vingt-seize notables élirent
comme chef religieux Antoine Nouridjan que le pape éleva à la
charge d'archevêque-primat de Constantinople. Hagop (Jacques) Manuélian
fut élu comme chef civil. Cette dualité fut supprimée quand,
en 1866, le primat Hassoun cumula les deux charges.
Le transfert
du siege patriarcal à Constantinople
Restait à résoudre l'union du siège primatial de Constantinople
et du siège patriarcal de Bzommar. Lorsqu'en 1867 le primat Hassoun fut
élu patriarche, Rome supprima le siège primatial par la bulle
Reversurus, réunit les deux circonscriptions ecclésiastiques et
transféra le siège patriarcal à Constantinople. Avec le
recul de plus d'un siècle, nous pouvons dire que si l'union des deux
sièges, en soi, était bonne, le transfert a été
peut-être une erreur, car il exposait le gouvernement patriarcal, dans
les affaires d'ordre administratif ou civil et même ecclésiastique,
aux interventions et aux immixtions des laïcs, à cause des prérogatives
qu'ils avaient de prendre part aux affaires de l'Eglise. En effet, les laïcs,
mal préparés à ces responsabilités, poussés
par l'ambition, et certains d'entre eux manipulés par une certaine presse
libérale, furent cause de profonds remous au sein de la communauté.
Les synodes des évêques, notamment celui de 1911 et, le dernier
en date, celui de 1928, supprimèrent tous les conseils laîcs.
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